Citizen
Édition du 19 mars 2010 // Citizenjazz.com / ISSN 2102-5487
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play Jobim

Eric Le Lann & Jean-Marie Ecay

Eric Le Lann (tp), Jean Marie Ecay (g)

Eric Le Lann a eu l’idée d’un album en hommage à Antonio Carlos Jobim suite à sa participation en 2002 à l’album Jardin d’hiver d’Henri Salvador très marqué par la bossa nova.

Comment en 2005 jouer du Jobim sans tomber dans le cliché, le déjà vu ? Comment renouveler le genre après des géants du jazz comme Stan Getz, Dizzy Gillespie, Charlie Byrd ?

Tout simplement en jouant au plus pur, au plus simple. Le Lann a mis une sourdine à sa trompette, Ecay a pris sa guitare sèche. Ils se sont mis d’accord pour jouer des morceaux peu connus, de la façon la plus pure, la plus directe possible. De même, le son est net, direct. Comme l’attaquant va droit au but, ils vont droit au coeur.

La fille d’Ipanema n’est pas au rendez vous. Vous reconnaitrez parmi les standards « Corcovado », « Desafinado ». La version de « Aguas do Março » se mêle désormais dans ma tête à l’original et à la version française de Georges Moustaki « Les eaux de Mars ». Y figure aussi une version de « Portrait in Black and White » qu’Eric Le Lann joua en duo avec Martial Solal au Festival de Jazz de Vannes en 1999. Chaque musicien a droit à sa composition. « Bras dessus » pour Ecay, « Arabie » pour Le Lann, compositions qui s’insèrent parfaitement parmi les chansons de Jobim.

Le son sec de la trompette de Le Lann se mêle au son mouillé de la guitare d’Ecay. Une fusion acoustique. Une musique à déguster goutte à goutte, note par note, aux petites heures du jour et de la nuit.

On attendait cet album avec impatience. À écouter chaque matin pour être sûr que la journée sera ensoleillée.

P.-S. :

Eric Le Lann et Jean-Marie Ecay seront en concert à Paris au Sunset les vendredi 3 et samedi 4 juin 2005.

par Guillaume Lagrée // Publié le 25 mai 2005