Citizen
Édition du 21 mai 2012 // Citizenjazz.com / ISSN 2102-5487
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For A While

Baptiste Trotignon

Baptiste Trotignon (p), Clovis Nicolas (b), Tony Rabeson (dm), David El-Malek (ts), Mark Turner (ts), Tom Harrell (bugle) et divers

chez : Naïve

Baptiste Trotignon, dont on connaît depuis plus de onze ans les qualités artistiques, publie sous le titre For A While une sorte d’anthologie de son travail enregistré sur le label Naïve, travail qui a reçu, depuis Fluid en 2000 jusqu’à Share en 2008, des récompenses nombreuses et justifiées.

Capable de jouer à peu près tout, de s’allier, le temps d’un concert ou davantage, avec un orchestre symphonique ou avec la violoncelliste Anne Gastinel, Trotignon est avant tout un musicien doué d’une intelligence et d’une sensibilité rares. À propos de son travail, de la musique qu’il invente parce qu’elle l’habite, il parle de « lumière », en soulignant le terme pour mieux dire que ce qui le passionne c’est avant tout le passage de l’ombre à la clarté. C’est là, dans cette lucidité, cet « art du dévoilement », que les musiciens les plus passionnants trouvent leur voie.

For A While est ici complété d’un DVD enregistré au festival de Marciac en 2010. La « Suite pour Quintet et Orchestre » en sept mouvements composée incarne un des chemins qu’il emprunte désormais avec le plus de bonheur. Ici, c’est avec l’orchestre du CNR de Toulouse dirigé par Jean-Pierre Peyrebelle.

par Michel Arcens // Publié le 9 janvier 2012
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En sa propre nuit

Hors Ciel

Beñat Achiary (v), Didier Lasserre (dr)

chez : Amor fati

Hors Ciel, duo d’impro composé du vocaliste Beñat Achiary et du batteur Didier Lasserre, est enregistré ici lors d’un concert public à Radio France, dans le cadre d’A l’improviste, émission essentielle d’Anne Montaron. Achiary, dans son chant, libre, charrie mille cultures. S’y entend celle, tellurique, de son Pays basque natal. Chamanique, sa voix voyage. Trop ? Lasserre, racé, laisse entendre ce qu’il ne joue pas. Il fait plus que battre : il suggère, soutient, trace un chemin. L’affaire se joue entre deux improvisateurs hors pair, en leur ciel. Dans la retenue, le creusement ascétique, le duo atteint les sommets.

par Vincent Faugère // Publié le 9 janvier 2012
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Planetary Unknown

Ware, Cooper-Moore, Parker, Ali

David S. Ware (s), Cooper-Moore (p), William Parker (b), Muhammad Ali (dr)

Nouvel assaut free ascensionnel du label AUM Fidelity, meilleur représentant du genre afro-américain originel né dans la combustion des 60-70s. En personne, le sage charismatique David S. Ware ressuscite la venue en studio de Muhammad Ali, qui boxa au terminal Ayler stellaire. S’ajoutent Parker et Cooper-Moore, clavier et basse nucléaires. Le saxophoniste, comme sur son récent et surpuissant album solo, varie les calibres : ténor, stritch, saxello. En orbite, un groupe incandescent. Extatique.

par Vincent Faugère // Publié le 9 janvier 2012
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Athens Concert

Charles Lloyd/Maria Farantouri

Charles Lloyd (ts, fl, tarogato), Maria Farantouri (voc), Jason Moran (p), Reuben Rogers (b), Eric Harland (dm), Socratis Sinopoulos (lyre), Takis Farazis (p)

chez : ECM

Quand il compare Maria Farantouri à Billie Holiday, Charles Lloyd exagère vraiment. Le timbre d’alto un peu mat de la chanteuse grecque ne parvient guère à retenir l’attention, ni sur le versant de la séduction ni sur celui de l’émotion, et il faut tout le talent et la science du saxophoniste pour sauver leur dialogue de l’ennui.

Quant à ses habituels accompagnateurs, ils réussissent souvent à manifester leur talent et à percer la grisaille, comme Jason Moran, toujours parfait et particulièrement excitant dans « Requiem » et à de très nombreux moments de la longue « Greek Suite ». Chaque fois qu’ils peuvent échapper à l’ambiance de sérénité appuyée que Charles Lloyd recherche manifestement, la musique prend du relief et de la vigueur. Un double CD ne s’imposait peut-être pas.

par Philippe Méziat // Publié le 26 décembre 2011
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Live At Inntöne Festival

Lenny Popkin Trio

Lenny Popkin (ts), Gilles Naturel (b), Philippe Soirat (dm)

Lenny Popkin est un des derniers descendants directs de l’école du pianiste Lennie Tristano, dont l’importance fut extrême dans les années 50 pour tous ceux qui souhaitaient intégrer les apports du bop tout en se démarquant de la trop forte influence de Charlie Parker. Lee Konitz en fut, et en reste, un des autres exemples, aux côtés de saxophonistes comme Warne Marsh ou Ted Brown.

Superbement accompagné par Gilles Naturel et Philippe Soirat, qu’on sait rompus à ce genre d’exercice, Lenny Popkin donne libre cours à ses capacités d’invention, tout en faisant entendre un son d’une rare délicatesse, ce qui ne l’empêche pas, à l’occasion, de durcir le propos jusqu’à des bouffées de violence à peine contenues. Incontestablement un de ses meilleurs disques.

par Philippe Méziat // Publié le 19 décembre 2011
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Frère Jacques, Round About Offenbach

Gianluigi Trovesi/Gianni Coscia

Gianluigi Trovesi (cl), Gianni Coscia (acc)

chez : ECM

Gianluigi Trovesi et Gianni Coscia n’en sont pas à leur première « relecture » d’œuvres de musique classique : leur précédent CD était consacré à Kurt Weill.

Cette fois ils s’en prennent à notre cher Offenbach, qui fit les beaux jours et surtout les folles soirées du Second Empire. On retrouve là quelques airs vifs et bien connus que la formule du duo ne permet pas de restituer vraiment, ainsi que quelques pièces de leur cru. Et comme ils n’ont pas intégré à leur propos l’autre aspect d’Offenbach, ce mélodiste génial qui signa un jour une des plus belles barcarolles qui soient, on reste un peu déçu, même si cette musique à la fois intime et populaire ne manque pas de charme.

Alors on s’en retourne écouter Anna Netrebko et Elina Garança dans la fameuse barcarolle. Et on tombe à la renverse...

par Philippe Méziat // Publié le 19 décembre 2011
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Tribe

Enrico Rava Quintet

Enrico Rava (tp), Giovanni Guidi (p), Fabrizio Sferra (dm), Gianluca Petrella (tb), Gabriele Evangelista (b), Giacomo Ancillotto (g)

chez : Universal

Enrico Rava a beaucoup promené cette année son nouveau quintet dans les festivals de jazz en France, et ce avec un vif succès. Il faut dire que cette formation est actuellement la plus intéressante du trompettiste italien, et qu’elle a de quoi satisfaire les amateurs qui recherchent les plaisirs d’un jazz bien identifié.

C’est essentiellement à cause d’une fraîcheur et d’une envie de jouer du leader, retrouvées auprès de quelques jeunes talents, dont le pianiste Giovanni Guidi, lyrique et enflammé, et surtout Gianluca Petrella, tromboniste dont chaque intervention fait monter la tension d’un cran. Sur une base harmonique et formelle qui renvoie explicitement au second quintet de Miles Davis, une séance qui associe séduction mélodique et climats ouverts.

par Philippe Méziat // Publié le 19 décembre 2011
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