Citizen
Edition du 19 avril 2014 // Citizenjazz.com / ISSN 2102-5487
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Dominique Pifarély

À la tête de plusieurs projets associant musique et littérature, Dominique Pifarély mène depuis quelques années un travail de fond important et singulier.

À la tête de plusieurs projets associant musique et littérature, Dominique Pifarély mène depuis quelques années un travail de fond important et singulier au sein de sa propre compagnie « Archipels - Cie Dominique Pifarély ». Les choix artistiques illustrés par ses projets en sont la preuve. La sortie récente de trois albums autoproduits ne passe pas inaperçue dans le paysage français du jazz et des musiques improvisées, dix ans après son dernier enregistrement sous son nom. Il était donc naturel de rencontrer le violoniste à « Jazz Campus en Clunisois », au lendemain d’un inoubliable concert en trio.

- Tu te destinais à des études classiques. Tu as également pratiqué les musiques traditionnelles et le rock dans tes jeunes années. Comment t’es venue la volonté de travailler avec des musiciens de jazz et ton goût prononcé pour l’improvisation ? Pourquoi pas le classique ou la musique contemporaine ?

J’ai commencé à étudier la musique à 5 ans et demi, donc à cette époque je ne privilégiais absolument aucune orientation musicale. Adolescent, je me destinais plutôt à une carrière dans la musique de chambre, je voulais explorer l’univers des quatuors à cordes. En même temps, j’ai fait des rencontres qui m’ont aussi poussé à découvrir les musiques populaires. J’ai eu aussi l’occasion de partager quelques expériences rock. J’ai donc connu une double pratique. Ce sont ces rencontres qui m’ont permis de construire mes projets. Il ne s’agit pas d’un choix. On ne se dit jamais « je vais faire de la musique pour faire ceci ou cela. ». Ce serait un peu une attitude de consommateur. Dans la vie d’un musicien, il y a des occasions qui se présentent, des chances comme par exemple celle que m’ont donnée mes parents : pouvoir faire de la musique. J’ai fait des études de musique classique, mais mon père m’a aussi appris à jouer la musique de l’Ile de la Réunion. J’ai eu un professeur de violon qui était un grand quartettiste mais aussi un admirateur de Stéphane Grappelli. Il m’a fait découvrir ses premiers disques, en plus de m’apprendre la technique, et la musique en général.

Les premières personnes que j’ai rencontrées dans un jazz très proche du rock progressif avaient un groupe au lycée où j’étudiais : le contrebassiste Yves Torchinsky et du guitariste Manuel Galvin, qui s’est par la suite spécialisé dans le blues et la variété. La rencontre avec Didier Levallet a été primordiale. Elle s’est produite en 1978 à Cluny, où j’étais stagiaire. À l’époque, je cherchais à croiser le parcours d’autres musiciens animés du même désir que moi : faire le maximum de rencontres. J’ai trouvé ce stage, qui en était à sa deuxième édition et je me suis dit que je croiserais à Cluny d’autres musiciens. Ce sont les bœufs du soir, au club « A l’Ouest de la Grosne » de Jacky Barbier, qui m’ont le plus apporté. Didier Levallet m’a ensuite engagé dans ses différentes formations (trio avec Gérard Marais, Swing String System). Il y a eu ensuite François Jeanneau, Eddy Louiss et Louis Sclavis

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Dominique Pifarély © J.-M. Laouénan/Vues Sur Scènes

- Entre la fin des années 80 et le début des années 90, tu as créé deux quartettes qui ont abouti à Insula Ducamara (1988) et Oblique (1992). Peut-on dire qu’à l’époque tu recherchais dans ces deux formations un son acoustique où tu souhaitais introduire l’univers - proche - de la musique de chambre ?

Dans les années 80, je ne jouais pratiquement que du violon électrique dans le Pandémonium de François Jeanneau et un quartette très électrique avec François Couturier, Jean-Paul Celea et François Laizeau. Nous avions enregistré Black Moon. J’étais à l’époque très marqué par l’univers de Weather Report. J’avais aussi une formation acoustique avec Dominique Cravic, Didier Roussin et Yves Torchinsky, du jazz à cordes d’influence américaine. Le virage - ou plutôt le recentrage acoustique - s’est opéré vers la fin des années 80 lorsque je jouais dans les orchestres de Louis Sclavis - notamment son sextette où j’ai commencé à réintégrer le violon acoustique en même temps que le violon électrique. Mon deuxième quartette, avec Riccardo Del Fra, François Couturier et Joël Allouche (Oblique) était également acoustique. Il y a eu aussi tout le travail avec l’Acoustic Quartet. Toutes ces formations m’ont vraiment fait travailler cette réappropriation de l’instrument et une certaine manière d’écrire la musique, de l’orchestrer pour que le son acoustique soit mis en valeur et pas simplement amplifié. Je concevais la musique pour l’instrument acoustique en essayant de préserver le maximum de sa richesse. Aujourd’hui, je travaille encore sur cet aspect, par exemple en duo avec François Corneloup, sans aucune sonorisation - mais la musique est conçue pour cela. Ma réappropriation du violon électrique est assez récente mais ne s’accompagne pas de l’abandon du violon acoustique.

- En 1996, tu as entamé un dialogue privilégié avec François Couturier, que tu connaissais depuis longtemps pour avoir collaboré avec lui dans de grandes formations. Tu as également enregistré avec lui Poros [ECM, 1997] où l’on note un rapport singulier entre écriture et improvisation. Tu as par la suite créé le spectacle Impromptu en compagnie du haute-contre Dominique Visse, ce qui dénote ton attachement à la poésie et à la littérature (ainsi d’ailleurs que tes duos avec l’écrivain François Bon, la comédienne-chanteuse Violaine Schwartz ou le comédien Pierre Baux). Comment maries-tu musique et littérature ? Existe-il des règles spécifiques ?

La littérature m’accompagne depuis toujours. Le fait de rattacher le texte à la musique nécessite un travail de réflexion : comment jouer avec du texte ? Chaque musicien apporte sa réponse propre. La mienne est anti-illustrative et irrespectueuse, car si on observe un trop grand respect, le lecteur n’a plus besoin de nous. Mais je ne peux pas faire ça avec tout le monde. Il doit exister une communauté de pensée et de ressenti avec le chanteur, l’auteur ou le lecteur. Comme beaucoup de musiciens, j’éprouve un désir permanent vis-à-vis du texte, et peut-être du sens. Si ce n’était pas le cas dans l’histoire de la musique, d’ailleurs, on n’écrirait ni chansons ni opéras. Les auteurs avec lesquels je travaille me font d’ailleurs part d’une fascination symétrique. Je n’ai pas du tout besoin de la musique pour lire. J’aime beaucoup la poésie contemporaine, que je peux lire à voix haute sans accompagnement musical. En alliant musique et texte, j’essaie de créer une troisième entité « autre », que je ne qualifie pas de musique ni de texte lu. Il ne s’agit pas d’une superposition des deux premières. Il faut que le tout soit supérieur à la somme des parties. C’est une troisième voix qui vient trouver sa place entre les deux autres ; qui induit une écoute flottante et requiert une sorte d’abandon.

Pierre Baux, Violaine Schwartz ou François Bon ont une manière différente de se placer par rapport à la musique mais ont en commun le désir d’être absorbé, comme j’ai moi-même la volonté de l’être par le texte. L’écriture de François Bon change en fonction de ses expériences de lectures passées. Il pratique l’activité de diseur de texte en public depuis toujours. Sa notion du rythme, de l’intonation et du tempo peut varier, comme chez un comédien. Nous travaillons sur des textes de Balzac, Baudelaire, Sarraute, d’Aubigné, mais aussi sur les siens, bien entendu… Pour moi, jouer avec ces personnes est comme faire un duo d’improvisation avec un instrumentiste.

La rencontre du chanteur baroque Dominique Visse s’inscrit dans la continuité du duo avec François Couturier. C’est un des plus célèbres haute-contre français. Il est le fondateur de l’Ensemble Clément Jannequin, très demandé dans le domaine de l’opéra baroque et qui existe depuis 1978. Il participe à des récitals où il mélange des musiques de la Renaissance (de Josquin à Monteverdi) à l’univers de Debussy ou des chansons de Takemitsu. Lorsque j’ai composé avec François, on ne voulait pas de chanteur jazz. Une voix trop lyrique n’était pas non plus ce que nous recherchions. La voix haute-contre possède un timbre particulier qui se marie bien avec le violon. C’est une formation totalement acoustique. Il s’agit d’un vrai travail de musique de chambre.

Quant à Pierre Baux et Violaine Schartz, je les ai rencontrés au cours d’un spectacle au Théâtre des Amandiers à Nanterre ; j’ai tout de suite été séduit par leur musicalité et leur sens du rythme. Je leur avais demandé de travailler avec moi sur le spectacle Anabasis, produit par « Archipels ». Cet ensemble n’existe malheureusement plus. Nous étions vingt-cinq sur scène, ce qui rend aujourd’hui cet orchestre impossible à faire tourner. J’ai eu la chance de créer ce projet grâce au soutien de Didier Levallet, directeur de l’Allan, Scène Nationale de Montbéliard.

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Dominique Pifarély © H. Collon/Vues Sur Scènes

- En 2007, tu crées un nouveau trio avec Julien Padovani et Eric Groleau. Tu sembles, avec cette nouvelle formule, rechercher un son plus électrique. Comment t’es venue cette envie ?

J’ai rencontré Julien Padovani dans le cadre d’un stage à Niort. Il a ensuite été étudiant au CFMI. Quant à Eric Groleau, c’était l’un des jeunes musiciens poitevins que Bernard Prouteau de Jazz à Poitiers s’efforçait de faire jouer.

J’utilise dans ce trio au maximum les ressources électriques dans le son et l’écriture. Aux claviers (simultanément à l’orgue Hammond et au Fender Rhodes) Julien Padovani accomplit un travail remarquable sur le son. Eric est à la batterie. De nombreuses répétitions nous ont permis de trouver un équilibre délicat entre les trois instruments. Mon envie de revenir à ce son est un peu difficile à expliquer. Je crois que, dans la vie d’un musicien ou de tout autre artiste, d’une personne en général, des cycles inconscients s’établissent. À un moment, on se souvient de quelque chose que l’on a pas abandonné mais conservé au fond de soi sans s’en servir - on ne peut pas tout faire à la fois ! Un espace temps se libère et l’on se réapproprie ce travail. C’est l’occasion de se réinvestir dans le sujet avec tout ce qu’on a appris depuis. Aujourd’hui, je n’ai pas la même approche du violon électrique que dans les années 80. Je le travaille avec toutes les choses apprises et développées sur le violon acoustique dans les années 90. Il n’y a pas de rupture - mais au contraire une réelle continuité.

Au moment où j’ai conçu ce trio, j’étais très préoccupé par les problèmes de timbres, que j’avais commencé à développer avec l’ensemble « Dédales ». J’ai donc voulu continuer dans cette direction avec cette formation que je voulais faire sonner d’une façon orchestrale, au même titre qu’on peut parler d’orchestre pour un quatuor à cordes. Le trio découle de « Dédales » mais les outils sonores sont différents.

- Tu mènes depuis plusieurs années une activité de formateur au CFMI. Que cherches-tu à transmettre ? Selon toi, le CFMI peut-il un être considéré comme une ressource de musiciens, au même titre que le CNSM par exemple ?

Par forcément. Ce n’est pas du tout la même vision qu’un conservatoire, donc différent du CNSM. Le CFMI forme des musiciens intervenants en milieu scolaire qui peuvent aussi travailler avec des ensembles d’amateurs plus âgés. Ils font un travail militant car ils sont vraiment formés pour parler du geste musical dans ce qu’il a de plus singulier, détaché de toute notion de consommation (à laquelle la musique est universellement rattachée aujourd’hui). J’enseigne devant des gens qui ne sont pas que des musiciens de jazz, fort heureusement, et ne veulent pas forcément le devenir. Je leur parle d’improvisation, d’invention de morceaux sur les deux ans de leur cursus, parallèlement aux autres formations qu’ils suivent comme la pratique vocale, la musique contemporaine (Philippe Nahon, chef d’orchestre d’Ars Nova anime ce module), l’arrangement des musiques traditionnelles, animé par Alain Gibert. C’est une formation très complète. J’ai l’impression de semer de petites graines pour que la musique ne soit pas complètement absorbée par la marchandisation, la banalisation. Je collabore avec ces musiciens rencontrés en Poitou-Charentes autour de mes projets, pour susciter des ramifications dans les écoles et les lycées, parler de ces musiques qu’on n’entendrait pas facilement ailleurs.

  • Tu as également créé un ensemble de neuf musiciens appelé « Dédales [1] », où se croisent deux générations d’improvisateurs talentueux. Comment définis-tu la musique de cet orchestre, regroupant cordes et vents ?

« Dédales » est un ensemble complètement acoustique. Nous avons toujours joué sans sonorisation. Il y a donc un véritable travail sur l’acoustique pure. Les compositions sont écrites pour que cet orchestre sonne pour lui-même, sans effets voulus par l’amplification des timbres ou d’un instrument par rapport à un autre. Il ne faut pas l’identifier à un big band, car ma musique ne correspond absolument pas à ce type d’orchestre. C’est une façon de réinventer une forme orchestrale qui permet d’entendre mon instrument pour ce qu’il est. Cela dans un esprit collectif réuni autour de huit autres improvisateurs. Il y a donc trois instruments à cordes : le violon, l’alto et la contrebasse, davantage pensée comme la troisième partie d’une section à cordes que la seconde partie d’une section rythmique. J’y ai également ajouté deux cuivres (trombone, trompette), deux instruments à anches (saxophone baryton et clarinette basse), un piano et une batterie. Concernant les timbres recherchés, je retrouve un équilibre qui permet d’entendre les trois instruments à cordes sans qu’ils soient perdus au milieu d’une section de cuivres. Cela exige que les musiciens travaillent en fonction de cette idée directrice.

L’ensemble a été créé à Poitiers car une bonne moitié des musiciens qui le composent sont de la région. Dans le contexte économique actuel, son effectif le rend absolument invivable, car il n’est pas subventionné en temps que tel. [...] Je garde « Dédales » car ses membres sont très enthousiastes et veulent tous continuer cette expérience. Si un jour une lassitude se manifeste, j’arrêterai. On a trois concerts prévus au mois de mars 2009 dont deux à l’Atelier du plateau, où j’essaierai d’enregistrer pour faire un disque si la qualité des prises est bonne. (Enregistrer un tel projet en studio est devenu trop coûteux.) Avec « Dédales », les timbres constituent la majeure partie de mon travail. J’avais aussi développé cet aspect au sein du duo avec François Couturier, mais il s’agissait d’avantage d’un travail sur le timbre interne de chaque instrument, les sonorités qu’ils engendrent et non l’orchestration qui en découle. Dans mes autres formations, j’avais davantage de préoccupations formelles.

- Tu as aussi créé « Archipels - Cie Dominique Pifarély ». Sur quoi repose ton travail avec cette structure ?

Elle a été créée en 2000, à mon initiative. Il ne s’agit pas d’un collectif ni d’un ensemble, plutôt d’une compagnie théâtrale avec un metteur en scène porteur de plusieurs projets, avec d’éventuelles ramifications. J’en assure la direction artistique. Pour l’instant, elle ne présente que mon travail mais je n’écarte pas l’idée qu’elle puisse intégrer les projets des autres musiciens. L’année prochaine, j’envisage par exemple de collaborer avec une création de Vincent Boisseau autour d’un film muet. J’ai aussi essayé d’échapper au système fermé que connaît actuellement ce qu’il faut bien appeler le « marché » - avec les fournisseurs, la grande distribution, les petites épiceries, les produits d’appel et les réseaux.

Je ne me pose pas la question de la lisibilité de mes projets mais plutôt de leur faisabilité. Je ne tourne pas beaucoup dans les festivals français. Mes projets n’ont pas toujours une durée de vie longue, contrairement à mes collaborations. La diffusion n’est pas forcément plus facile qu’avec un agent mais au moins, ces projets existent. La compagnie me permet de présenter ce travail. Elle est là pour qu’il n’y ait pas de conflit d’intérêt avec les formations d’autres artistes. Je pense que structurellement, le système ne fonctionne plus pour des musiques comme celles que je conçois.

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Dominique Pifarély © J-M. Laouénan/Vues Sur Scènes

- Tu vas sortir sous ton nom trois disques dès septembre. Comment en es-tu venu à diffuser tes albums par le biais de l’autoproduction ?

Manque d’intérêt, contraintes économiques… peu importe la raison : je ne suis pas parvenu à publier mon travail depuis une dizaine d’années.
Le premier disque, Impromptu, sortira début septembre. C’est de cette aventure qu’est né ce label. Ma dernière pièce écrite pour cette formation date de février 2000. Nous l’avons lancée deux ans après. En 2004, il ne s’était toujours rien passé. On s’est donc dit, avec François, qu’il fallait laisser une trace ; ce qui a été fait la même année, en autofinancement. Depuis, nous n’avons donné qu’un seul concert. Malgré l’existence de l’enregistrement, personne ne s’est intéressé au projet. C’est une des raisons pour lesquelles j’ai décidé de créer mon propre label, Poros Edition, géré par la compagnie. On voulait que cette musique soit éditée car elle nous tient à cœur. C’est une histoire formidable et intemporelle. Le deuxième enregistrement prévu est le trio qui sortira fin septembre. La troisième production sera le spectacle Peur, co-écrit avec François Bon pour le texte, entouré de François Corneloup au saxophone, Eric Groleau à la batterie et Thierry Balasse à l’électronique. Nous avons créé ce projet à la Scène Nationale de Cavaillon en mai 2007.

Bien évidement, ce label autoproduit n’a pour l’instant aucun distributeur. Je vais vendre les albums par l’intermédiaire de mon site Internet et à la sortie des concerts. Ils seront aussi disponibles sur les sites des Allumés du Jazz et CD Baby, qui est une boutique en ligne. Lancer trois sorties de disques en même temps est pour moi un grand pas puisque je n’avais rien produit sous mon nom depuis 1998. Mes formations existent davantage grâce à la Compagnie, ce qui renforce mon idée de dire « Maintenant j’ai des choses à poser, à porter à la connaissance du public. »

- Quels sont tes projets actuels et à venir ?

Il s’agit surtout de projets personnels. Il y a eu une tournée en Scandinavie et dans les Pays baltes avec le trio au mois d’octobre 2008. Après, une nouvelle création à la Scène Nationale de Cergy-Pontoise avec le spectacle Après la révolution. Il s’inspire des textes de Charles Pennequin accompagnés d’un orchestre où l’on retrouvera le trio actuel, François Corneloup, le bassiste Olivier Lété et Pierre Baux, qui aura dans ce projet assez électrique le rôle de musicien improvisateur et quasi chanteur de rock. J’ai également un projet plus pédagogique en Poitou-Charentes. Une autre création verra aussi le jour en quartette avec trois musiciens ayant tous déjà joué séparément avec moi, il y a longtemps ou épisodiquement : Bruno Chevillon à la contrebasse, Tim Berne au saxophone et Craig Taborn au piano. C’est l’occasion de remonter un projet acoustique. Nous jouerons à l’Europa Jazz Festival du Mans, à Jazz en Luberon et à l’Ajmi (Avignon). C’est aussi un projet porté par la Compagnie. Il m’arrive épisodiquement de jouer en duo avec Louis Sclavis ou Michele Rabbia. Je garde quelques collaborations avec Heiri Kaenzig, le groupe « Next » de François Corneloup et le quintette « Dans la nuit » de Louis Sclavis. Mais je limite ces participations. Dans l’idéal, un musicien devrait pouvoir créer ses projets personnels et répondre favorablement aux sollicitations des gens qu’il apprécie. Dans la réalité, ce n’est malheureusement pas possible. La Compagnie me permet de construire et de mettre en avant mes projets personnels. Il faut donc que j’y consacre de plus en plus de temps.

Propos recueillis le 19 août 2008

[1Ensemble « Dédales » : Dominique Pifarély (violon, composition et direction artistique), Guillaume Roy (alto), Hélène Labarrière (contrebasse), Vincnet Boisseau (clarinette), François Corneloup (saxophone baryton), Pascal Gachet (trompette), Chistiane Bopp (trombone), Julien Padovani (piano) et Eric Groleau (batterie).

P.-S. :

Discographie personnelle :

  • En trio avec François Couturier et Dominique Visse : « Impromptu » (Poros éditions).
  • En trio avec Eric Groleau et Julien Padovani (Poros éditions).
  • « Peur » (Poros éditions) à paraître en décembre 2008.
  • En quartet : « Insula Dulcamara » (Nocturne).
  • En quartet : « Oblique » (IDA).

Autres collaborations discographiques (ordre non chronologique) :

  • En trio avec Didier Levallet et Gérard Marais : « Instants retrouvés » (L’Allan), « Eowyn » (Label Bleu).
  • En duo avec François Couturier : « Poros » (ECM).
  • En duo avec Carlos Zingaro : « Icis » (In Situ).
  • En trio avec Stefano Battaglia et Paolino Dalla Porta : « Triplicity » (Dischi delle quercia)
  • Avec Louis Sclavis : en quintet « Chine » (Label Bleu), « Rouge » (ECM), « Dans la nuit » (ECM). En septet : « Chamber Music » (Label Bleu). En sextet : « Ellington on the air » (IDA), « Les violences de Rameau » (ECM). En formations variables : « Danses et autres scènes » (Label Bleu). En quartet : « Acoustic Quartet » (ECM).
  • Avec Stefano Battaglia et Michelle Rabbia : « Atem » (Splash), « Raccolto » et « Re : Pasolini » (ECM).
  • Avec Didier Levallet : « Paris-suite » , « Eurydice » (Evidence).
  • Avec Eddy Louiss : « Multicolor Feeling/Fanfare », « Multicolor Feeling », « Sang mêlé » (Nocturne).
  • Avec Mike Westbrook : « On Duke’s Birthday » (Hat Hut), « The Orchestra of Smith’s Academy » (Enja).
  • Avec Gérard Marais : « Est » (Label Hopi).
  • Avec Patrice Caratini : « Hard Scores » (Label Bleu).
  • Avec Marc Ducret sur un titre : « Qui parle ? » (Label Sketch)
  • Avec Andreas Willers : « The Ground Music » (Enja), « Montauk » (Between the lines).
  • Avec Jean-Paul Celea et François Couturier : « Black Moon » (Blue Silver).
  • Avec Vincent Courtois : « Pleine Lune » (Nocturne), « The Fitting Room » (Enja).
  • Avec Didier Roussin, Dominique Cravic et Yves Torchinsky : « Bluestory & the new blue 4 » (Paris Jazz Corner Productions).
  • Avec Denis Badault : « En vacances, au soleil » (Label Bleu).
  • Avec François Jeanneau : « Pandemonium » (Carlyne Music).
  • Avec Youval Micenmacher : « Ferra Feza » (Label Hopi).
  • Avec Safi Boutela : « Mejnoun » (Label Indigo).
  • Avec Rabih Abou Khalil : « Yara » (Enja).
  • Avec François Corneloup : « Next » (Nato).
par Armel Bloch // Publié le 22 décembre 2008
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