Chronique

Ivan Paduart

Trio Live

Ivan Paduart (p), Stefan Lievestro (b), Hans Van Oosterhout (d)

Ivan Paduart signe ici son 11e album en tant que leader en dix ans, mais son premier en live. Cette performance en trio date de novembre 1999.


L’album commence avec Solstice d’été, une des six compositions personnelles qu’apporte Paduart. C’est un morceau délicat et cristallin qui lance l’album en douceur. Les compositions de Paduart minent une veine généralement romantique et sensible, mais avec assez de variations entre les morceaux pour ne pas tomber dans la monotonie. Lisbonne, par exemple, se distingue avec sa partie composée très longue découpée en sections et sa reprise de thème très éclatée.


En tant que soliste, Paduart reste généralement dans le schéma main droite en single-note, main gauche en support harmonique. Il n’y a pas beaucoup de silences ou de respiration dans son jeu, il compte plutôt sur un foisonnement d’idées pour maintenir l’intérêt. Ce qu’il réussit généralement, mais j’ai parfois l’impression que cette abondance fait qu’il manque une exploration en profondeur de toutes ses idées.


La douceur du premier morceau est éliminée dès le morceau suivant, Suspone de Mike Stern, un morceau be-bop rapide donnant lieu à des solos plus musclés. C’est aussi le premier de trois reprises, les autres étant des valses : Rainwaltz de Fred Hersch et Thinking of you de Michel Herr. L’album se termine avec le standard I’ll remember april.


Les deux autres piliers du trio sont très bons. Le solo de Van Oosterhout sur Steps in the snow se distingue, car il est rare d’entendre un solo de batterie sur une ballade. Van Oosterhout le construit remarquablement, jouant sur la dynamique et en laissant beaucoup d’espaces. Il arrive donc à traduire cet esprit de ballade. Lievestro livre également de bons solos, et tous deux accompagnent le leader de manière sûre et dynamique.