Emil de Waal Old News
Novelties
Emil de Waal (d), Jacob Anderskov (p), Gustaf Ljunggren (g, b, vla, cl), Henriette Groth (cl) + Randi Laubek (g, voc)
Label / Distribution : April Records

Il y a toujours eu un tropisme familial dans la musique d’Emil de Waal. Musicien emblématique de Copenhague et de sa scène ouverte, le batteur est aussi à l’aise dans le jazz et la musique improvisée que dans des couleurs plus pop. Et même dans le mélange de tout cela, allègrement. Dans la droite ligne de son Handmade in Danemark que nous avions évoqué il y a plus d’un an, de Waal revient avec Old News, un orchestre qui lui tient à cœur et qui existe depuis presque quinze ans. Aux côtés du pianiste Jacob Anderskov, qu’on a vu aux côtés de Kasper Tranberg ou Gintė Preisaitė, Emil de Waal propose une musique comme on propose un temps de pause, sans autre enjeu qu’une forme de plaisir de jouer, comme on l’entend dans « Last Millenium When We Were Young » où les peaux frappées à la main s’amusent à danser avec les clarinettes.
Car voilà bien l’identité de Old News et de Novelties, ce nouvel album. De Waal fait parler les clarinettes ; il s’entoure pour cela du multi-instrumentiste Gustaf Ljunggren, que l’on croyait seulement guitariste mais qui se révèle comme un joueur de clarinette contralto (et alto) chaleureux, et de la concertiste Henriette Groth, remarquable instrumentiste. C’est elle qui définit le son de cet album avec le pianiste, dans un morceau comme « Tightrope » qui sort totalement du format chanson pour une musique volontairement planante, pleine d’une nostalgie qui traverse l’album. Plus loin, « Forgotten, Not Forgiven » offre dans le même climat un beau dialogue entre clarinette et batterie, tout doux, sans heurt.
Novelties est le témoignage d’un cercle d’intimes qui se plaisent à se retrouver et oscillent entre humour légèrement dérisoire (« Scrap Rag ») et moments de pure tendresse lorsque la chanteuse Randi Laubek s’invite sur deux morceaux, notamment « I’m Nobody » au charme désuet, nourri par le souvenir de Joni Mitchell. Il y a certes parfois des choix assez sirupeux (« Lim »), mais ce disque paru chez April Records est une contribution au concept norvégien, largement approprié par le Danemark, du hygge, le cocon chaleureux dont on s’extrait avec difficulté.


