Arman Sangalang
Waypoints
Arman Sangalang (ts), Dave Miller (g), Ethan Phillion (b), Devin Drobka (d)
Label / Distribution : Calligram Records

L’un des aspects les plus réconfortants de la scène de Chicago est le fait qu’indépendamment de l’esthétique, de nouvelles générations de musiciens continuent de voir le jour. Le saxophoniste Arman Sangalang propose une musique qui, sans être révolutionnaire, peut tout à la fois être solidement ancrée dans la tradition et faire preuve d’originalité. Un gage de qualité est qu’il compte parmi ses mentors Jon Irabagon, un autre musicien aux origines philippines. Sangalang l’a d’ailleurs récemment invité à rejoindre son quartet lors d’un concert donné durant le récent festival de jazz de Chicago.
Ce deuxième album du saxophoniste ne fait que confirmer les espoirs placés en lui. Un bon leader sait s’entourer, et Sangalang excelle dans ce domaine. La section rythmique de son groupe est composée du contrebassiste Ethan Phillion et du batteur Devin Drobka. Ce tandem très inspiré est capable de pousser adroitement les solistes (« Prevailing Change ») ou produire de soudaines accélérations (« Who’s It Going To Be ») qui souligne la dynamique des compositions. Le guitariste Dave Miller est quant à lui le joker. Son modernisme, au lieu de faire désordre, élève la musique et l’enveloppe d’un voile de mystère. En outre, il ne nuit nullement à la cohésion du groupe, tout au contraire (« Less Is…).
La tradition se manifeste aussi bien dans les compositions originales que dans l’unique reprise. Comme le titre le suggère, « Monkish » s’inspire du grand pianiste et compositeur Thelonious Monk. Le morceau est bourré de citations intelligemment agencées. On peut d’ailleurs s’amuser à deviner de quelles compositions de Monk il s’agit. Et le disque se conclut avec un standard, « Body & Soul ». Sangalang l’entame a cappella, faisant encore une fois admirer la beauté de son timbre, avant que Miller ne vienne fournir un subtil fond sonore en appui.


