Chronique

Ingrid Laubrock

Serpentines

Ingrid Laubrock (ts, ss, glockenspiel), Peter Evans (piccolo tp, tp), Miya Masaoka (koto), Craig Taborn (p), Sam Pluta (electronics), Dan Peck (tuba), Tyshawn Sorey (dm)

Label / Distribution : Intakt/Orkhestra

La tranquillité, le calme, le sentiment de repos et de paix qui président aux dernières mesures du titre éponyme qui se trouve à la fin du CD, induisent chez l’auditeur le double sentiment qu’il est dommage que la fin soit déjà arrivée, et que cette conclusion est malgré tout la meilleure qui se puisse trouver à l’issue d’un tel parcours. Serpentines est aussi une façon de désigner la musique d’Ingrid Laubrock, qui opère en diverses sinuosités, sans jamais chercher à ce que les choses soient rigides, et sans jamais non plus se départir d’un certain chemin, donc d’une certaine ligne. Une forme de pensée musicale qui rejoint celle d’un philosophe comme Michel Serres, comme le souligne à juste titre l’auteur des notes, Florian Keller. Et qui n’est pas sans évoquer nombre de démarches actuelles, vivantes, à Brooklyn comme en France et en Europe. Pas de noms, on n’en finirait pas.

Il y a une infinie souplesse dans la manière dont les différents instrumentistes se saisissent de la matière musicale proposée par Ingrid Laubrock, et dont, tous ensemble, ils construisent les moments forts de l’œuvre, mais aussi ses moments de bascule, ses périodes méditatives, ses avancées ou ses suspens. On suit et on adhère à ce cheminement avec une certaine fascination. Notez que du 16 au 27 avril 2017, Intakt Records organisera une série de concerts à Londres, au Vortex, avec au programme rien moins que Irène Schweizer, Pierre Favre, Louis Moholo Moholo, Aki Takase, Alexander Von Schlippenbach, Mark Feldman, Evan Parker, Ingrid Laubrock, Lucas Niggli, Sylvie Courvoisier, mais aussi Christian Iniger, Sarah Buechi et Julian Sartorius. On aimerait déjà y être ! À consulter ici.