« Il arrive un moment où les protégés des grands sortent de l’ombre de leurs mentors. C’est ce qui s’est produit pour Avishai Cohen : après avoir été découvert par Chick Corea, joué aux côtés de Herbie Hancock, de Brad Melhdau et de Roy Hargrove, le contrebassiste israélien en est maintenant à dénicher de nouveaux talents. C’est ainsi que pour son dernier album Duende, il a embarqué avec lui un jeune pianiste inconnu au bataillon, Nitai Hershkovits, qu’il a rencontré dans un bar de Tel-Aviv.
Ensemble, ils reprennent Cole Porter, John Coltrane, Thelonious Monk, ou jouent les compositions dépouillées à souhait de Cohen. Quoiqu’il emprunte quelques mélodies – ainsi que le titre de son album – à la tradition andalouse, le contrebassiste semble avoir pris du recul avec ses multiples influences (pop, funk, soul, musique orientale…) pour revenir à un jazz classique, fidèle au précepte « less is more ». Ce minimalisme ne les empêche pas d’atteindre des moments de grâce, où le swing naît de la maîtrise technique dans un équilibre parfait, où le temps est suspendu au jeu des musiciens pour laisser la place à un pur instant. Des moments de « duende », en somme. »