Citizen
Édition du 8 février 2012 // Citizenjazz.com / ISSN 2102-5487
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Dice Thrown

Benoît Delbecq & François Houle

Benoît Delbecq (p), François Houle (cl)

Retenue et silence. De quoi suspendre le tapage radiophonique et s’offrir une respiration. Complicité naturelle, doux élans. De quoi surprendre l’auditeur en lui offrant de nouveaux horizons.
Une musique de chambre impressionniste en tonalité mineure qui se dérobe encore plus à chaque écoute. Car nocturne et secrète. Elle s’ouvre parfois à la lumière sur des sons multiphoniques, troublants de la clarinette. Elle insiste cette dame noire des anches à ne pas vouloir faire des pirouettes, mais à iriser la matière musicale à travers un prisme. Vous l’aurez compris, mystère. Mais chut !
Les touches sont effleurées, le piano fuit les bavardages superflus, comme une invitation à vous rapprocher encore plus près de sa voie. Préparé, il convie à d’étranges danses où les rythmes sont « poly-mêlés ».

Le Canadien François Houle et le Français Benoît Delbecq se rencontrent à nouveau sur disque, pas si souvent sur scène on l’aura deviné. Ils n’offrent rien de ce que radote le jazz, et veulent l’interroger dans ces étonnantes conversations. Les intelligentes notes d’Yvan Amar donnent encore plus envie d’y retourner : « N’allez pas croire pourtant que cette musique soit difficile. Savante, oui, certainement. Mais avec simplicité, à l’aise avec son lyrisme et sa beauté… ».

par Charles de Saint-André // Publié le 25 novembre 2002