Oracle fait partie de ces disques discrets qui, faute d’une sortie médiatique, s’imposent par le bouche-à-oreille. De même Carole Therrien, la soliste et chanteuse canadienne, fait son apparition (je veux dire en ce qui me concerne) dans le petit monde des chanteuses de jazz.
L’intérêt premier de ce disque réside dans le timbre de la voix de Therrien. Claire, pratiquement sans souffle, dégagée de toute recherche criarde et vulgaire de sensualité, sa voix aiguë et aérienne, doublée d’une excellente articulation, lui permet de rivaliser avec les cuivres, enchaîner les textes au tempo rapide et de proposer quelque scat dans le style d’Ella Fitzgerald. Sur tempo lent, elle chante juste et c’est rare. Accompagnée d’un sextet honnête tout à son service, Carole Therrien s’impose tout tranquillement, avec délicatesse et humour, en français, en anglais et en brésilien… un style international en quelque sorte.
