Scènes

Jazz à Luz 2016

26e édition du festival pyrénéen, référence des musiques libres.


Jazz à Luz 2016 © Photo Michel Laborde

Le défi, tout projet artistique y est confronté. Produire un événement et le faire grandir à plusieurs, nécessite de satisfaire les attentes des uns et des autres en gardant sa ligne de conduite, plus ou moins tendue au dessus du vide, soutenue par des relais chaque année requestionnés (médias, commerçants locaux, institutions). Le vertige touche de nombreuses structures, en ces temps d’urgence étatisée. Luz et son festival d’altitude restent heureusement une référence dans le paysage des musiques de création et d’improvisation. Avec pour fil rouge 2016 les collectifs, et une programmation riche en musiciens s’illustrant dans cette logique de travail, il paraît insensé de voir ce rendez-vous disparaître du tableau. Pourtant, si du dessus la montagne est belle, le dessous des cartes n’est pas toujours contrôlable. La précédente édition fut certes une réussite entérinant 25 années d’action, mais elle ne garantit pas la tranquillité d’esprit de ceux qui œuvrent pour reconduire Jazz à Luz chaque année. La menace est partout cachée. Il faut s’en protéger.

Les menaces peuvent surgir de l’élargissement des parties prenantes, des pouvoirs publics qui ont bien saisi l’intérêt d’une telle « exception culturelle » sur ces terres protégées mais un peu isolées. En l’occurrence, la communauté de 15 communes actuelle, soutien territorial et institutionnel vital, verra fusionner en 2017 cinq communautés qui regrouperont 47 communes. S’il est impossible de contenter les desiderata de 47 maires, il est probable que ce festival en constant questionnement se ressente de ce bouleversement local. Étendre une politique culturelle sur le terrain, est-ce étendre sa visibilité, sa viabilité ? Nous entendons bien l’observer. En attendant, cette année, les habitants ont vu les couleurs du festival s’emparer plus visiblement des rues, espaces publics et mobiliers urbains. Dont acte.


L’autre variable inéluctable est la fréquentation. Ce qui fait le sel d’une programmation qui mise sur les « moments de surprise », selon les mots de son directeur artistique, c’est aussi la part de risque que ce choix comporte. Le public de Luz, d’où qu’il vienne, est certain de trouver là une zone de confort et d’émulation, mais subit comme ailleurs des fluctuations : les anciens vieillissent ; les jeunes, sur-sollicités ou précarisés, sont difficiles à capter sur la base d’une proposition artistique « détonante ». L’argument de l’originalité est partout prôné, galvaudé. Or, le savoir-faire de taille de Luz c’est la hauteur sans la superbe, l’a(l/t)titude sans la condescendance. Avec l’humour pour preuve d’intelligence. Sans rire, a-t-on déjà vu un festival qui joue à ce point à nous prendre de haut pour mieux nous mettre sens dessus dessous ?

Faire venir le public : LA problématique de tous est ici abordée avec confiance en un esprit collectif et une responsabilisation de chacun à « faire sa part du boulot ». Les musiques vivantes ne peuvent se passer de ce public conscient. Celui qui vient voir, entendre, découvrir des propositions musicales créées dans l’instant. Cet instant magique d’une rencontre avec son potentiel d’inédit, d’erreur, mais aussi de renouveau, d’espoir. L’improvisation a été majoritaire dans la programmation 2016. Pour cela, bravo. D’autres musiques, traditionnelles, contemporaines, pop, ont secoué les habitudes, agacé ou séduit en obligeant les observateurs à adopter un point de vue, depuis cette vallée où l’on se sent à l’abri de la folie du monde. Alors qu’ailleurs la Fête Nationale virait au drame, Jazz à Luz échappait à la ténébreuse « insécurité », ce 14 juillet. Les murs de la ville le rappellent, Victor Hugo l’observait : « Ce bourg, ils l’ont nommé lumière ».


JPEG - 259.1 ko
Un Poco Loco © Michel Laborde

Les collectifs formaient l’un des axes de cette programmation qui a accueilli sur quatre jours des membres de COAX, Onze Heure Onze, Umlaut et du Grolektif. L’ouverture a été confiée à l’un des lauréats de Jazz Migration, Un Poco Loco, trio composé autour du tromboniste Fidel Fourneyron. Actuel membre de l’ONJ d’Olivier Benoit, il a fait partie de Radiation 10, du Tricollectif, joue dans l’Umlaut big band aux côtés de ses deux compères et se produira en solo le jour suivant. L’idée est simple donc un peu folle : jouer des standards des années 50 en y apportant une patte, l’humeur et l’humour du trio. Et ça marche ! Cette sensation que chaque instant est propice à un écart, une échappée facétieuse, retient notre attention. Pince-sans-rire, c’est l’atonie du visage de Sébastien Beliah qui étonne alors que la diversité et l’étendue de sa technique à la contrebasse sont évidentes. Trop douce pourtant, elle ne concurrence pas le charme du jeu de Geoffroy Gesser, lorsqu’il reproduit le claquement de cordes ou le frottement de balais sur des fûts avec l’anche de son ténor ou lorsqu’il se lance dans la poursuite du thème de « Night In Tunisia » avec son compagnon Fidel. Leurs jeux laissent toute la place au je, l’un coulissant avec toute sa bonhomie, l’autre soufflant sa malice dans ces mélodies composées par des maîtres tels Leonard Bernstein (« I Feel Pretty » et « Cool ») ou Bud Powell. Des chansons douces qui donnent le sourire, on en redemande, surtout qu’elles introduisent le moment du traditionnel pot d’ouverture.

Ce début en légèreté laisse place à une rencontre plus solennelle entre trois nouvelles stars d’une scène américaine qui n’a pas froid aux yeux. Celle qui permet au free de rencontrer le lyrisme et même quelques résurgences avant-gardistes. Soient les univers des charismatiques Ches Smith, batteur géant, ici aussi au vibraphone, Craig Taborn pianiste dont la dernière prestation à Luz a, de mémoire de programmateur, marqué pour toujours le festival, et Mat Maneri, prodigieux altiste au style unique, figure de l’improvisation new-yorkaise qui, ici, se frotte à une musique très écrite et pourtant hors clous. Rien n’a semblé compromettre la qualité de cette prestation. Ensemble, ils ont escaladé haut l’échelle du beau. Même quand ce papillon de nuit est venu perturber quelques secondes la main droite de Craig Taborn, lors d’une construction rythmique. Une grande confiance lie ces musiciens depuis trois ans et leur fait livrer la relecture, espérée par tout connaisseur du disque, de The Bell, paru chez ECM. L’écueil aurait été de faire dans la dramaturgie. Ces rythmiciens nés sont tombés d’accord pour l’intensification nonchalante. A l’issue du concert, seule la fatigue de la journée de voyage est imprimée sur leur visage. Ils s’éclipsent rapidement en ayant mérité la paix des sommets.


JPEG - 258.5 ko
Mat Maneri - Ches Smith Trio © Michel Laborde

Les contrastes ne s’apprécient jamais mieux qu’en montagne où, alors qu’un froid tenace nous prend au dépourvu à la nuit tombée, on piétine pour la prestation finale des Suisses d’Hyperculte. Simone Aubert, blonde dadaïste, annonce d’emblée la couleur : noire mais festive. « C’est bien la pire des folies que de vouloir être sages dans un monde de fous » lance-t-elle avant de faire galoper les tempi de sa batterie avec une désinvolture animale. Déflagrations lancinantes, chant désincarné, emprunté, mais trahissant une hypersensibilité touchante. A sa gauche, Vincent Bertholet, membre fondateur de l’Orchestre Tout Puissant Marcel Duchamp, martèle aussi sa contrebasse de pizz secs et minimalistes et de boucles instaurant une transe libératrice avec un malaise étudié, une morgue post-grunge sans complexe. Bien que savouré, ce cocktail froid ne parvient à me dérober qu’une petite heure aux bras que Morphée me tend. Je le rejoins à la bonne heure.


JPEG - 216 ko
Gaspar Claus © Michel Laborde

Le deuxième jour, est en général celui de l’acclimatation. Le matin ne m’entraîne d’ailleurs pas vers un territoire inconnu. C’est en privilégiée et avec joie que je revois un trio constitué au printemps sous l’égide de Penn ar Jazz, scène brestoise parfois siamoise de Luz. A onze heures, Gaspar Claus (cello), Will Guthrie (dm) et Thomas Bonvalet appellent les fidèles pour créer la ferveur avec, cette fois, la confiance d’avoir franchi un cap, leur précédente prestation en Bretagne ayant prouvé leur compatibilité. C’est chez Bonvalet que cette aisance se voit le mieux. Il est vrai qu’en habitué de Luz, il semble avoir une longueur d’avance. Claus démontre son savoir-faire en évitant le spectaculaire. Il lui a toujours préféré la sincérité. Evitant soigneusement les incursions dans le classique - convoquées à Châteaulin sans doute par réflexe, pour (se) rassurer -, le violoncelliste insiste davantage dans le registre répétitif qui provoque les acquiescements du public plus téméraire de Luz, qui le découvre. C’est la révélation. L’intensité de Guthrie, toujours impeccable, agit comme un contrepoint aux trouvailles de Bonvalet dont le pied joue du soufflet, les genoux tintinnabulent et appellent en écho les cloches de l’église de Luz, car on entend sonner l’angélus. Midi ! A pic pour les rejoindre à table où l’on discutera de cymbales, de batteurs, tels que Paul Lovens, influence du jeu méditatif et tendu du franco-australien. Saine nourriture.

Le soir, sous le chapiteau, quelques centaines de citoyens se voient proposer une réflexion sur un pan moins appétissant de notre consommation : les tonnes de plastique qui finissent dans les eaux. Ceux dont nous ne savons que faire à part les oublier se sont agglutinés et ont créé le 7ème continent. Talking Trash, c’est le nom de la pièce proposée par Pascal Niggenkemper (b), autre artiste fil rouge du festival. Il a convoqué trois duos d’instrumentistes fonctionnant en miroir, comme pour assurer que le message soit bien renvoyé. Ce sextet européen, français (Eve Risser, précise et précieuse), allemand, autrichien et belge, est constitué de deux pianos préparés, deux clarinettistes, tandis que la flûte sub-contrebasse impressionnante de Juliàn Elvira répond au contrebassiste et chef d’orchestre avec poésie ; question de survie en milieu hostile. La musique dévoile d’abord les égoïsmes, les dissonances, un précipité des années au cours desquelles les détritus se sont amoncelés. Une petite mécanique du désordre mondial. La confusion contamine l’assistance qui attend un moment où la lecture sera plus aisée. Pourtant, ce n’est pas l’anarchie qui domine, c’est la régularité métronomique avec laquelle s’est formé ce continent (jusqu’au constat, accablant, qu’il y aurait cinq fois plus de plastique que de plancton dans le Pacifique Nord). L’intelligence de cette musique n’est pas de nous envoyer dans le mur du son, mais de progresser vers l’apaisement. Petit à petit, les accords d’ensemble émergent, l’écriture est plus déliée. Le dernier quart d’heure est d’une beauté éclairante. Les visages, moins graves, dans le public, ont saisi. Le vrai état d’urgence, il est dans la gêne de voir ce qui advient lorsque que personne ne prend les choses en main.


JPEG - 360.7 ko
Le 7e Continent, Talking Trash © Michel Laborde

Une autre moment fort, convoquant débats et partis-pris, a été le concert de France, cette nuit du 14 juillet. Le trio emmené par Yann Gourdon, à la vielle à roue, a ponctué toute volonté de patriotisme ou de symbolisme béat. Après le feu d’artifice, on s’enfonce dans la salle des voûtes, où il n’est plus question de réflexion : le concert vire à l’expérience physique, au test d’endurance. Au bout de dix minutes de jeu, les dés sont jetés : soit on avance tête baissée dans ce sombre mantra-trash qui semble ne pas vouloir s’arrêter, soit on déclare forfait. La batterie simpliste, binaire et martiale de Mathieu Tilly ne varie pas d’un iota pendant le concert, le bassiste entre en transe, ceux qui le souhaitent aussi. Seule la vielle, en rotation continue, inclut de légères oscillations harmoniques mais, dans le fond comme dans la forme, tout se répète à un niveau sonore ahurissant pendant un seul morceau d’1 h 20, montre en main. « Trop plein d’ivresse un cœur joyeux déborde en larmes d’allégresse » dit Shakespeare dans Macbeth. Cette nuit-là, les larmes sont de colère, lorsque nous apprenons, hébétés, la nouvelle d’un attentat à Nice. La bêtise humaine fauchait une fois de plus la vie dans ce qu’elle a d’innocent et gai. Après la transe, la France, abasourdie par un nouveau coup, et nous, nous remettons en marche, assommés, vers un nouveau matin du monde, un nouveau sommet.

La paix, tant espérée. Comment ne pas y penser puisque Aum, le mantra, le vrai cette fois, est le nom d’un ensemble programmé ce 15 juillet, sous les derniers rayons de la soirée. Il réunit quatorze musiciens échappés de la région parisienne pour une escapade sur les hauteurs. Certains proposeront des prestations en solo le lendemain, lors des fameuses excursions « Jazz en Marche ». La qualité du concert de l’ensemble Aum, initié par le saxophoniste Julien Pontvianne, a été à ce point désarmante – défiant l’usage des armes que sont les mots – qu’elle me pousse à dévoiler mon affection pour l’écrivain Henry David Thoreau dont l’œuvre Walden a inspiré leur album Silere, et mes penchants yogiques. Non qu’il s’agisse de pré-requis pour l’appréciation de cette musique, mais cela m’a sans doute poussée à voir ici, l’une des meilleures propositions du festival. De l’agrégation lente des notes, l’entremêlement progressif des timbres des cordes, anches, voix, vibrations d’instruments acoustiques ou électriques (la guitare de Richard Comte jouant les métronomes, le clavier de Jozef Dumoulin comme un flot de paroles) et électroniques (les claviers d’Alexandre Herer), du déplacement dans l’espace des blocs sonores par Dylan Corley (il s’agit de musique écrite), jusqu’à la place du silence, pensée pour mettre en valeur les bourdons doux des instrumentistes en roue libre (les cymbales tournantes de Julien Loutelier), tout a concouru à édifier un petit monument, une tour de Babel. Quand on sait enfin que la chanteuse originelle du projet, Anne Marie Jean, a du être remplacée par Elise Dabrowski, et que cette dernière s’en est sortie admirablement, on peut élever la note à un sans-faute.

En face d’un tel sens de la mesure, d’autres propositions n’ont pas tenu la comparaison, convoquant un trop-plein de décibels (BDC La Belle) ou un non-sens manifeste, qui ont au moins eu pour mérite de provoquer débats, prises de positions (« mais si ! c’est du jazz… »), enseignements et échanges. Question d’équilibre.


JPEG - 315.3 ko
Excursion artistique en Pays Toy, 16 juillet © Michel Laborde

Les escapades musicales « Jazz en marche », permettant d’accéder à des concerts nichés dans des recoins verdoyants ou au sein d’édifices centenaires dans les reliefs, nous ont aussi fait prendre une respiration salutaire. Un duel de cordes frottées, entre Gaspar Claus (cello) et Pascal Niggenkemper (b) était proposé le vendredi matin. Ils n’y ont pas croisé le fer. Ils se sont, plus intelligemment, entrecroisés, jouant deux soli dans l’Église Saint-Jean-Baptiste de Sère et l’Église Saint-Nicolas d’Esquièze. Claus s’en est sorti avec les honneurs que conférait l’acoustique incroyable du lieu et son jeu complet, puisant à la fois dans un répertoire allant du classique – Bach évidemment, il aurait été dommage de nous en priver – aux musiques traditionnelles méridionales et peut-être même asiatiques – nous serons quelques-uns à le noter. Quarante-cinq minutes d’ouverture, d’un éventail de techniques de jeu maîtrisées, que le violoncelliste relativisera ensuite avec modestie, concédant qu’il n’y avait « pas beaucoup à faire pour faire beaucoup d’effet ». Certes. Mais la magie ne se commande pas et nous avons senti qu’elle aussi, comme un frisson, s’était engouffrée le temps du concert entre ces murs érigés là depuis huit siècles. Pascal Niggenkemper a cherché notre attention avec plus de résistance, sans doute, de la part de l’acoustique du lieu mais aussi parce que son jeu, rehaussé d’objets et basé sur une technique plus percussive, moins mélodique, aurait bénéficié d’une plus grande témérité. Leur retrouvailles, le temps d’un duo sous les arbres, a été un salut touchant.


JPEG - 339.5 ko
Antonin-Tri Hoang © Michel Laborde

C’est l’un des derniers rendez-vous perchés, dans l’église de Sazos, qui nous a offert le meilleur solo de l’année. Sans lier sa réussite au fait remarquable que le soleil de midi s’est mis à éclairer l’allée centrale en passant exactement dans l’œil-de-bœuf au moment où Antonin-Tri Hoang a commencé à jouer, j’y ai vu une exquise introduction. Le saxophoniste collaborateur de Benoît Delbecq et Eve Risser, vu au sein de l’ONJ époque Daniel Yvinec, de l’Umlaut Big Band et, le soir précédent, de l’Ensemble Aum, a fait sensation. Après un quart d’heure de mise en place, le temps de repérer les prises et le parcours, l’ascension a commencé. D’abord une déflagration, un jeu ponctué d’explosions marquant le temps, instaurant l’attente, la métrique, puis les matières se sont agrégées. Elles ont planté le décor, la pierre, l’eau (un goutte-à-goutte de notes aiguës). On a entendu bruisser des ailes qui se sont tues après quelques coups de gâchette sur le saxophone. Le public adhère, suit l’impromptu. Personne ne devine quelle image va suivre dans les prochaines minutes, quel tracé va naître. Deux forces de proposition sont à la manœuvre, comme dissociées : le saxophone alto et le musicien qui observe jaillir les sons sortant de là comme d’une fontaine. Pas ou peu de lyrisme dans cette prestation, mais un pointillisme dont toutes les oreilles se sont délectées. Le sens des sons, la quête du sens et l’envie de justesse : c’est ça, l’art du tri. Il a fait éloigner de nos pensées les troubles et les fauteurs, le désordre. Antonin-Tri Hoang s’est synchronisé avec notre besoin d’avancer vers quelque chose qui ressemble à de l’espoir. Rien que pour ça, ça valait la peine d’aller voir les cimes.

Le festival s’est refermé sur une fête. C’est dans ces instants que l’on voit battre le cœur de l’évènement. Après la prestation vitaminée des franco-colombiens PIXVAE et le stage diving du percussionniste Jaime Salazar, on a retrouvé les voûtes de la Maison de la Vallée. La dernière nuit des rois a été confiée à un quatuor disco-funk français, dont la mission simple se résumait en trois mots : saturday night fever . Aussi jazz que leur leader et clavier Cyprien Steck a été sobre, The Fat Badgers et leur basse endiablée ont entraîné les festivaliers dans une transe parfois impertinente, finalement bienvenue.


JPEG - 307.7 ko
PIXVAE © Michel Laborde

Sans tomber dans l’aveuglement angélique (à quelques pas de là, Lourdes a déjà son lot d’envahisseurs), on peut voir, dans les forces vives que ce festival réunit chaque année depuis un quart de siècle, un paratonnerre. La preuve qu’un militantisme sain et ciblé, à défaut d’une logique de masse, est la seule arme qui vaille contre les va-t-en-guerre du tout commercial. Ses pourfendeurs peuvent fièrement relever le col – bleu – jusqu’à l’année prochaine. Nous les saluons.