Tribune

En classe avec Youn

C’était, je crois, en 2006. Chanteuse amateur à mes heures, je participais à un stage animé par Youn Sun Nah.


Photo : Youn Sun Nah en 2011 par Emmanuelle Vial

Jazz In Marciac organise chaque année, hors festival, de courts stages mono-instrumentaux dont un est destiné aux vocalistes. Je l’ai fréquenté trois ans de suite. C’est, je crois, en 2006 que Youn Sun Nah en était l’animatrice. Onze ans après, je garde de ces deux courtes journées deux images fortes.

La première : Youn Sun Nah émue aux larmes lorsque nous sommes enfin parvenu.e.s à restituer à peu près correctement la chanson-symbole de la Corée, Arirang, qu’elle venait de nous enseigner.


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La seconde : Leprogramme du stage incluait toujours une « master class » par l’artiste programmé ce soir-là en concert à Marciac. En général (sur trois stages, ça a toujours été pareil), la « star » n’avait pas été prévenu(e), n’avait donc rien préparé et ça l’ennuyait plus qu’un peu. Cette année-là, c’était Eric Bibb, qui a fait de louables efforts pour improviser une séquence pédagogique. Il est arrivé en milieu d’après-midi et nous a fait placer en demi-cercle autour de lui. Youn Sun Nah s’est assise parmi les stagiaires.
Lorsque nous nous sommes présenté.e.s, elle a simplement dit son prénom, comme nous. Pendant près d’une heure elle a, avec nous, repris de bonne grâce les paroles de « Centerpiece », sans jamais dire « hého, je suis la prof, moi, je suis une pro ».
Puis nous sommes sortis pour la photo (où donc ai-je bien pu la ranger ?) et Eric Bibb est reparti sans qu’à aucun moment Youn Sun Nah n’ait fait un geste pour se mettre en avant.