Tout aussi captivant que ses pairs, Ervin n’a pas la même notoriété. Homme de l’ombre, il est resté sous-estimé toute sa vie. Et pourtant, aux côtés de Charles Mingus ou Randy Weston, ses chorus sont connus et ont participé activement à la coloration géniale de la musique de ces groupes. Ici, il s’agit d’un disque en leader, très ancré dans le blues. Avec comme alter ego le trompettiste hard-bop Tolliver, Erwin fait montre de son appartenance au club des grands saxophonistes. Le répertoire est propice à ce genre de discours nonchalant en apparence, mais profondément maîtrisé : son puissant, suave et coupant à la fois. Quelques reprises sortent du lot : Berkshire Blues, Stolen Moments. Un bon document que cette réédition, qui comprend quatre inédits.
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