AbyssKiss

Big Dipper

Camille Maussion (s), Pierre Tereygeol (g, voc), Victor Auffray (euphonium), Illya Amar (vibraphone)

Label / Distribution : Auto Productions

Ce deuxième enregistrement d’Abysskiss que conduisent Camille Maussion et Pierre Tereygeol permet d’épanouir mieux encore les caractéristiques qui avaient défini le premier. La réunion d’un instrumentaire peu commun permet notamment de développer une dimension orchestrale riche de timbres originaux où se mêlent cuivre et métal et qui mettent en exergue une approche pop très revendiquée. Par un soin notable porté à la production, à savoir la restitution du son collectif qui choisit de mettre en avant telle ou telle partie, comme par la présence prépondérante de voix (principalement celle de Tereygeol), le répertoire de ce disque peut se définir comme une suite de chansons amples et délicates.

On retrouve ainsi une variété de climats, en apesanteur pourrait-on dire, ou plutôt liquides pour parfaire la métaphore de l’abysse. Car le groupe travaille, de fait, les profondeurs d’un son qu’il explore avec méticulosité et dans lequel tous se meuvent avec aisance et proximité les uns par rapport aux autres ; au point de donner à l’auditeur l’illusion d’écouter une formation plus large.

Le vibraphone d’Illya Amar, associé à une guitare qui se colle à lui, introduit à certains moments une dimension répétitive et hypnotique qui crée un effet mobilisateur autant qu’enveloppant. Complété par l’euphonium de Victor Auffray qui lui aussi se tient au plus près de la ligne commune, le groupe laisse s’échapper quelques traits lumineux grâce aux interventions solistes qui enrichissent l’ensemble et donnent ce qu’il faut de variation à la construction des pièces soigneusement agencées et plus complexes qu’il n’y paraît.

Le groupe avance ainsi, sans emballement, se tenant à la lisière du trop sans jamais y verser, proposant un univers riche mais pas surchargé. Cette dynamique contrôlée permet, au final, de dessiner un paysage immédiatement recevable, où se mêlent rondeur et douceur, brume et éclaircie, oscillant entre ce qu’il faut d’humour et ce qu’il faut de mélancolie.