Scènes

Abbaye ébahie à l’Europajazz

Vendredi 6 et samedi 7 mai, bouquet final de l’Europa Jazz Festival 2017.


Au fil de ses 38 ans d’existence, l’Europa Jazz Festival a su passer d’une programmation exigeante, délibérément créatrice, à une place forte où tous les jazz se côtoient. S’étendant sur plusieurs semaines (du 9 mars au 7 mai cette année) et doublé d’une existence à l’année, le festival attire en ses derniers jours les aficionados les plus pointus pour les concerts grand format donnés pour la plupart dans le magnifique cadre de l’Abbaye de l’Epau.

Au cœur d’un département à forte population rurale se croisent chaque année, pour le festival, des musiciens venus de la France entière, d’Europe (d’où son nom qui recouvre une esthétique propre) et bien évidemment d’outre-Atlantique (d’Elvin Jones à Lee Konitz ou Henry Threadgill, qui n’est pas passé par l’Europa ?) mais également les professionnels qui viennent faire leur mercato ainsi qu’un public curieux et assidu.

Désormais principalement déployé sur trois lieux et trois horaires (12 h 15 à la Collégiale Saint-Pierre de la Cour, 17 h à la Fonderie, 20 h Abbaye de l’Epau), l’ambiance y est conviviale et, sur les bords de la Sarthe, le jazz tient tête à l’autre événement majeur de la ville, les 24 Heures du Mans.

Après une semaine riche (Claude Tchamitchian Sextet, Daniel Humair Quartet, Andreas Schaerer’s Hildegard Lernt Fliegen, Chris Potter Quartet), 48 heures cette année pour Citizen Jazz qui assiste au bouquet final des vendredi et samedi. Top départ jusqu’à la ligne d’arrivée, sans jamais passer par les stands. Que vrombissent les instruments !


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Théo Céccaldi et Bruno Chevillon, photo Michael Parque

Vendredi 5 mai, 12 h 15. Collégiale Saint-Pierre de la Cour.
Théo Ceccaldi & Bruno Chevillon.

Troisième concert seulement pour ce duo qui a tout de l’évidence. Après Paris et Rome, c’est au tour de cette salle médiévale à l’acoustique idéale d’accueillir le violoniste Théo Ceccaldi et le contrebassiste Bruno Chevillon qui ont été un temps ensemble sur les bancs de l’ONJ d’Olivier Benoit première mouture. Entièrement improvisé, le concert débute par l’humeur sarcastique et lancinante d’un violon qui se lamente tandis que, plus mesurée bien qu’à l’affût, la contrebasse l’accompagne patiemment. Peu à peu, l’ambiance se fait plus ferme et, sans pousser jusqu’à la colère, transforme les plaintes en martèlements appuyés, les deux compagnons trouvant là leur point d’équilibre. S’ensuit tout le vocabulaire cosmopolite de la musique classique et contemporaine : romantisme italien, noirceur et énergie profuse de l’âme russe, motifs répétitifs des minimalistes américains que les improvisateurs s’approprient pour en faire leur propre langue.

A coups d’archet véloces, renvoyant de l’un à l’autre de grands intervalles tendus, ils ne laissent aucune place à l’ennui. Si Ceccaldi, dont c’est l’anniversaire le jour même, nous offre le cadeau d’une hyper-expressivité enthousiasmante faite de rictus d’acharnement, Chevillon, de son côté, renouvelle constamment son bagage avec la profusion dont il est capable. Abandonnant en conclusion les spectateurs à un silence que les applaudissements ne rompent qu’après de longues secondes, le duo fait preuve d’une réelle fraîcheur dans les intentions et d’une maturité totale dans la cohésion. Avant le rappel, Bruno Chevillon dont la première venue à l’Europa date de 1983 au côté d’André Jaume, rend un hommage appuyé à ses pères en musique : Louis Sclavis et Barre Phillips, tous deux présents dans l’assistance.

Vendredi 5 mai – 17 h. La Fonderie
Post K
 : Jean Dousteyssier : clarinette / Benjamin Dousteyssier : saxophones / Matthieu Naulleau : piano / Elie Duris : batterie

Mené par le clarinettiste Jean Dousteyssier, également membre de l’Orchestre National de Jazz, Post K propose une relecture du jazz des années 20 à 40. Se situant après le passage du cyclone Katrina, le quartet s’attache à montrer en quoi cette musique a été touchée par le cataclysme et, dans le même temps, ce qu’elle a conservé d’immuable. Projet ambitieux qui rappelle Echoes Of Spring (Mélisse, 2007), que Stephan Oliva et François Raulin avaient monté autour du piano stride. Pourtant, là où les deux pianistes rendaient un hommage respectueux et passionné mais vivifié par une approche contemporaine, Post K qui utilise peu ou prou les mêmes approches (relecture biaisée des phrases typiquement New-Orleans, arrangements volontairement archaïques doublés d’une mise en espace et d’un travail sur l’ellipse) ne parvient pas à insuffler la même dynamique.

Des titres de Lily Armstrong, Jelly Roll Morton ou Art Tatum sont ainsi égrenés avec le plaisir des retrouvailles, mais l’approche trop évanescente et la volonté systématique d’effacer les lignes les plus saillantes en les éclatant aux quatre coins de l’espace sonore ne permettent pas de pénétrer plus avant. En dépit d’un travail appliqué sur la mise en place, l’absence de ce « rebond » qui est l’une des spécificités les plus enthousiasmantes de cette musique, finit par diluer l’attention. Un zeste d’enthousiasme et moins de propreté suffiraient pour emporter l’adhésion de cette formation par ailleurs lauréate 2017 du dispositif Jazz Migration


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Roberto Negro Dadada, photo Michael Parque

Vendredi 5 mai. 20 h, Abbaye de l’Epau.
Dadada :
Roberto Negro : piano / Émile Parisien : saxophone soprano / Michele Rabbia : batterie et électronique

Après Garibaldi Plop, le nouveau projet du pianiste Roberto Negro semble une nouvelle fois trouver dans le trio la configuration idéale à ses investigations. Jeune musicien, charmant et plein d’humour (y compris sur lui-même), Negro pourrait, au vu de son talent de claviériste, devenir un énième piano-hero qui remplirait (un temps) les salles. Il n’en est rien et le désir de créer l’emporte sur le reste. Entouré du saxophone soprano d’Émile Parisien et de la batterie de Michele Rabbia qui retraite la matière sonore en temps réel par des effets électroniques, Negro construit, une nouvelle fois, une musique fortement contrastée qui s’appuie souvent sur une couche rythmique faite d’aplats gras et généreux.

Évitant cependant la surcharge, certains motifs piano-batterie obstinés mais précis induisent eux aussi une déferlante rythmique où vient s’insérer le saxophone volubile de Parisien, qu’elle déborde de toute part. Les deux entités bataillent ainsi pour gagner la partie au bénéfice d’une tension redoutable et jubilatoire. Complété par des mélodies accrocheuses mais en rien évidentes, ce triangle - équilatéral, isocèle ou rectangle - trouve un équilibre étrange entre le timbre chantant du soprano, les déstructurations cubistes du batteur qui frappe sec et les déroulés fauves du pianiste. Œuvre fantasque et protéiforme qui trouve sa puissance dans son exubérance même.

Vendredi 5 mai. 22 h, Abbaye de l’Epau.
Michel Portal Unit : Michel Portal, clarinette basse / Bojan Zulfikarpasic, piano / Nils Wogram, trombone / Bruno Chevillon, contrebasse / Lander Gyselinck, batterie

L’affaire est entendue : Michel Portal est la grande figure du jazz hexagonal que l’on sait. Riche de centaines de collaborations, son parcours se double d’une approche transversale et universelle qui a accompagné, voire anticipé, les décloisonnements que l’on connaît aujourd’hui. Invité régulier de l’Abbaye de l’Epau, il est à la tête d’un quintet réunissant proches et nouveaux arrivants.

Bojan Zulfikarpasic et Bruno Chevillon sont les garants de l’esthétique portalienne. Solide assise rythmique et support harmonique efficace, ils côtoient le maître depuis de nombreuses années sans en être les dociles serviteurs. Chevillon pose les soubassements toniques de la formation, capable de fusées mélodiques qui jaillissent du dense tissu sonore ou d’accrocs piquants qui impriment au son une houle revigorante. De son côté, le pianiste a pris au fil des ans la place de directeur artistique. Consacré sur le disque Baïlador (2010, Universal) auquel il a donné toute son homogénéité, il absorbe toutes les déviances, recadre les dérapages, rappelle la ligne à suivre et prend la parole avec à-propos et poésie.

Dès lors débarrassé des contraintes du chef de groupe, Michel Portal peut se laisser aller à la démesure et déraison de son ego. Avec des coquetteries de vieille dame qui, sans réellement agacer, font désormais partie du personnage, il livre ses doutes et joue le jeu de la scène avec la gourmandise qui est la sienne. Son sens de l’articulation et de la nuance en font un instrumentiste unique et ce parfait conteur, soucieux d’une narration pleine de surprises et de contrastes, conserve toute sa pertinence. Peu importe que Nils Wogram fasse le boulot, avec les honneurs mais sans vraiment trouver sa place, que Portal rejoue le coup du morceau “totalement” improvisé mais entièrement “dirigé” en sous main ; il convie à une fête désormais “classique” toujours jubilatoire.

Un mot enfin pour le batteur belge Lander Gyselinck qui se devait de suivre les ordres contradictoires et désordonnés du clarinettiste. Vingt-neuf ans pour l’état-civil mais en paraissant quatorze, il impressionne par son savoir-faire et son intelligence de jeu.


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Quatuor Machaut, photo Michael Parque

Vendredi 6 mai, 12 h 15. Collégiale Saint-Pierre de la Cour.
Quatuor Machaut :
Quentin Biardeau / Simon Couratier / Francis Lecointe / Gabriel Lemaire : saxophones

Auteur de l’un des disques les plus émouvants de l’année 2015 (paru chez Ayler Records), le Quatuor Machaut trouve tout naturellement sa place dans la Collégiale Saint-Pierre de la Cour. Sous les arcs de cette chapelle du XIIIe siècle (qui au fil des ans ne propose que des concerts sensibles : Tony Malaby solo, Wood, Joëlle Léandre et Barre Phillips, Vincent Courtois et Dominique Pifarély, Quatuor IXI), la formation, à l’initiative de Quentin Biardeau, rend vie à la Messe de Nostre-Dame de Guillaume de Machaut (1300-1377). Là encore, comme sur le disque enregistré à l’Abbaye de Noirlac, le lieu fait sens.

Selon les différentes parties de la messe (Kyrie, Gloria, Sanctus, etc.), les musiciens se déplacent et se placent aux angles de la salle ou sur la scène. La représentation traditionnelle du leader sur le devant n’a ainsi plus cours, les contrepoints se jouent face au public tandis que derrière se dressent les grandes orgues. Les saxophonistes font monter une musique venue du fond des âges, plain-chant d’une belle noblesse. Galvanisés par un traitement contemporain qui associe à la partition médiévale des dissonances et quelques bruitismes toujours à propos, ils jettent entre notre passé et notre présent un pont qui nous relie, nous traverse, nous transcende.

L’émotion est palpable à la sortie du concert et l’humilité des quatre musiciens ne fait qu’ajouter à la force du moment. Egalement lauréat de Jazz Migration 2017 sur ce projet de réinterprétation, ils convainquent par leur respect de l’œuvre, leur manière de la ramener à eux sans la froisser mais en dévoilant la richesse de ses drapés.

Vendredi 6 mai, 17 h. La Fonderie.
Marc Ribot.

(Marc Ribot, guitare)

Arrivé de Bologne seulement deux heures avant, en pleine tournée solo, Marc Ribot surprend par la profondeur d’un regard délavé et profond. Seul au centre d’une vaste scène plongée dans le noir, il se lance, sur une guitare à l’allure aussi fatiguée que lui, dans une longue promenade à la fois divagante et cohérente. En dépit d’un parcours exceptionnel (Zorn, Waits, Bashung, trois noms piochés entre autres) et d’une connaissance approfondie de l’instrument (il a été l’élève de Frantz Casseus), il joue le jeu d’une virtuosité austère qui est le signe de la pudeur. Abordant un pan de la culture mondiale sans jamais repousser ou juger quelque forme que ce soit, il fascine par sa main droite qui danse au dessus de la rosace et le corps, ramassé au-dessus de son instrument et tête penchée, semble n’exister que par les sons qu’il produit

Ecarts tendus, basses louvoyantes, accords plaqués secs, Ribot joue dans l’actuel puis investit soudain le territoire de la folk américaine qui nous projette aussitôt dans un monde immense (country, blues, jazz afro-américain). Sortant de ce virage, il offre à son public français quelques phrases de “Sous les ponts de Paris”, qui émeuvent autant pour ce cadeau que pour la beauté éternelle de la mélodie.

A la veille du second tour de l’élection présidentielle, et signataire, quelques jours plus tôt au côté de Marco Cappelli, Jack DeJohnette, Mary Halvorson, Roy Nathanson et Ches Smith d’une lettre invitant les Français à faire barrage au Front National pour ne pas commettre la même erreur que les Américains ayant permis à Donald Trump d’être élu, Marc Ribot lors du rappel, chante des chansons contestataires qui font mouche, telle “This Machine Kills Fascists” de Woody Guthrie. Les applaudissements nourris ne le font pas revenir une nouvelle fois. Il est reparti vers sa prochaine date. Toujours nomade .


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Marc Ribot, photo Michael Parque

Samedi 6 mai. 20 h, Abbaye de l’Epau.
Louis Sclavis Quintet Ensemble “Loin dans les terres”.

(Louis Sclavis, clarinettes / Dominique Pifarély, violon / Benjamin Moussay, clavier / Sarah Murcia, contrebasse / Christophe Lavergne, batterie)

Armand Meignan, programmateur de l’Europa Jazz et également des Rendez-Vous de l’Erdre, aime Louis Sclavis. Après un marathon de dix concerts (du solo au quintet) pour l’anniversaire des trente ans des Rendez-Vous en septembre dernier, il lui concocte un Regional Tour (du 19 mars au 9 avril) avec son trio Asian Fields Variations (Dominique Pifarély et Vincent Courtois). Le principe est simple : porter le jazz dans des communes de l’Ouest peu habituées à ce genre de rencontre. Les salles sont petites et le public chaleureux. Bessé-sur-Braye / Flers / Saint-Berthevin valent à coup sûr Paris / New-York / Tokyo.

Reste en suspens l’insoluble équation à trois inconnues de toute programmation : privilégier les personnalités renommées (1) puisque, partout comme ailleurs, chacun a droit à ces rencontres, accompagner le parcours d’un artiste sur plusieurs années (2) quitte à lui accorder une visibilité au détriment d’autres talents moins médiatisés (3) qui mériteraient néanmoins une voie vers la reconnaissance. Le dosage est subtil et comme pour le football, on trouve autant d’avis que de sélectionneurs / programmateurs autoproclamés.

Deux dates du Regional Tour

A Trélazé (périphérie d’Angers), le trio n’est que duo : Sclavis joue le soir même à Nantes avec le Quatuor Amarillis. Violoncelle et violon s’associent, instrumentistes comme instruments, la complicité des deux hommes est évidente. Comme toujours Courtois prend à son compte la partie basse, la chaleur et l’immédiateté des propositions. Par-dessus, Pifarély joue l’abstraction, la virtuosité ébouriffante avec une générosité partagée. Le concert, dans la petite salle de l’Avant-Scène est en suspens, une biguine clôt ce moment de convivialité.

Saint-Florent Le Vieil, neuf jours plus tard. Auditorium Julien Gracq. Louis Sclavis est là. Serait-ce le poids de la figure de l’écrivain (Julien Gracq est né et a fini ses jours dans ce village perché sur une butte qui domine la Loire) ? - le concert est plus dense. Le programme, principalement tiré du disque paru sur ECM, se prête à la concentration. L’écriture est resserrée et l’équilibre des voix oblige à trouver distances et retenues. Le tout, bien évidemment, fonctionne ; la part belle est faite à l’élégance des cordes associée au timbre chaud de la clarinette.

Retour à l’Abbaye de l’Epau. Sclavis présente “Loin dans les terres” coproduit par le festival Jazzdor, en phase de création. Dominique Pifarély (encore et toujours) et Benjamin Moussay (entendu sur Sources, 2012 et Silk and Salt Melodies, 2014) sont là tandis que deux nouveaux venus arrivent dans l’univers de Sclavis : Sarah Murcia, contrebasse et Christophe Lavergne, batterie (par ailleurs solide paire rythmique, notamment dans le trio de Sylvain Cathala).

A partir d’un univers à présent bien défini, Sclavis ne déçoit jamais. Équilibre des timbres, mélodies immédiates qui associent tension stimulante et nostalgie gracieuse, déroulé parfaitement scénarisé qui donne à ses prestations l’impression de suivre un film, il laisse en même temps toute latitude aux musiciens qui ne se privent d’ailleurs pas d’en profiter. Les solo échafaudés sur des structures complexes et la circulation des sons entre chacun d’eux en sont les caractéristiques inamovibles, toujours excitantes pour le public. Pour finir, Christophe Lavergne, par son battement complexe mais rectiligne, pose les fondations toniques de cette formation que Murcia bouscule constamment au bénéfice de tous.

Samedi 6 mai. 22 h, Abbaye de l’Epau.
Avishaï Cohen Quartet
(Avishaï Cohen, trompette / Yonathan Avishaï, piano / Yoni Zelnik, contrebasse, Nasheet Waits, batterie)

Avishaï Cohen, trompettiste, est un homme sympathique - souligne Armand Meignan en introduction. Avishaï Cohen, contrebassiste, lui, reçu l’année d’avant, ne l’est pas, perturbé certainement par un succès pourtant stratégiquement construit. Certains ego sont fragiles.

Peu importe ! Le trompettiste, croisé plusieurs fois dans les allées de l’Epau semble, lui, décontracté et avenant. Et cette attitude se retrouve au sein d’un quartet rompu à son esthétique. Nasheet Waits tient la batterie dans la plus pure tradition afro-américaine. Swing fluide et permanent et interplay avec ses partenaires. Yoni Zelnik le suit d’ailleurs dans toutes ses propositions ; placé au fond de la scène, il n’en est pas moins un des éléments structurants. Les parties en trio ont une hargne que l’enseigne ECM (chez qui le trompettiste a signé ses deux derniers disques) ne laisserait pas présager.

Car la trompette est variée dans ses propositions : douce, veloutée et parfois, comme on le voit, plus tonique sans jamais tomber dans l’excès. S’appuyant sur des compositions pastel auxquelles il donne une chair généreuse, le quartet offre un concert d’une sincérité plaisante ; seul le pianiste Yonathan Avishai, propre dans ses parties d’accompagnement, laisse un peu sur sa faim pour donner un réel envol à l’ensemble. Question de goût.

Le lendemain dimanche, dans la cour de l’abbaye, Le Swing Time fait honneur à une musique populaire, dans la lignée de ces musiques généreuses incarnées par Tchavolo Schmitt, venu le 28 avril pour la nuit du jazz manouche. Pour toutes les oreilles, l’Europa Jazz, un vrai festival.