le 11 juillet 2006 MARCUS MILLER remplace bobby byrd (annulé)
MARCUS MILLER / PUNK FUNK ALL STARS (feat. joseph bowie, james blood ulmer, vernon reid, melvin gibbs, ronald shannon jackson) / ELECTRO DELUXE
Marcus Miller :
Qu’il se lance dans la composition ou dans la production, qu’il préfère exercer ses incroyables talents de musicien en studio ou bien sur scène, Marcus Miller affiche depuis plus de 25 ans une réussite insolente.
« Mister groove » Miller (né à Brooklyn en 1959) découvre le be-bop en écoutant les disques où son cousin (le pianiste Wynton Kelly) accompagne Miles Davis. Il découvre les séances des studios new-yorkais en travaillant avec Aretha Franklin, Roberta Flack, Elton John, Luther Vandross... En 1979, Marcus rencontre le saxophoniste David Sanborn. plus tard, c’est Miles Davis lui-même qui l’invite. Marcus Miller compose et produit l’album « Tutu » de Miles, dernier grand succès du trompettiste en 1986. Dix ans plus tard, son propre opus « Tales » montre un Marcus miller plus funky et plus efficace encore, réinventant le paysage global de la Black Music.
« M2 » (paru en 2001) récolte un Grammy Awards. Miller et son porkpie hat légendaire parcourent alors le monde, citant Prince, Hendrix ou Stevie Wonder comme Mingus ou Miles, claquant ses cordes et démontant les genoux de tous les funkateers de la planète.
1. Présentation de « Jazz à Vienne » 2006 au Méridien à Paris le 10 mai 2006
Conférence de presse
Après une introduction musicale par le saxophoniste Max Pinto, Jean-Paul Boutellier présente l’édition 2006 de Jazz à Vienne, festival soutenu par des nombreux sponsors.
Le système Rezzo, qui a désigné Max Pinto comme lauréat en 2005, continuera à proposer des actions culturelles telle que la formation musicale de 6000 enfants au Théâtre Antique avec Didier Lockwood.
La Verrière, une nouvelle scène de Jazz à Vienne, abritera les concerts des deuxièmes parties de soirée, à 23h30. Verrière et Club de Minuit proposeront des musique plus expérimentales, pour accueillir la nouvelle génération du public jazz.
Jazz à Vienne 2006
Jean-Paul Boutellier, assisté de Vincent Rival, ont présenté l’édition 2006 avec images et extraits musicaux à l’appui :
2. Le programme dans les grandes lignes
Jeudi 29 juin
Théâtre Antique : Sonny Rollins
Club de minuit : Tremplin Sax
Verrière : Beat Assailant
Samedi 1er juillet - BLUES Real Folk Blues Sessions
Théâtre Antique : Music Maker Foundation
Club de minuit : Keith B. Brown
Verrière : Electro Deluxe
Dimanche 2 juillet - GOSPEL
19h30 - Théâtre Antique : The Golden Gate Quartet, New Spirit
Lundi 3 juillet :
Théâtre Antique : Dianna Reeves, Benny Golson : « We Remember Clifford »
Club de minuit : Max Pinto Quartet
Le ReZZo A vif avec a’brass
Mardi 4 juillet : BRESIL
Théâtre Antique : Gilberto Gil, Joyce E Grupo
Club de minuit : Daniel Huck Quintet
Verrière : Think of One « Trafico »
Mercredi 5 juillet :
Théatre Antique : Carla Bley Big band, Belmondo/Yusef Lateef : « Influence »
Club de minuit : Cholet/Känzig/Papaux featuring Charlie Mariano
Verrière : Dum Dum
Jeudi 6 juillet :
Théâtre Antique : George Benson, Bettye Lavette
Club de minuit : Lionel Loueke invite Jean Toussaint
Verrière : Plaster
Vendredi 7 juillet :
Théâtre Antique : Trio Beyond : Scofield/DeJohnette/Goldings, John Zorn « Acoustic Masada »
Club de minuit : Steve Tyrell
Verrière : Gutbucket
Samedi 8 juillet :
Théâtre Antique : Lincoln Center Jazz Orchestra featuring Wynton Marsalis, Rhoda Scott Trio feat. Ricky Ford
Club de minuit : Pierre Christophe Trio : « Byard By Us »
Verrière : Etienne Mbappé
Dimanche 9 juillet : LOUSIANE CONNEXION
19h30, Théâtre Antique : The Neville Brothers, Charmaine Neville
Lundi 10 juillet :
Théâtre Antique : Joe Zawinul & WDR Big Band Köln : « Night Passage », Sixun « fête ses 20ans en tournée »
Club de minuit : Stéphane Huchard Quartet
Verrière : Nils Petter Molvaer
Mardi 11 juillet : FUNK
Théâtre Antique : The Punk Funk All Stars (Ulmer/Reid/Bowie/Jackson/Gibbs), Bobby Byrd, Electro Deluxe
Club de minuit : Bunky Green Quartet feat Jason Moran, Tarus Mateen, Nasheet Waits
Verrière : Eivind Aarset Trio
Mercredi 12 juillet :
Théâtre Antique : Afro Cuban All Star, lead Juan de Marcos Gonzalez
Club de minuit : Eric Legnini Trio
Verrière : Dhafer Youssel 4tet
Jeudi 13 juillet : All NIGHT LOUISIANE
Théâtre Antique : Willy DeVille Trio, Dr. John & The Lower 911, Eddie Bo, Sjuwana Byers and the Children of God, Lillian Boutté & The Gigolos « Soul & Swing from New Orleans ».
Photos : X/D.R.
Jeudi 29 juin - Théâtre antique - 10h
Création jeune public
Didier Lockwood
“Passeport pour un violon”
Line up : Didier Lockwood (vln), David Enhco (tp), Thomas Enhco (p, vln), Zacharie Abraham (b), Nicolas Charlier (dms).
Collaboration Vienne Action Culturelle, Communauté d’Agglomération du Pays Viennois, Club Jazz Entreprises et service scolaire de la Ville de Vienne.
Pour la troisième année consécutive, les enfants ouvrent le festival. Tous les enfants des écoles primaires de Vienne et de la Communauté d’Agglomération du Pays Viennois sont invités à venir découvrir gratuitement une création jeune public au Théâtre Antique.
Cette année, Didier Lockwood accueillera les enfants pour un voyage autour du monde à travers la musique et son instrument, le violon.
Accompagné de quatre jeunes musiciens du groupe Enhco & Co, Didier Lockwood conduira les enfants en Inde, dans les pays de l’Est et d’Afrique du Nord en passant par l’Irlande, l’Orient ou encore le Far West. C’est avec son violon comme seul passeport que Didier Lockwood nous fera traverser les frontières.
Didier Lockwood s’est depuis longtemps passionné pour l’enseignement. Il s’investit dans différentes actions pour promouvoir la pratique artistique auprès des jeunes générations.
Afin de transmettre sa passion, il ouvre le Centre des Musiques Didier Lockwood et initie ces jeunes aussi bien aux musiques classiques qu’aux musiques improvisées ou traditionnelles. Parallèlement à ce projet, le violoniste a exposé, dans un ouvrage pédagogique Cordes et âmes (Salabert), son approche technique et philosophique du violon.
Didier Lockwood a fêté récemment ses trente ans de carrière, avec la sortie de l’album Globe-trotter qui retrace ses voyages et ses rencontres ; le spectacle « le Jazz et la Diva » avec Caroline Casadeus et Dimitri Naiditch et le projet « Waltz Club » qui rassemble les instruments du jazz à la française et rend hommage à la valse.
Avec une trentaine d’albums à son actif, Didier Lockwood a joué avec les plus grands. Il est aujourd’hui l’un des violonistes les plus reconnus.
Renseignements : Vincent Rival - 04 74 78 87 87
Bureau de production : 21, rues des Célestes - 38 200 Vienne www.didierlockwood.com
3. PROGRAMMATION DETAILLEE
Jeudi 29 juin - Théâtre antique - 20h30
Sonny Rollins
Sonny Rollins (ts), Clifton Anderson (tb), Bobby Broom (g), Bob Cranshaw (b), Kimati Dinizulu (perc), Victor Lewis (dms).
22 juillet 2005, Antibes-Juan-les-Pins. Le maestro du saxo arrive alors de New York et va sur ses 75 ans. Il donne ce soir-là son unique concert de l’année en Europe. Sonny Rollins paraît encore assombri par le traumatisme du 11 septembre 2001. “Ce jour-là, j’étais dans mon appartement, au 40e étage, à six blocs du World Trade Center. J’ai entendu un jet hurlant passant très bas... Puis Whâoum !”.
Depuis, Rollins ne vit plus à Manhattan, mais dans une petite ville au nord de New York, Germantown. “Je ne sors pas, je ne joue pas au golf, je ne vais pas aux concerts. Je pratique mon yoga en reclus... J’ai envie d’être seul. Je ne vois plus d’intérêt à faire ce que font les autres ”. Encore moins depuis qu’il a perdu (en novembre 2004) Lucille, son épouse, sa muse et conseillère de plus de trente ans. Désormais, le seul compagnon de l’artiste blanchi sous le harnais est cet instrument aux ors mats, ce sax usé d’avoir tant bourlingué, d’avoir connu tant d’éruptions sous les doigts du Colosse.
Mais le vieux rebelle qui composa “The Freedom Suite” en 58, brûlant manifeste pour les droits civiques, n’a rien perdu de son esprit contestataire. Même s’il a mis une dose de spiritualité orientale dans son jazz, Sonny Rollins fulmine toujours ! Rollins a fait couler des tonnes de lave et déverser des cascades d’eau fraîche ; il a aussi réchauffé son souffle tellurique au soleil de St Thomas et au calypso. Depuis les incontournables “Saxophone Colossus” (1956) ou “The Bridge” (qui marque son premier retour, en 1962), son aura n’a jamais cessé de briller, notamment en scène. Le Colosse revient donc au Théâtre antique, pour la quatrième fois seulement en 26 éditions (son dernier passage date de 99). “ En scène, je suis saisi par une énergie qui vient d’ailleurs, je ne pense plus à rien, ça va trop vite”.
Welcome back, Mr Rollins !www.sonnyrollins.com
Club de Minuit - 23h30
Tremplin Sax
Luigi Grasso (s), Christian Weidner (s), Gabor Bolla (s), Maxime Pinto (s), Antonin Hoang (s).
Et le Quartet Michael Cheret : Michael Cheret (s), Pasquale Grasso (g), Mathias Allamane (b), Philippe Soirat (dms).
Cette initiative soutenue par la maison Vandoren emmène sur les routes un impressionnant panel d’espoirs européens. Cinq jeunes saxophonistes virtuoses venus des quatre coins du continent s’y expriment avec le soutien du quartet de Michael Cheret.
Saxophoniste (alto et soprano) issu du CNSM de Paris, Michael Cheret réalise en 2002 un premier album (“Music inside Music”) qui réunit notamment Benjamin Hénocq, Diego Imbert et le contrebassiste Riccardo Del Fra. Cheret anime depuis 2004, en trio, la Vandojam (une jam session régulière) du Sunset à Paris. Il enregistre son deuxième opus, “Serious Things”, en 2005.
Pour ce Tremplin Sax qui nous visite, le Calaisien frotte son anche à celle de cinq autres soufflants. Parmi ceux-ci, on remarque Max Pinto, brillant vainqueur à Vienne l’année dernière du tremplin national du RéZZo. À 26 ans, Pinto se donne un max ! Le sax de Max propulse un son brut, profond, où transpirent l’héritage des anciens (Coltrane, Shorter) et la vigueur des nouveaux (Sanchez, Redman).
Il y a également là Luigi Grasso (alto et ténor), 20 ans, prodige italien qui peut déjà revendiquer deux albums sous son nom. Il y a encore le saxophoniste allemand (il est né à Hambourg en 1976) Christian Weidner, un élève de Charlie Mariano. Enfin, Gabor Bolla a tout juste 18 ans, et il vient de Hongrie. Antonin-Tri Hoang (17 ans) est issu du CNSM et des stages de Marciac.
La Verrière
Beat Assailant
Adam Turner (voc lead), Yuanist Woods (voc), Janice Leca (voc), Thibault Renard (tp), Maxime Pinto (s, fl), Bertrand Luzignant (tb), Maxime Lebidois (g, talkbox, samples), Nicolas Guegen (kb, fender rhodes), Gate Sidibe (b), Stanislas Augris (dms, samples).
Beat Assailant, alias “B.A”, s’affirme depuis octobre 2005 comme une étoile montante du rap, un numéro gagnant dans le métissage des genres...
On avait déjà remarqué ce “tchatcheur” originaire d’Atlanta en Géorgie en tant que guest sur le projet Nu Tropic, aux côtés de Mounam. B.A vient de faire paraître un premier album (“Hard Twelve” - Wagram Electronic - 2005) pour lequel son producteur parisien Maxime (alias “Danny Wild”, par ailleurs musicien bien connu du côté des labels Jazzanova, Warp ou Dreyfuss Jazz, et co-fondateur de Twin Fizz Records à Paname) a convoqué pas moins de dix instrumentistes et choristes faits de chair et d’os. “Hard Twelve”, un titre qui représente à la fois un lancer de dés gagnant au craps et son nombre de titres, est un album d’une richesse remarquable. Pour ce premier manifeste, B.A et Dany Wild mélangent savamment la culture hip hop du MC, le jeu des musiciens de jazz et des arrangements de pure electro. Le répertoire met en valeur le “flow” (débit, diction) impeccable et nerveux de B.A, ses textes engagés sur les violences urbaines et ses chroniques fleuries sur les “mic battles” (combats d’improvisations) de sa Georgie natale. Issu à la fois d’une école d’arts du spectacle (la North’s Atlanta High School) et de la scène underground du hip hop d’Atlanta, B.A a déjà travaillé avec Sol Messiah (Zulu Nation), Danger Mouse ou Tim & Ted (La Face Records) avant d’enregistrer cet opus joueur à Paris. www.beatassailant.com
Vendredi 30 juin - Théâtre antique - 21h
Création en version concert d’un opéra jazz “La Tectonique des nuages”
Création en version concert de l’opéra-jazz de Laurent Cugny d’après la pièce de José Rivera
Musique : Laurent Cugny
Livret : François Rancillac
Textes chantés : Yann-Gaël Poncet
D’après « Cloud Tectonics » de José Rivera (USA), traduction française d’Isabelle Famchon (Editions Théâtrales)
David Linx : Anibal de la Luna - Laïka Fatien : Celestina del Sol - Yann-Gaël Poncet : Nelson de la Luna
Laurent Cugny (p, lead), Thomas Savy (cl, s, fl), Airelle Besson (tp, bugle), Pierre-Olivier Govin (s,), Denis Leloup (tb), Frédéric Favarel (g), Lionel Suarez (acc), Frédéric Monino (b), Eric Karcher (cor).
En attendant sa prochaine réalisation scénique, Jazz à Vienne nous convie aujourd’hui à découvrir en version concert la création de “La Tectonique des Nuages”, un opéra-jazz tout à fait original. Heureuses et trop rares retrouvailles du jazz et d’un livret (on se souvient de la création de Carmen Jazz, en 93) portées par trois chanteurs de haute volée (David Linx, Laïka Fatien et Yann-Gaël Poncet), ce spectacle incarne la passion de Laurent Cugny pour la voix et l’orchestre (voir son passage mémorable à la tête de l’ONJ).
La version concert devrait ravir les amateurs d’un jazz européen contemporain, résolument sensible. À la recherche d’un livret, François Rancillac (le co-directeur de La Comédie de Saint-Etienne qui mettra en scène l’opéra dans sa version finale) et Laurent Cugny sont tombés amoureux de la pièce “Cloud Tectonics” du dramaturge latino-américain José Rivera (auteur d’une bonne dizaine de pièces et scénariste des “Carnets de Voyage”, le film de Walter Salles sur la jeunesse de Che Guevara). L’œuvre de Rivera se présente à la fois comme un conte fantastique et une histoire d’amour entre un humain à priori banal et une fée hors temps.
Sur toile de fond apocalyptique, alors que le ciel déluge et que la terre menace de trembler sous Los Angeles, Anibal de la Luna (David Linx) prend en stop une jeune fille enceinte jusqu’au cou et trempée jusqu’à l’os : Celestina del Sol (Laïka Fatien). Celestina est belle comme le jour, mais passablement bizarre... À peine a-t-elle franchi le seuil de la maison d’Anibal que toutes les horloges s’arrêtent ! L’entrée de Celestina dans le modeste logis, c’est l’irruption du fantastique dans la vie de cet “homme sans qualité”. Emporté par la vitalité, la sensualité et le mystère de Celestina, Anibal réapprendra peu à peu à chanter, à passer des mots à la musique. Cette nuit d’amour (qui durera deux ans !) entre un homme et une nymphe, c’est aussi la rencontre de la musique, du jazz et du théâtre... www.comedie-de-saint-etienne.fr
Administration Luzeronde productions / Catherine Hubin
Coproduction Vienne Action Culturelle / La Comédie de Saint-Etienne, avec le concours de la Fondation BNP/Paribas, du ministère de la Culture et de la Communication (commande d’État) et de la DRAC Rhône-Alpes.
Club de Minuit - 23h30
René Urtreger Quintet invite Michel Hausser
René Urtreger (p), Hervé Meschinet (fl, s), Fabien Mary (tp), Michel Hausser (vib), Yves Torchinsky (b) Eric Dervieux (dms).
À 72 ans, René Urtreger est un monument du jazz. Appelé vers 1955 par les révolutionnaires du bop (Kenny Clarke, Dizzy Gillespie...), compagnon de route du « Prez », Lester Young, de Chet Baker, mais aussi de Dexter Gordon ou Johnny Griffin, il est l’un des partenaires historiques de Miles Davis dès 1956 (pour la légendaire BO du film “Ascenseur pour l’Échafaud”).
En 1960, il obtient le prix Django Reinhardt pour le disque du trio HUM (Humair, Urtreger, Michelot). Au cours des années quatre-vingt, il se produit régulièrement avec Gillespie, Getz ou Konitz. Depuis le troisième volet de l’aventure parcimonieuse de HUM (un album tous les vingt ans !), il joue aujourd’hui en solo, en trio, ou bien encore au sein de ce brillant quintette qui nous visite.
Urtreger expose là ses pièces mélodiques toujours tendues par un swing élégant. Le Parisien s’inscrit naturellement dans la tradition des pianistes bop. En live, Bud Powell ou John Lewis revivent parfois, fugitivement, sous ses doigts. Douce et étrange familiarité qui convie souvent la nostalgie.
L’alsacien Michel Hausser demeure le meilleur vibraphoniste français de bop. Soliste hors pair, alter ego hexagonal de l’immense Milt Jackson, il a joué et enregistré avec rien moins que Sarah Vaughan, Quincy Jones, Stéphane Grappelli ou Don Byas... Il est aussi réputé pour être le créateur dès les années 50 du fameux jazz club de la Rive Gauche, le “Chat qui Pêche”. Hausser, également d’une élégance insolente, est un autre de ces “grands messieurs” du jazz hexagonal.
La Verrière - 23h30
Marlango
Leonor Watling (voc), Oscar Ybarra (tp), Huma (g), Alejandro Pelayo (p).
Le projet Marlango prend naissance fin 1998, à Madrid, lorsque la chanteuse Leonor Watling (plutôt connue à cette époque comme comédienne dans les films de Pedro Almodovar) et le pianiste Alejandro Pelayo enregistrent une première démo. Presque quatre ans plus tard, alors que le trompettiste Oscar Ybarra débarque en provenance de New-York, il entend la maquette du duo. Il tombe sous le charme, à la fois de la voix (et pas seulement ! Regardez donc la photo...) suave et du registre folk rock de Leonor. Il intègre illico le groupe qui prend le nom de Marlango en hommage à la Suzie Marlango de Tom Waits.
Un premier opus paraît en 2004. Entre l’intensité en veilleuse d’une Patti Smith post 70’s et un timbre chaud de Lolita latine, la voix de Leonor Watling habite des chansons parfumées tour à tour à la pop, à la country, au jazz, ou même à la bossa nova. Le « son » Marlango exsude un musc plutôt indéfinissable, mais néanmoins entêtant. Le deuxième album (“Automatic Imperfection”) paraît en 2005. Le trio s’y oriente cette fois vers un pop rock assombri, digne de figurer sur la bande-son d’un film fêlé de David Lynch ou Hal Hartley.
www.marlango.c
Samedi 1er juillet - Théâtre antique
Music Maker Foundation
Albert White (g, voc), Pura Fé Crescioni (g, voc), Adolphus Bell (g, voc, harm), Tim Duffy (g), Eddie Tigner (p, voc), Sol (b), Ardie Dean (dms).
Au début des années 1990, les Duffy (Tim et sa femme Denise) créent la “Nonprofit Music Maker Relief Foundation” pour soutenir de vieux bluesmen du Sud confrontés à la précarité. Durant ces quinze dernières années, cette MMRF a aidé près d’une centaine de musiciens.
Music Maker est par ailleurs un label qui recherche et enregistre (tout en apportant son aide à travers la fondation) les derniers représentants du blues originel. Tim Duffy (le boss) souhaite ainsi préserver une partie du patrimoine culturel de son pays, tout en prouvant que le blues est plus que jamais vivant. Car dans le superbe double album-compilation paru il y a quelques mois (“Music Maker”, chez Dixiefrog), il mêle à ses vétérans magnifiques (le légendaire et défunt Guitar Gabriel, George Higgs, la fabuleuse Cora Mae Bryant...) quelques représentants plus juvéniles. Une indienne à bottleneck (Pura Fe’s, de la nation Tuscarora...), un whitney electro (le tout jeune Sol, qui propose un blues hypnotique monté sur boucles et samples rouillés) et une poignée de rednecks progressistes (l’épatant slide guitariste Mudcat, le fascinant bluegrasser Virginien Carl Rutheford)... Le panorama révèle une vitalité inespérée.
Dans ce Music Maker tour émouvant, chaque artiste est un roman, une mémoire du Blues à lui tout seul. www.musicmaker.org
Real Folk Blues Sessions
Kenny Blues Boss Wayne (voc, p), Lurrie Bell (voc, g), Zac Harmon (voc, g), Russel Jackson (b, voc), Willie Hayes (dms).
Cette réunion de cinq fortes personnalités du blues contemporain, possédant chacune son identité et sa propre carrière, a pour intention initiale de rendre hommage aux légendes du folk blues. Muddy Waters, Elmore James ou Memphis Slim dans le rétroviseur, ces cinq as US portent l’héritage du blues profond (deep) à la manière, toujours salement électrique, du XXe siècle. Trois figures de proue se détachent de ce véritable all stars. Kenny « Blues Boss » Wayne est un formidable pianiste (ex-chef d’orchestre de Joe Louis Walker) nourri par Amos Milburn ou Charles Brown. Il chante d’une voix papier de verre (gros grain) un répertoire volontiers inspiré du rhythm’n’blues des années 40 et 50. Zac Harmon est originaire du quartier de Farish Street à Jackson, Mississippi. Un creuset qui révéla notamment l’immense Elmore James. Chanteur, guitariste et organiste formé à l’église du bloc, Harmon démarre sa carrière derrière ZZ Hill. On le retrouve plus tard dans les studios de Los Angeles, musicien de session, puis producteur et compositeur multicarte. Fils du chanteur et harmoniciste Carey Bell, cousin d’Eddie Clearwater, l’excellent Lurrie Bell a de qui tenir. À jamais marqué par Eddie Taylor, Lurrie Bell demeure pendant cinq ans le guitariste et chef d’orchestre du Koko Taylor Band. Vingt-cinq albums et des centaines de concerts plus tard, Lurrie Bell est devenu l’un des bluesmen les plus électrisants (et les plus imprévisibles) de Windy City. www.kennybluesboss.com
Club de Minuit - 23h30
Keith B. Brown
Keith B. Brown (voc, g), Cadijo (harm), Bernard Viguié (b).
Le guitariste et chanteur Keith B. Brown est originaire de Memphis. Découvert en 1995 par le musicologue et producteur David Evans, il effectue en solo sa première tournée française dès l’année suivante. On découvre alors un bluesman acoustique au style traditionnel, sombre et direct, doté d’une voix puissante. Solide, le jeu du guitariste sudiste mêle habilement le picking et le slide. Son répertoire laisse encore, à cette époque, une large place aux thèmes immortels de Skip James, Son House, Furry Lewis ou Robert Johnson. Le premier album de Keith B. Brown (produit en France) paraît en 1997. Il illustre le socle du style de Brown et cette période sous l’influence des grands créateurs du Delta blues. Fin 1999, le natif du Tennessee met le cap sur la Floride, à West Palm Beach, où il est engagé comme resident dans un club local, le Bamboo Room. Il y joue toujours 4 soirs par semaine. Installé en Floride, il travaille avec George R. Davis (auteur et producteur du classique d’Aaron Neville “Tell It Like It Is”) à la production de son second album, entièrement constitué de titres originaux. Keith B. Brown peut certes imiter à la perfection la voix haute et sensuelle de Skip James... Mais ce sont leurs similitudes physiques qui ont conduit Wim Wenders à choisir Keith Brown pour incarner le légendaire créateur de “Hard Times Killing Floor Blues” à l’écran, dans le film The Soul of A Man (diffusé au Théâtre antique lors de l’édition 2004 de Jazz à Vienne). www.keithbbrown.net
La Verrière - 23h30
Electro Deluxe
Irène (voc), Jean-François Baud (tp), Thomas Fort (s), Gaël Cadoux (kb), Jérémie Coke (b), Arnaud Rénaville (dms).
Avec cette brillante formation, qui a déjà sidéré le public présent à La Verrière lors de l’édition 2005 de Jazz à Vienne, l’Hexagone tient là (avec Booster, Wise, Sayag Jazz Machine...) l’une des rares formations electro jazz totalement convaincante. “Notre approche diffère de la plupart des projets electro jazz qui sont généralement initiés par des jazzmen se frottant aux nouvelles technologies. Nos compositions ne sont pas du jazz à proprement parler, mais une pure fusion entre electro, funk et hip hop” précise Thomas Faure (sax et programmation). La musique hybride de ce quartet formé en 2001 se voit adoubée en 2005 par les participations lumineuses à leur premier album (“Stardown” - Such/Naïve -) de quelques parrains tels Didier Lockwood, Flavio Boltro, Philippe Selam ou l’excellent Guillaume Poncelet (les cuivres de NoJazz). Treize musiciens invités se croisent au total dans cet album luxuriant, empli de tourneries jungle, traversé par un implacable piano Fender Rhodes (Gaël Cadoux) et les loopings cuivrés des solistes. Electro, certes, mais de luxe. Comme du Herbie Hancock cru 95 passé à la moulinette drum’n’bass. http://www.electrodeluxe.com
Dimanche 2 juillet - Théâtre antique
Gospel
10h30 : célébration Gospel en la cathédrale Saint-Maurice avec New Spirit en collaboration avec l’association Cathédrale Vivante
The Golden Gate Quartet
Frank Davis (1er ténor), Clyde Wright (2nd ténor), Paul Brembly (baryton), Daniel Pines (p), Anthony Gordon (basse), Joël Rocher (b), Pascal Riou (dms).
L’expérience du Golden Gate Quartet est unique. Ce groupe légendaire célébrait sept décennies d’existence en 2004 ! Clyde Wright, manager et mémoire vivante du groupe, demeure le point d’encrage dans la longue histoire du quartette. “J’appartiens au groupe depuis 54. Je contribue d’une certaine manière à maintenir l’âme du G.G.Q” déclare-t-il. Le Golden Gate Jubilee Quartet est né à Norfolk (Virginie) en 1934. Il est alors dirigé par le chanteur basse Orlandus Wilson.
Avec l’a capella, il révolutionne l’univers du gospel, mais aussi la société de l’époque. En 1939, ils sont engagés au Café Society de New York, le premier club à pratiquer l’intégration raciale. Rebaptisé Golden Gate Quartet, le groupe exporte le gospel et les spirituals dans le monde entier à raison de quelque 200 concerts par an ! Il finit par s’installer définitivement à Paris en 1959. La flamme du Golden Gate ne s’éteint pas, elle se transmet au fil des multiples changements de chanteurs. Le style du Golden Gate tient d’abord à ses chanteurs à voix profondes, à des arrangements très écrits et à une constante influence des negro spirituals traditionnels. Il se caractérise également par l’influence technique des profanes Mills Brothers. Clyde Wright : “Les jeunes vont prendre la relève, comme cela a toujours été le cas depuis la naissance du groupe. S’ils pérennisent “l’esprit” du groupe, tout en lui apportant leur originalité, ce groupe peut exister pour l’éternité !”.
New Spirit
Carol Frazier (directrice, p, contralto), Nneka Best (soprano), Gabrielle Hurt (soprano), Mélanie Nelson (soprano), Louise Flemming (mezzo), Chiquita Green (mezzo), Joy Anderson (alto), Alicia Robey (dms, alto), Deveron Patterson (org).
Fondé en 1999 par Carol Frazier, pianiste et chanteuse d’exception, New Spirit réunit huit jeunes chanteuses et musiciennes pour un répertoire de gospels et de spirituals authentiques et contemporains. Carol Frazier, qui fit longtemps partie des légendaires Stars of Faith, chante et accompagne l’ensemble avec plénitude et profondeur. Son jeu intègre à la musique religieuse traditionnelle des éléments de jazz et de blues. Exclusivement féminin, basé à Philadelphie (l’un des hauts lieux du gospel aux USA), le groupe visite pour la première fois l’Europe en 2005.
Leur album “Glory, Glory Hallelujah” (Ebony Gospel records - 2004) démarre par le standard “We are Climbing Jacob’s Ladder”, véritable introduction au groupe dans laquelle se succèdent les solistes. Il y a d’abord Carol Frazier et sa voix grave, puis la fougueuse Joy Anderson, et enfin Louise Flemming et Nneka Best, plus véhémentes encore. New Spirit y donne aussi, a cappella, une version assez renversante de l’insubmersible “Joshua Fit the Battle of Jericho”.
Cinéma
“Cabin in the Sky” (“Un Petit Coin aux Cieux”)
1943 (USA) en version originale
Musical / Fantastique - 1h38 - Metro-Goldwyn-Mayer (MGM)
Réalisation : Vincente Minnelli - (et Busby Berkeley, séquence “Shine” -non crédité-)
Avec : Ethel Waters (Petunia Jackson), Eddie ’Rochester’ Anderson (Joseph ’Little Joe’ Jackson), Lena Horne (Georgia Brown), Louis Armstrong (le trompettiste).
Adaptation d’un succès de Broadway, “Un Petit Coin aux Cieux” est le premier film dirigé par Vincente Minnelli. Le jeune réalisateur met alors en scène une comédie musicale entièrement tournée avec des acteurs noirs. Il signe là un film fin et drôle, dénué de toute connotation raciste. L’histoire évolue au rythme des musiques enjouées de Harold Arlen et Vernon Duke ponctuées de séquences de pur bonheur où Louis Armstrong, Duke Ellington et Cab Calloway s’en donnent à cœur joie ! Chanteuse de jazz et actrice (surnommée « la tigresse » à cause de sa silhouette féline), Lena Horne apparaît dans de nombreuses comédies musicales de la MGM, mais elle n’aura jamais de premier rôle du fait de sa couleur de peau. La seule exception notable est ce “Cabin in the Sky” où elle joue le rôle de Georgia Brown. Dans ce film empli de swing et de fraîcheur apparaissent donc, outre Lena Horne, Ethel Waters, Louis Armstrong, Rex Ingram, Kenneth Spencer, Duke Ellington et Cab Calloway !
Lundi 3 juillet - Théâtre antique - 20h30
Benny Golson “We remember Clifford”
Benny Golson (s), Eddie Henderson (tp), t.b.a. (tp), Mike LeDonne (p), Buster Williams (b), Al Foster (dms).
Depuis l’âge de 14 ans, cela fait six décennies que Benny Golson souffle dans un saxo ! Adolescent, son apprentissage se fait lors de jam sessions sur la Columbus avenue de Philadelphie, aux côtés des Philly Joe Jones, Tadd Dameron (“L’homme qui influencera le plus ma créativité”) et autre John Coltrane. Pour ce Pennsylvanien (il est né à Philadelphie en 1929) le premier grand succès arrive en 1955 avec sa composition “Blue walk”. Cette même année, il enregistre “Stablemates” aux côtés de Miles Davis.
En 1957, à la mort tragique de son ami le trompettiste Clifford Brown, il compose le fameux “I remember Clifford”. De Golson, on retient ses participations au big band de Dizzy Gillespie (jusqu’en 58), puis aux Jazz Messengers d’Art Blakey (dont il fut le directeur musical dès 58), ou bien encore au Jazztet co-fondé avec Art Farmer. Mais l’apport le plus remarquable de ce musicien américain se situe sans doute dans une incroyable série de compositions pour la plupart devenues des standards. “Killer Joe”, “Along came Betty”, “Blues March”, “Whisper Not”, “Stablemates”, “I remember Clifford”...
À 77 ans, Benny (oui, oui !) semble aujourd’hui avoir mangé du cheval. Mais pas de la vache enragée. Depuis une vingtaine d’années en effet, Golson a su utiliser ses talents en studio, et dans des circuits plus confortables que ceux du jazz. On le remarque ainsi aux côtés de Diana Ross, Sammy Davis Jr ou feu Lou Rawls. Le répertoire impressionnant écrit par Golson comprend aussi ses participations aux B.O de nombreux films et séries TV.
Clifford Brown (1930 / 1956)
Brown, trompettiste génial dont la carrière météorique (entre 49 et 56, il n’enregistre pas moins de 25 albums !) croise celle du jeune Benny Golson. Brown dont le talent fulgurant s’épanouit notamment aux côtés de Art Blakey, Zoot Sims, Max Roach ou Sonny Rollins. Brown né sous une mauvaise étoile automobile (un premier accident de voiture en 1950) et dont on célèbre cette année le cinquantenaire de la disparition lors de son deuxième accident de la route, en juin 56, à l’âge de 25 ans. www.bennygolson.com
Dianne Reeves
Dianne Reeves (voc), Peter Martin (p), Reuben Rogers (cb), Gregory Hutchinson (dms).
Dianne l’enchanteresse revient décocher ses flèches au Théâtre antique. En juillet 1997, lorsque Dianne Reeves participe pour la première fois au Festival Jazz à Vienne, elle est encore peu connue en Europe. Mais Miss Reeves (née en 1956 à Détroit) est déjà une star aux Etats-Unis. Première chanteuse à être signée par le label Blue Note en 1987, une série d’albums très éclectiques vont dès lors propulser la chanteuse au firmament du jazz vocal. Dianne Reeves y est entourée de prestigieux musiciens, véritables mentors de celle que beaucoup considèrent alors comme la future “grande” du jazz. Il y a là, parmi d’autres, Duke Ellington, Sergio Mendes, Gene Harris, Harry Belafonte, James Moody, Herbie Hancock, George Duke (le cousin de Dianne)... Et bien sûr Clark Terry. C’est en effet le légendaire trompettiste qui, le premier, découvrait la toute jeune Dianne au lycée. En 1994, l’album “Quiet After the Storm” se voit récompensé par un Grammy Award. L’excellent “Live au New Morning”, trois ans plus tard, reste l’un des sommets de sa discographie. Tout ne serait pas bouclé pour la chanteuse du Michigan sans un album hommage à son idole, Sarah Vaughan. Elle enregistre donc “The Calling : celebrating Sarah Vaughan”. www.diannereeves.com
Club de Minuit - 23h30
Max Pinto Quartet - Lauréat du RéZZo 2005
Max Pinto (ts, fl), Ludovic Allainmat (p), Yoni Zelnik (b), David Georgelet (dms)
Max Pinto, brillant vainqueur à Vienne l’année dernière du tremplin national du Rezzo, est un saxophoniste parisien à peine âgé de 26 ans. Pinto (que l’on doit également entendre à La Verrière le 29 juin, au sein de Beat Assailant) demeure très présent sur la scène parisienne, tant au sax ténor qu’à l’alto, au soprano, au baryton ou à la flûte ! Particulièrement à l’aise dans tous les styles (jazz, latin, funk ou hip-hop), il est régulièrement à l’affiche des plus belles salles (Duc des Lombards, Petit Journal Montparnasse, Baiser Salé, Sunset...). Pinto s’y donne un max. Le sax de Max propulse un son brut, profond, où transpirent l’héritage des anciens (Coltrane, Shorter) et la vigueur des nouveaux (Sanchez, Marsalis, Redman), un jeu ensoleillé aux couleurs volontiers latines (il fréquente d’ailleurs assidûment la scène latino de Paname). Ce jeune Pinto fougueux peut revendiquer un cursus au cours duquel il a déjà joué aux côtés de Franck Lacy, Simon Goubert, Benjamin Henocq, Ray De La Paz, John Betsch, Azuquita, Sarah Morrow, Guem, Wayne Dockery... Et dans les big band de Sylvain Beuf ou Franck Lacy ! C’est finalement Franck Lacy qui définit le mieux ce sax parisien en pleine ascension : “Pinto ? He’s mad... Max !”. www.maxpinto.blogspot.com
A vif ! Avec A’brass - Prix spécial du jury du RéZZo 2005
Cédric Coupez (s), Jerry Edwards (tb), Lionel Rivière (tuben), Antoine Neyens (saxhorn), Xavier Denis (saxhorn, tuba), Stéphane Kregar (sousaphone), Simon Postel (dms).
Lorsque vous évoquez ce brass band groovy, vous ne dites plus Abracadabrass comme lors de sa création en 1997, mais désormais A’brass. Quatre tubas, saxo et batterie, c’est le noyau de base de ce gang picard auquel s’ajoutent au fil des ans le violon, les percussions, le trombone, la clarinette... À’brass évolue joyeusement dans un univers où jazz, funk, rock et musiques du monde dansent ensemble le boogaloo. “Dès le départ, nous voulions sortir des sentiers battus en rassemblant des instruments plutôt rares, voir inutilisés”, précise Lionel Rivière, tubeniste et corniste, membre fondateur de ce sextet original. Tuben (un cuivre allemand de la famille des cors), tuba, sousaphone, sahorn basse... De fait, l’artillerie des Compiégnois se révèle un savant mélange de tuyauteries antiques et harmonieuses. Ils la mettent avec brio au service de leurs compositions ondulatoires et festives, ce que démontre leur deuxième album, “À vif !”, enregistré live voici trois ans. A’brass revient donc en fanfare (et sans trompette) au festival après avoir remporté un Prix Spécial du Jury au cours du tremplin RéZZo 2005. www.abrass.org
Mardi 4 juillet - Théâtre antique - 20h30
Brésil
Gilberto Gil
Gilberto Gil (voc, g), Sergio Chiavazzoli (g), Claudio Andrade (kb), Arthur Maia (b), Gustavo Di Dalva (perc), Jorge Gomes (dms)
Le ministre tout juste nommé était là, sur la scène du Théâtre antique, en 2003. Il revient donc, pour représenter le Brésil cette année. Élevé dans un petit village de la région de Bahia, Gilberto Passos Gil Moreira s’éprend très tôt de la musique de Joao Gilberto. Il forme son premier groupe dès la fin des années 50. Dans le début des années 60, Gilberto Gil enregistre ses premières chansons et rencontre d’autres artistes de sa génération : Caetano Veloso, Maria Bethania, Tom Zé ou Gal Costa. Avec eux, il fonde le mouvement culturel “tropicaliste” qui associe les traditions cariocas, la bossa nova, les lamentos du Nordeste, le rock et le rhythm’n’blues.
Porté par une jeunesse affamée de liberté dans un Brésil sous dictature militaire, “Tropicalia” (le premier manifeste enregistré du tropicalisme) remporte un succès phénoménal et fait trembler les militaires. Gilberto Gil et Caetano Veloso, chassés par le régime totalitaire, s’exilent à Londres en 1969. Gil y reste trois ans. À son retour, le chanteur n’a de cesse d’ouvrir ses horizons musicaux et de diffuser ses manifestes mélodieux contre toute forme de racisme et d’oppression. Il devient l’un des représentants majeurs de la musique brésilienne dans le monde. Il mélange bientôt (au début des années 80) la musique brésilienne et ce reggae jamaïcain découvert lors de son exil londonien. Après un premier passage à la vie politique de 1988 à 1992 en tant que conseiller municipal de Salvador, Gilberto Gil est nommé (en 2003) par le président Lula ministre de la Culture du premier gouvernement de gauche du Brésil. Artiste complet, Gilberto Gil a bâti son succès sur un charisme solaire, sur son talent et son éclectisme musical, et sur ses textes engagés. www.gilbertogil.com.br
Joyce E Grupo
Joyce (voc, g), Nailor Proveta (s, clar), Rodolf Stroeter (b), Tutty Moreno (dms)
Joyce est l’une des figures les plus respectées de la culture carioca. Elle est à la fois l’auteur et compositeur d’une série de chansons inoubliables, véritables standards du répertoire brésilien (“Feminina”, “Mistérios”), et une guitariste bossa nova redoutable. Chanteuse au timbre soyeux et aux accents jazzys, journaliste, écrivain et poétesse féministe, cette fille d’Ipanema (là) possède sa place au panthéon do Brasil. Émule de l’incontournable Elis Regina (elle lui a consacré un album, “Astronauta - Songs of Elis”, en 98), Joyce entre dès 1967 dans le cœur de ses compatriotes. En particulier dans celui des femmes, avec une chanson libre et controversée, “Me Disseram”.
Vulgaire et immorale pour les uns, féministe et courageuse pour les autres, Joyce devient tout à coup une icône, un symbole. Cette même année paraît son premier album éponyme (“Joyce”). La chanteuse y mêle ses propres compositions à celles de jeunes auteurs compositeurs alors tout aussi débutants qu’elle : Paulinho da Viola, Marcos Valle, Caetano Veloso, Toninho Horta & Ronaldo Bastos... Le disque fait un tabac auprès de la jeunesse frustrée de Rio. C’est le début d’une carrière emblématique. La musique de Joyce fut (re)découverte dès 93 par la scène electro et les Djs londoniens, qui populariseront les classiques de la diva carioca (“Femina”, “Baracumba”, “Ogum”...) sur tous les dancefloors de la planète. www.joyce-brasil.com
Club de Minuit - 23h30
Daniel Huck Quintet
Daniel Huck (as), Jon Boutellier (ts), Olivier Truchot (org hammond), Karim Addadi (g), Charles Clayette (dms).
Tornade de fougue et de volubilité, saxophoniste au swing naturel, bopper hors pair, risque-tout du scat, diable de showman à l’humour pétillant et à la folie mal dissimulée derrière une allure bonhomme, Daniel Huck ne saurait laisser indifférent. Capable d’évoquer aussi bien le slap primitif de Stump Evans que le cri d’un Albert Ayler, ce musicien né à Paname en 1948 revendique clairement l’héritage de Coleman Hawkins et de Charlie Parker, l’influence de Satchmo et Benny Carter. Catalyseur de projets et showman reconnu, Huck le sax est un chanteur épatant, capable de revisiter Cab Calloway en improvisant un sabir à décrocher les maxillaires. Il est, de plus, l’un des quelques Jazzmen vraiment experts en l’histoire du Jazz. En 1981, il fonde Slapscat, formation vocale largement inspirée du croustillant répertoire de Slim Gaillard. Il a notamment collaboré avec Eddy Louiss, et il est aujourd’hui l’invité “dynamite” d’une multitude de formations. Il croise cette fois le fer au Club de Minuit avec un gang réuni par l’intrépide pianiste Olivier Truchot. Prix Sidney Bechet de l’Académie du Jazz en 1982, Prix Django Reinhardt de la même Académie en 1997... La discographie de Huck, ce géant hexagonal, s’étend sur plus de 100 albums. Huck, un sacré costaud !
La Verrière - 23h30
Think of One “Tráfico”
David Bovée (voc, g, kb), Dona Cila (voc), Bart Maris (tp), Eric Morel (s), Tobe Wouters (tu), Tomas De Smet (b, kb), Chris Nolasco (perc, voc), Ganga Pitanga (perc, voc), Carranca (perc), Roel Poriau (dms, perc).
Nouveaux chouchous du label Crammed Discs, le groupe Think Of One est originaire d’Anvers. Excentriques et hyper actifs, les six musiciens qui composent le groupe partent régulièrement pour des destinations lointaines afin d’y collaborer avec des musiciens Marocains, Brésiliens, Congolais ou Inuits. Ces rencontres génèrent de nouveaux objets musicaux joyeux et festifs. Récompensé par un BBC Award for World Music, T.O.O. figure parmi les rares groupes qui mettent réellement en pratique l’idée de “transculturalisme”. Le magazine britannique Roots décrit le sextet comme “un mélange de cuivres tonitruants, d’énergie punk, de basses funky et d’expérimentations jazzy fondu à des rythmes et des chants de la planète entière...”. De fait, il se dégage de cette fusion-là de fortes influences tsiganes, mais aussi des parfums d’épices jamaïcaines, africaines ou brésiliennes. “Tráfico”, leur premier album, a été justement enregistré à Recife (Brésil). Imprégnée de rythmes nordestins (côco, maracatu, forró), la musique de ces gens du Nord y est parsemée de claviers aux sons improbables, de curieux échanges vocaux luso-flamands et de tranches de vies murmurées en dialecte anversois, le tout sur de remarquables arrangements de jazz exécutés par un quasi-big band. Étrange fiesta garantie ! www.thinkofone.be
Mercredi 5 juillet - Théâtre antique - 20h30
Carla Bley Big Band
Carla Bley (p), Andy Shepard (ss, ts), Wolfang Puschnig (s, fl), Roger Jannotta (as, ss), Christophe Panzani (s), Julian Arguelles (s), Lew Soloff (tp), Michael Rodriguez (tp), Earl Gardner (tp), Ernie Hammes (tp), Giampaolo Casati (tp), Gary Valente (tb), Gigi Grata (tb), Guiseppe Clamosca (tb), Richard Henry (tb), Karen Mantler (org), Steve Swallow (b), Bill Drummond (dms).
La californienne Carla Bley (née Carla Borg, en 1938 à Oakland), pianiste et compositrice, figure incontournable des années 70 largement identifiée à son opéra jazz “The Escalator Over the Hill” (1971), revient donc envoûter en bande le Théâtre antique.
Milieu des années 50, à New-York. Carla a alors 17 ans. Précoce, elle vend des cigarettes au Birdland. Elle y rencontre le pianiste Paul Bley avec lequel elle se marie en 1957. Il l’encourage à composer. Paul joue ses thèmes, mais aussi Jimmy Giuffre, George Russell ou Art Farmer. Divorcée, elle rencontre bientôt Michael Mantler. Carla et Michael dirigent ensemble le fameux Jazz Composers’ Orchestra. Elle travaille avec Robert Wyatt, puis avec Nick Mason (batteur de Pink Floyd). Elle écrit “A Genuine Tong Funeral” pour Gary Burton. Elle joue en duo avec l’élastique bassiste Steve Swallow sur “Duets” en 88, puis “Go Together” en 92. Casquée de blond, puis de blanc, madame Carla a ainsi enregistré quelque 25 opus depuis “Escalator Over the Hill” (écrit en collaboration avec Paul Haines). Entre un album sous son nom seul, un autre avec son Big Band (deux enregistrements seulement depuis 96), Carla Bley compose et écrit aujourd’hui des arrangements pour le Charlie Haden’s Liberation Music Orchestra (en 2005, sur l’album “Not In Our Name”). À la tête de ce bel outil d’une vingtaine d’âmes qui nous rend visite, cette ex passionaria de l’avant-garde 70’s demeure la muse de bien des musiciens contemporains. www.wattxtrawatt.com
Belmondo / Yusef Lateef : “Influence”
Yusef Lateef (ts, ob, fl, ethnic fl), Lionel Belmondo (ts, ss, fl), Stéphane Belmondo (bugle, coquillage), Laurent Fickelson (p), Bastien Stil (tu, tb), François Christin (cor), Philippe Gaulthier (fl), Jérôme Voisin (bcl, clar), Julien Hardy (ba), Hervé Lenoble (ob), Bernard Burgun (cor anglais), Sylvain Romano (b), Dre Pallemaerts (dms).
Avec “Hymne au Soleil”, en 2003, les Belmondo ont fait l’unanimité en France, suscitant tous les éloges, raflant tous les prix (retenons les Victoires du Jazz 2004 et 2005). Sous l’étendard Belmondo, on trouve donc Lionel, le saxophoniste et arrangeur. On trouve aussi Stéphane le trompettiste, le voyageur. Méditerranéens de cœur, parisiens d’adoption, voilà une quinzaine d’années que les deux frères se sont passionnément voués à l’illustration du hard bop comme vérité du jazz. Pour cela, ils ont relevé (notamment dans la première moitié des années 90) tous les défis de ce style, jusqu’à y exceller (dans le Belmondo big band comme en quintette)... Et recevoir même les compliments d’Horace Silver en personne ! Lionel Belmondo a bientôt l’idée d’augmenter le Quintet de six instrumentistes venus du classique. Ils “habitent” alors quelques œuvres composées par Lili Boulanger, Maurice Duruflé, Ravel ou Fauré.
Cette alliance prend désormais une nouvelle dimension avec le renfort prestigieux de Yusef Lateef. Lateef qui, aux côtés de Dizzy Gillespie, Charles Mingus ou Cannonball Adderley, fut l’un des héros du hard bop avant de l’étendre jusqu’aux dimensions d’une “world music” cosmique. Souffleur aventureux depuis les années 50, Yusef Lateef se laisse désormais porter par un courant classique. Dans ce nouveau voyage, les frères Belmondo se font à la fois guides et disciples. “Pour moi, Yusef Lateef est un père spirituel, un maître” déclare Lionel. www.yuseflateef.com
Club de Minuit - 23h30
Cholet-Känzig-Papaux Trio invite Charlie Mariano
Jean-Christophe Cholet (p), Charlie Mariano (ass, ss), Heiri Känzig (b), Marcel Papaux (dms)
Le Cholet-Känzig-Papaux Trio naît en février 2002, au théâtre d’Auxerre, à l’occasion de la résidence d’artiste du pianiste Jean-Christophe Cholet. Le trio se démarque par sa volonté de réinventer son univers à chaque représentation. Jean-Christophe Cholet (F) a étudié le jazz auprès de Bill Dobbins, Kenny Barron et Kenny Werner. Compositeur et arrangeur reconnu, il écrit pour la danse, le cirque, le théâtre ou la musique symphonique. On le voit côtoyer Wolfgang Puschnig, Louis Sclavis, Michel Portal ou Paolo Fresu. Le bassiste suisse Heiri Känzig est membre du Vienna Art Orchestra depuis 15 ans. Il a travaillé avec Jack Bruce, Richard Galliano, l’ONJ ou John Scofield... On peut l’entendre donner du rebond à pas moins de 80 albums ! Marcel Papaux, batteur fribourgeois, forme avec Känzig la rythmique helvète la plus sollicitée du moment. La complicité du trio avec le légendaire saxophoniste (alto et soprano) Charlie Mariano démarre en 2003. À ses débuts, Charlie Mariano est un artiste dans la pure lignée de Charlie Parker, avec une sonorité très feutrée, un phrasé véloce. À plus de 80 ans, ce saxophoniste charismatique garde une fraîcheur incomparable, un jeu méditatif où le choix des notes a pris une importance capitale. Nous avons (aurions) pu l’écouter avec Charlie Mingus, Elvin Jones, Hank Jones ou Bud Powell... Le voici donc avec les orfèvres franco-suisses ! www.jeanchristophecholet.com
La Verrière - 23h30
Dum Dum
Felix J. (voc), Gilles Coronado (g, effects), Artaud (b, kb, effects), Regis Ceccarelli (dms, effects).
Dum Dum, c’est d’abord un polar de Félix Jousserand, mis aujourd’hui en musique par Vincent Artaud (et illustré par Thierry Guitard pour l’album paru en 2005 sur B-Flat Recordings & Discograph). Une sorte de petit opéra bien sombre avec filles perdues et anti-héros, avec des zones industrielles désertes et de l’étrange... Le projet scénique est à découvrir comme un « livre dont vous seriez le héros ». Les six musiciens (dont deux chanteurs) y présentent un collage de chroniques et de flashes narratifs. Charge au spectateur-auditeur d’inventer sa propre trame. Dum Dum jongle là avec les conventions du livre, du polar, en les restituant dans une problématique musicale. L’interprétation est à l’avenant, mêlant le parler chanté, le rap a capella et la lecture pure. Les basses sont lourdes, l’atmosphère interlope... Issu du jazz, Vincent Artaud (contrebassiste primé aux Victoires du Jazz, membre du Ilium Quintet de Pierre de Bethmann ou du “Fire & Forget” de Julien Lourau...) a élargi le champ de son savoir à la tradition classique. Son goût pour la musique répétitive et une collaboration avec Zend Avesta l’ont également poussé à exploiter les possibilités de l’électronique. Dum Dum, “ovni” musico-littéraire plutôt inédit actuellement en rotation sur France Inter, était (au printemps) en concert dans le cadre du Festival du film Policier de Cognac. Un tabac. www.dumdumboys.net
Jeudi 6 juillet - Théâtre antique - 20h30
George Benson
George Benson (g, voc), Michael O’Neill (g, voc), Thom Hall (kb), Stanley Banks (b), Oscar Seaton (dms).
George Benson, guitariste et chanteur de génie, a tout joué : du jazz, du R&B, de la soul, de la pop. Depuis son premier album en 1964, il a porté avec élégance de nombreuses casquettes. Les puristes du jazz les plus austères l’ont boudé à la charnière des années 80, dès que le guitariste s’est mis à chanter d’une voix soul imparable ses tubes planétaires, “Give Me the Night” ou “On Broadway”. Avant cela, certains de ses albums instrumentaux (et notamment le multi platiné “Breezin’” paru en 1976) se sont déjà vendus à des millions d’exemplaires. L’incroyable succès populaire de Benson a même favorisé l’apparition d’un nouveau format de radio jazz aux Etats-Unis, le NAC (New Adult Contemporary).
À la fois, donc, légende de la guitare hard bop et superstar du R&B ou de la pop, l’imprévisible Benson (63 ans aujourd’hui) peut dès lors collaborer avec des artistes aussi différents que Herbie Hancock ou Stevie Wonder. Au-delà des genres, sa véritable passion demeure la guitare. Des étoiles brillent dans les yeux de Benson lorsqu’il évoque quelques-uns de ses héros. Charlie Christian, Django Reinhardt (“sa technique inspire tout guitariste”), Biréli Lagrène (“il a l’instinct d’un félin... Mais quand va-t-on jouer ensemble ?”), Wes Montgomery ( “il a été mon mentor”). Depuis que le grand public a découvert sa voix de miel et son sourire de tombeur soul, George Benson se ballade avec huit Grammy awards dans la poche intérieure de son smoking de soie sauvage. L’album live qui vient de paraître (enregistré il y a six ans lors d’une tournée en Irlande) semble démontrer que le charmeur Benson n’a rien perdu, ni de son lyrisme, ni de son groove époustouflants. www.georgebenson.com
Bettye Lavette
Bettye Lavette (voc), Alan Hill (kb), Bill Farris (g), Patrick Prouty (b), Darryl Pierce (dms).
L’année dernière, Bettye Lavette, légende de la soul à la soixantaine rageuse, faisait un grand retour avec le crépusculaire « I’ve Got my Own Hell to Raise » (Anti Records). Sur cet album inespéré, encensé avec une belle unanimité par la critique, la soul diva blessée par une vie et une carrière à dépressions a choisi de ne chanter que des chansons de femmes fortes et engagées : Joan Armatrading, Sinead O Connor ou Lucinda Williams. Produit au cordeau par Joe Henry, ce retour discographique met les pendules à l’heure : Tina fait de la pop, sa cadette Bettye fait toujours de la soul.
Bettye Lavette est née dans le Michigan à la fin des années 40. Elle grandit à Detroit. Elle enregistre à l’âge de 16 ans « My Man (he’s a lovin man) » pour Atlantic et enchaîne quelques simples pour les labels Calla, Karen, Atco ou Epic. Au début des années 70, elle enregistre l’album « Child of the 70’s » pour Atco/Atlantic. Le disque ne verra jamais le jour. “Le type qui a pris cette décision de ne pas publier mon album doit aujourd’hui vendre des voitures d’occasion...” lâche-t-elle, amère. Le collectionneur et spécialiste de la “black music” Gilles Pétard a miraculeusement retrouvé les bandes. Publiés sous le titre « Souvenirs - The complete Atlantic/Atco recordings » (Art&Soul / Mélodie), ces huit singles et une douzaine de titres enregistrés en 72 permettent le meilleur des flashbacks sur la première partie de carrière de la grande dame qui nous visite cette année.
Dotée d’une voix cassée, rauque, façon Tina Turner, d’un timbre patiné par la douleur, la colère et le temps, Miss Bettye demeure plus que jamais envoûtante. Dans cette gorge là, même les chansons d’amour prennent une allure tragique.
www.bettyelavette.com
Club de Minuit - 23h30
Lionel Loueke invite Jean Toussaint
Lionel Loueke (g), Jean Toussaint (s)
“Il y a du vaudou dans les envoûtements rythmiques et mélodiques de la guitare du Béninois, de la magie blanche dans sa voix. Avec “In a Trance”, son premier album (guitare solo !) paru fin 2005, Lionel Loueke réussit un disque aux contours infinis” - Jacques Denis - (Vibrations, février 2006).
Lionel Loueke est en passe de devenir une étoile de la musique. À 20 ans, il se convertit au jazz en écoutant Wes Montgomery ou George Benson... sans abandonner l’Afrique de l’Ouest qui vit sous ses doigts, qui pulse naturellement en lui ! Riche d’effets, parée de pédales, cette guitare laisse pantois, passant de l’accompagnement d’une mélodie d’enfance chantée avec le miel du griot aux explorations barbelées les plus free. Le Béninois vit à New York, et quelques majors lui font les yeux doux depuis qu’il a été repéré (et embauché) par Herbie Hancock, Wayne Shorter, Terence Blanchard ou Sting. Loueke l’Africain laisse entrevoir qu’il a écouté Derek Bailey autant que le blues, Jim Hall comme James Blood Ulmer. Il donne à la guitare un souffle percussif, un flux imparable zébré de surprises et d’épines sonores.
Le saxophoniste Jean Toussaint est engagé à l’âge de 24 ans par Art Blakey. Il reste quatre années chez les Jazz Messengers et travaille ensuite avec McCoy Tyner, Gil Evans ou Wynton Marsalis. Il y a dix ans, il s’installe à Londres et tourne avec Max Roach, Cedar Walton ou Horace Silver. Fortement influencé par Coltrane et Shorter, Toussaint possède un son d’une ampleur impressionnante et un jeu d’une rare élégance (dernier album : « Blue Black »). www.lionelloueke.com
La Verrière - 23h30
Plaster
Alex McMahon (kb, lap-top, effects), François Plante (b, table tournante, lap-top, effects), Jean-Philippe Goncalves (dms, lap-top, effects).
Relativement neufs dans la filière des musiques electro organique (la formation naît en 2001), voici les Canadiens Plaster, de Montréal. Héritiers de la famille jazzoïde des (électriques) Medeski, Martin & Wood, d’Amon Tobin, de Herbalizer, de JazzaNova, Jaggajazzists et autres Cinematic Orchestra, ces trois instrumentistes notoires de la scène québécoise (aux deux tiers issus de l’école de musique de Drummondville, puis du groupe Afrodizz) enregistrent un premier album (“First Aid Kit”) en 2005. La même année, le trio se voit plébiscité par le Festival de Jazz de Montréal pour la deuxième année consécutive. Plus récemment, c’est la diva du hip hop et de la nu soul Lauryn Hill (ex-Fugees) qui fait appel à Plaster en studio. À l’instar des performances multimédias des Français de Sayag Jazz Machine, l’univers musical déjà passablement “cinématographique” de Plaster se double, en scène, de projections et d’effets visuels impressionnants. Sur fond de drum’n’bass urgente, l’homme, ses claviers, sa basse et ses percussions, la matière plastique, l’acier et le bois (plus le plâtre -plaster- !) se mêlent intimement aux samplers, aux filtres et aux multi effets. Le chaud cocktail de la Belle Province se déguste cul sec ; pour réchauffer d’abord, puis pour étourdir. www.plasterband.com
Vendredi 7 juillet - Théâtre antique - 20h30
Trio Beyond : John Scofield / Jack DeJohnette / Larry Goldings
John Scofield (g), Larry Goldings (org), Jack DeJohnette (perc, dms).
John Scofield, l’un des maîtres de la guitare contemporaine depuis trois bonnes décennies, débarquait en France voici quelques semaines avec le déjà fameux projet “That’s what I say”. Sur l’album éponyme paru en juin dernier, Scofield célébrait l’héritage soul de l’une de ses idoles : Ray Charles.
C’est avec le Trio Beyond, un tout autre (et rare) projet, qu’il visite l’Europe en ce mois de juillet. Le répertoire de ce trio Beyond, formé à l’initiative du légendaire batteur Jack DeJohnette et avec la complicité du pianiste et organiste Larry Goldings (déjà omniprésent sur l’album “That’s what I say”) est à rapprocher de celui qui les réunit déjà, depuis un concert californien de novembre 2004, sous la bannière du Celebrating Tony Williams group (CTW). Ce CTW dont DeJohnette nous promettait pour bientôt, il y a deux ans déjà, un enregistrement. Le Trio Beyond se présente donc plus comme un prolongement freak out de ce CTW que comme un dérivé du John Scofield Trio (avec Steve Swallow et Bill Stewart). Vous me suivez bien, jusqu’ici ?... Et encore, je ne vous parle même pas du John Scofield Überjam Band réactivé dernièrement ! Natif de l’Ohio (en 1951), Scofield possède un jeu résolument out, avec une sonorité atypique faite de saturation et de réverbérations, comme passé au travers d’un Leslie d’orgue Hammond. Quel que soit le contexte, les phrasés de “Sco” conservent toujours une rare élégance. www.johnscofield.com - www.jackdejohnette.com - www.larrygoldings.com
John Zorn Acoustic Masada
John Zorn (as), Dave Douglas (tp), Greg Cohen (b), Joey Baron (dms).
Saxophoniste, compositeur, arrangeur et producteur new-yorkais, John Zorn demeure l’un des créateurs de musique(s) les plus surprenants de ces deux dernières décennies. Souvent catalogué parmi les marginaux de la planète jazz, parfois ignoré par les milieux les plus académiques, ce musicien emblématique de l’avant-garde new-yorkaise construit une œuvre colossale.
Les explorations de Zorn vont de la musique symphonique (The Bribe) à la musique de films (Filmworks I à VII), en passant par le rock happening et une sorte de “post-free” cataclysmique (la bien nommée expérience Painkiller menée au milieu des années 1990 avec Bill Laswell). Son propre label (Tzadik Records) peut être considéré comme l’un des carrefours musicaux de la planète, à l’image de la mégapole où il est installé : New York. Tzadik et toute l’œuvre de Zorn se présentent avant tout comme des laboratoires. Dans ces creusets se télescopent un maelström d’influences et d’inventions. Là, les expérimentations les plus folles prennent corps comme aux meilleurs moments de la Factory d’Andy Warhol.
Dans la foulée de son cinquantième anniversaire célébré l’an dernier en une série d’albums live, cet explorateur ramène aujourd’hui son galion du côté de Masada. Ce quartette avant-gardiste, héritier par bien des aspects de celui d’Ornette Coleman, plane en auto combustion, à des années-lumière de toute médiocrité.
Club de Minuit - 23h30
Steve Tyrell
Avec une brillante carrière bâtie sur quatre décennies en tant que chanteur, compositeur (on lui doit le tube “How do you Talk to an Angel”) et producteur, le Texan Steve Tyrell (il débute à Houston à l’âge de 16 ans) illustre à merveille cette race de musiciens en voie de raréfaction : le crooner jazz traditionnel. Dans ce secteur de la musique populaire américaine entre grande variété, ballades et swing, ce songwriter et interprète à succès (dès les années 60, sous la houlette d’un Burt Bacharach débutant, et jusqu’à son récent album “A New Standard”), ce producteur expérimenté (il a, tout jeune, été formé dans le légendaire studio de Cosimo Matassa à la Nouvelle Orléans, puis il a produit le groupe Blood, Sweet & Tears à New-York) fait figure d’exception. Exception au milieu de cette 26e édition de Jazz à Vienne, assez peu vocale par ailleurs (côté jazz), et dans la production actuelle en général ! N’étaient les héritiers Harry Connick ou John Pizzareli junior, les récents Michael Bublé ou Peter Cincotti et quelques rockers reconvertis au jazz (Elvis Costello, Rod Stewart, Bryan Ferry, Brian Setzer dans le swing...), le chanteur de charme au registre jazz ne fait pas florès ces dernières années. À sa voix souple et canaille, légèrement éraillée, puissante, Steve Tyrell ajoute un solide sens de l’arrangement populaire, que ce soit pour ses propres thèmes ou sur des standards de Ray Noble, Irving Berlin ou Lady Day. Quoi de plus naturel, donc, pour ce crooner argenté (des tempes aux droits d’auteur) que de rendre aujourd’hui hommage au répertoire emblématique de the Voice, Franck Sinatra (album “Songs of Sinatra”). http://www.stevetyrell.com/
La Verrière - 23h30
Gutbucket
Ken Thomson (s), Ty Citerman (g), Eric Rockwin (b), Paul Chuffo (dms).
Le jazz aime la liberté. Ainsi Ornette Coleman, qui a brisé la plupart des contraintes liant le jazz à ses structures traditionnelles. Ainsi Miles Davis qui s’est emparé des sons de la rue et qui les a librement injectés dans le jazz pour créer la fusion. Faisons maintenant un bon de plus de trois décennies pour découvrir Gutbucket. Avec d’autres défricheurs new-yorkais tels Garage à Trois (avec le guitariste Charlie Hunter) ou Garaj Mahal, les furieux Gutbucket malaxent sans complexe l’improvisation, le free, le funk du ghetto, le heavy metal et plus encore (si affinités) en une fusion pour le XXIe siècle. Gutbucket, c’est un peu Ornette ou Miles tapant le bœuf avec Sonic Youth. Le guitariste et meneur du groupe, Ty Citerman, tricote une rythmique de funk teigneuse tandis que Paul Chuffos s’embarque, sur son kit batterie voyageur, vers des rythmes latins caliente. Entre deux déhanchements bien ronds, la basse fuzz évoque tout à coup le son des ongles sur l’ardoise... Le saxophoniste hurle alors à plein poumons dans sa tuyauterie Selmer. L’ensemble déboule sur un bon vieux rhythm’n’blues des années 50, avant de construire avec science la progression ternaire de “O.J Bin Ladi ” ou “Dance of the Demented Pigeon”, deux de leurs titres phares ! Mais s’ils peuvent être la Bête, les Gutbucket savent aussi, parfois, jouer la Belle le temps d’une dissonance amadouée. Gut, gut. http://www.gutweb.com
Samedi 8 juillet - Théâtre antique - 20h30
Lincoln Center Jazz Orchestra featuring Wynton Marsalis
À 42 ans, le trompettiste Wynton Marsalis, Prix Pulitzer de la musique 1997, chef d’orchestre, compositeur, pédagogue, directeur (du Lincoln Center) et businessman averti enchaîne les disques (40 albums en vingt ans), les tournées (120 concerts par an), les master classes, les récompenses (8 Grammy Awards ) et même, son Ipod Apple collé aux oreilles, les campagnes de pub planétaires. Il n’y a que deux musiciens au monde que l’on surnomme “ambassadeurs” du jazz : Louis Armstrong et son héritier, Wynton Marsalis. Tous deux viennent comme par hasard du berceau néo-orléanais. Les solos d’Armstrong naviguent désormais dans l’espace à bord de Voyager 2, et la statue de Marsalis se dresse sur une place du village de Marciac. Le monde du jazz américain considère régulièrement Marsalis comme son porte-parole. Le monarque du jazz (photographié il y a peu au côté de Kofi Annan à la Maison-Blanche) tente pourtant de conserver l’âme de ce gamin né à La Nouvelle-Orléans, de cet héritier d’une longue tradition culturelle et musicale. Son père, Ellis Marsalis, a été un grand musicien et un fameux pédagogue. Il a appris à ses fils que cette musique était un mélange de souvenirs sanglants, de bruits de chaînes, de champs de coton, de cantiques de rage et de désespoir, de parfum de riz créole et de haricots noirs servis sur un plateau de bois... Aujourd’hui, Wynton Marsalis considère toujours que le jazz demeure cet instrument de reconnaissance artistique et sociale, ce médium idéal pour une quête d’identité atavique. “Je veux que le jazz soit reconnu, et je me battrai chaque jour de ma vie pour le jouer, l’enseigner et le propager” déclare-t-il avec flamme. www.wyntonmarsalis.net - www.wyntonmarsalis.com
Rhoda Scott Trio featuring Ricky Ford
Rhoda Scott (org, voc), Ricky Ford (sax), Lucien Dobat (dms).
Née aux États-Unis, fille aînée d’un pasteur itinérant, l’organiste et chanteuse Rhoda Scott a grandi dans l’ambiance des communautés religieuses et des églises noires de la Côte Est. C’est là qu’elle acquiert le socle de son style instrumental et vocal. À 25 ans, elle sort de la Manhattan School of Music de New York, Grand Prix du Conservatoire avec mention spéciale du jury, plus une Maîtrise en poche. Une élève douée. Nous sommes en 1967. Elle s’envole pour l’Europe afin d’y terminer son cursus par l’étude du contrepoint et de l’harmonie chez Nadia Boulanger, à Fontainebleau. Elle se produit bientôt, presque par hasard, sur la scène du Midem de Cannes.
Dès lors, dans cette fin des années 60, la carrière internationale de Rhoda Scott explose. Devenue une “vedette” pour le grand public, Rhoda est accueillie dans le monde entier. Elle devient “The Barefoot Lady”, “l’Organiste aux pieds nus”... Plus de quarante albums aux productions versatiles plus tard (de “Rhoda Scott in New York” avec l’énorme Thad Jones / Mel Lewis Big Band, jusqu’à “Rhoda Scott, Orgues de Noël”), Rhoda Scott demeure une pionnière parmi les musiciennes de jazz en Europe, et une référence immédiate en matière d’orgue Hammond. Pour Jazz à Vienne cette année, Miss Scott retrouve l’impérial Ricky Ford au saxophone. Cette figure du sax n’en est pas là à sa première rencontre avec le double clavier de Rhoda, comme en témoigne notamment l’album live qui vient de paraître (“Very Saxy”, où figure également Huston Person).
Rhoda Scott est Chevalier des Arts et des Lettres.
On peut donc être à la fois princesse aux pieds nus et Chevalier. www.rhodascott.com
Etienne Mbappé - Talent Jazz Adami
Etienne Mbappé (voc, b).
La basse est l’instrument fétiche d’Etienne Mbappé. Entre ses mains immenses, elle caresse et mutine, elle groove, imparable, comme les hanches des danseuses de makossa. La musique du Camerounais, c’est une mélancolie africaine qui a son jazz à dire. Fondateur du groupe Ultra Marine (1986-1992), surprenant Quincy Jones lors des célébrations du Bicentenaire de la Révolution française, place de la Bastille, en 1989, diable de bassiste élastique enthousiasmant le public de Douala en compagnie de Richard Bona et Guy Nsangué, Étienne Mbappé est un musicien généreux et élégant.
Il offre aujourd’hui ses hommages au chantre Berbère Lounes Matoub (“Olo Iho”) et à Francis Bebey, le poète. Des musiques traditionnelles au jazz (avec l’ONJ), en passant par les variétés (avec Jonasz), Etienne Mbappé l’instrumentiste a tracé au fil des ans un parcours sous le signe de l’ouverture. Son premier album (“Misiya”) révèle un chanteur suave, naviguant avec goût aux frontières de la musique africaine, du groove et de la pop. Le bassiste et compositeur développe là cette pop ethnique pleine de fraîcheur par la grâce d’arrangements sophistiqués, inventifs. Barattant ses thèmes sur des rythmiques traditionnelles camerounaises (makossa, bolobo, sékélé) majoritaires, Mbappé chante en Douala et passe avec souplesse d’une ballade bleue (guitare et violoncelle) à de puissantes tourneries ternaires internationales (“Ee Tokem”).
Club de Minuit - 23h30
Pierre Christophe Trio : « Byard By Us »
Pierre Christophe (p), Raphaël Dever (b), Mourad Benhammou (dms).
Si, comme le disait Michael Brecker, la plupart des musiciens de jazz sont “sous-estimés”, que dire des disciples des grands sous-estimés ! Ainsi le pianiste Pierre Christophe, un émule du méconnu Jaki Byard. Né à Bourges en 1969, Christophe (oui, Pierre) a grandi à Aix-en-Provence. Pour ses quatorze ans, on lui offre le “Concert by the sea” d’Erroll Garner qui devient son disque fétiche. Pour ses dix-huit ans, on lui fait cette fois découvrir Sam Rivers (“Fuchsia Swing Song”). “J’ai voulu savoir qui était le pianiste fou de ce disque qui incorporait dans son jeu tous les éléments du jazz” se souvient Pierre (Christophe, exactement). Il s’agissait de Jaki Byard, et c’était de cette façon que le Français voulait jouer. “En 90, j’ai réussi à aller à New York pour étudier avec lui. Il était généreux et singulier. Pendant un an, nous n’avons travaillé que du stride. Pour lui, il était impensable de jouer du piano sans connaître cette histoire, il n’y avait pas de différence entre Earl Hines et Hancock...”.
De retour à Paris, Pierre Christophe entre dans le groupe de Xavier Richardeau. Puis il décide de lancer ce projet sur la musique de Byard qui lui avait confié pas mal de compositions inédites. “Quand il a été assassiné, cela a été un choc...” dit-il. Il forme un trio avec Clovis Nicolas (b) et Mourad Benhammou (dm), puis un quartet où l’on remarque le bassiste Daniel Yvinec. Il joue avec Michel Pastre et dans le big band de Gérard Badini. En Hollande, avec l’altiste Benjamin Herman, il enregistre enfin les compositions de Byard. www.pierrechristophepiano.com
La Verrière - 23h30
Etienne Mbappé - Talent Jazz Adami
Etienne Mbappé (voc, b).
Voir texte ci-dessus.
Dimanche 9 juillet - Théatre antique - 19h30
Louisiane Connexion
The Neville Brothers
Aaron Neville (voc), Art Neville (voc, org), Charles Neville (horns), Ivan Neville (kb, voc), Ian Neville (g), Cyril Neville (perc, voc), Makuni Fukuda (g), Nick Daniels (b), Willie Green (dms).
La famille Neville (d’origine martiniquaise) incarne depuis la fin des années 50 la culture de La Nouvelle-Orléans, formidable creuset musical où se sont toujours mêlés traditions américaines, épices caraïbes et rythmes cajuns, africains ou latins. Leur musicalité époustouflante, leur authenticité et leurs messages positifs notamment portés par le timbre surnaturel d’Aaron Neville ont provoqué l’admiration de leurs pairs.
Dès 1954, Art Neville (il n’a alors que 16 ans !) écrit un premier tube. Ce “Mardi Gras Mambo” deviendra l’hymne officiel des fameuses fêtes du Mardi gras à La Nouvelle-Orléans. À la tête des légendaires Hawketts, Art joue pour Little Richard, Allen Toussaint, Dr John... Charles (au saxophone) et Aaron Neville (dans les chœurs) le rejoignent souvent. Aaron Neville enregistre de sa voix d’ange un premier succès en 1960 (“Over You”). Fin 66, il décroche brusquement un tube mondial avec “Tell It Like It Is”. Frank Sinatra déclare alors : “ce Aaron Neville est le plus grand chanteur de la planète !”.
En 68, Art et Cyril Neville (aux congas) fondent les légendaires The Meters. Véritable chaînon manquant entre Booker T & the MG’s et les JB’s, les Meters sont alors l’une des formations les plus décisives de la funk music naissante. Enfin, la famille fonde les Neville Brothers en 77. Il faudra attendre 1989 et l’album “Yellow Moon”, magnifiquement produit par Daniel Lanois, pour que les Neville accèdent ensemble au statut de stars internationales. Paru fin 2004, le furieux album “Walkin in the Shadow of life” marque le grand retour des Neville “aux affaires” du funk pur et dur. Ce disque séduit immédiatement par son groove musclé, implacable. Puis, peu à peu, les harmonies de miel du clan de Valence Street soufflent leur brise vanillée... Du grand Art (Neville, bien sûr !)
http://66.70.148.219/
Charmaine Neville
Charmaine Neville (voc), Philippe Dourneau (s, fl), Amasa Miller (kb, p), Zac Cardarelli (b), Gérald French (dms).
Issue de la troisième génération des légendaires Neville (elle est la fille de Charles Neville, le saxophoniste), Charmaine s’est toujours battu pour imposer son style ouvert, son joyeux catalogue des courants divers (du jazz New-Orleans au funk, en passant par le mambo et le Mardi Gras...) circulant à La Nouvelle-Orléans. On remarque d’abord la chanteuse en tournée internationale au sein du bateau amiral des Neville Brothers, puis dans l’aventure The Survivors (en compagnie de Harry Connick Jr et Bobby McFerrin).
Charmaine collabore régulièrement aujourd’hui avec le saxophoniste Reggie Houston (ancien compagnon de route de Fats Domino). L’album le plus récent du Charmaine Neville Band est un enregistrement live (“Live in Brazil”, en 2005) qui illustre toute la vitalité et le métissage ensoleillé des musiques louisianaises.
Cette même année, Charmaine se retrouvait au centre de l’actualité, dans “l’œil du cyclone” à l’occasion du passage dévastateur de Katrina. Perdue, abandonnée, démunie au milieu des autres réfugiés des quartiers inondés, on a pu la voir, le visage crispé par la colère et l’incompréhension, témoignant en direct à la télévision américaine. La présence de Charmaine Neville, la rescapée, prend ici valeur de symbole. www.charmainenevilleband.com/
Cinéma : “Make it funky !”
Réalisation : Michael Murphy, 2005 (USA).
Avec : Aaron Neville, Keith Richards, Dirty Dozen Brass Band, Neville Brothers, Bonnie Raitt, Earl Palmer, George Porter Jr...
En version originale
Allen Toussaint, Aaron Neville, Big Sam’s Funky Nation, Bonnie Raitt, Keith Richards, The Dirty Dozen Brass Band, Earl Palmer, Funky Meters, George Porter Jr., Irma Thomas, Irvin Mayfield, Jon Cleary, Kermit Ruffins, Lloyd Price, “Big Chief” Monk Boudreaux, Eagle Mardi Gras Indias, Neville Brothers, Snooks Eaglin, le bluesman Walter “Wolfman” Washington... Cette affiche absolument hallucinante se retrouve miraculeusement matérialisée dans le film-document “Make it Funky !”. Un témoignage unique sur la scène de La Nouvelle-Orléans, dans lequel “s’éclate” littéralement le gotha de la scène louisianaise (augmentée de quelques admirateurs de longue date, comme Keith Richards). Le film démontre tout le groove imparable et le bonheur que peuvent apporter les musiques gumbo de Crescent City. Le document fait également prendre conscience de l’énorme influence de cette ville, de sa (ses) musique(s), de ses artistes et de son “esprit” (pur vaudou, pur funk, l’esprit... ) sur le cours de la musique populaire contemporaine.
Lundi 10 juillet - Théâtre antique - 20h30
Joe Zawinul & WDR Big Band Köln : “Night Passage”
Joe Zawinul (kb, lead), Linley Marthe (b), Alex Acuna (perc), Nathaniel Townsley (dms).
Wdr Big Band Koln : Heiner Wiberny (as), Karolina Strassmayer (as), Oliver Peters (ts), Paul Heller (ts), Jens Neufang (bs), Andy Haferer (tp), Rob Bruynen (tp), Klaus Osterloh (tp),tba (tp), John Marshall (tp), Ludwig Nuss (tb), Dave Horler (tb), Bernt Laukamp (tb), Mattis Cederberg (tb), Paul Shigihara (g).
Joe Zawinul est né à Vienne (non !?...), Autriche, en juillet 1932. Au début des années 50, il joue du piano dans différentes formations de jazz européennes. En 1959, il se présente à un concours international organisé par le magazine Down Beat et obtient une bourse d’études à la Berklee School. Zawinul émigre aux USA et rejoint le groupe du trompettiste Maynard Ferguson (où il rencontre Wayne Shorter, son futur complice). Il accompagne la chanteuse Dinah Washington jusqu’en 1961. On le retrouve bientôt au sein du quintette de Julian Cannonball Adderley dont il est, avec Nat Adderley, le compositeur principal, signant entre 67 et 70 au Fender Rhodes quelques “tubes” soul fameux (“Mercy, Mercy, Mercy”, “Walk Tall”). Dans cette même fin des années soixante, Miles Davis amorce un changement de style. Zawinul (déjà expert des claviers électriques, puis électroniques les plus élaborés du moment) participe dès 1968 à cinq albums décisifs de Miles Davis, dont « In a Silent Way » et « Bitches Brew » dont il compose les deux fameux thème titres. Au tout début des années 1970, Joe fonde avec Wayne Shorter et Miroslav Vitous le groupe Weather Report. Avec les albums “Black Market”, puis “Heavy Weather” (disque d’or en 77), tous deux marqués par l’arrivée du génial bassiste Jaco Pastorius, la musique flamboyante et universelle du groupe séduit un très large public. La belle épopée de Weather Report dure quinze ans, jusqu’en 1985.
À Vienne (mais oui, en France...), Joe nous propose cette année une relecture majoritairement acoustique de l’univers électrique du Bulletin Météorologique. Il est entouré pour cela du légendaire WDR Big Band de Cologne, la Rolls des grands orchestres européens. www.zawinulmusic.com/
SIXUN fête ses 20 ans en tournée
Alain Debiossat (s), Louis Winsberg (g), Jean-Pierre Como (kb), Michel Alibo (b), Stéphane Edouard (perc), Paco Sery (dms).
Pour célébrer l’évènement, le groupe phare du “jazz fusion” made in France remet donc le couvert. Sixun, ou la belle histoire de six musiciens, six virtuoses qui n’en font qu’un, si, si... Dans le milieu des années 80, ils ont contribué à réveiller le jazz français. En huit albums, leur son épicé, métissé et coloré a évolué sans heurt, naturellement, au gré des inspirations (plus ou moins) influentes de chacun des co-leaders, du jazz rock pur au jazz flamenco en passant par un afro groove aux limites du funk. C’est tout l’art de la fusion que de trouver les passerelles.
Après de longues années d’absence, “Sixun” revient donc. Sur scène tout d’abord (premier concert à La Cigale, à Paris, en octobre dernier), et en image également, puisque les heures chaudes du groupe viennent d’être compilées sur un DVD. On y retrouve les tambours furieux de Paco Sery (fabuleux cogneur ivoirien découvert par Eddy Louiss, proclamé “meilleur batteur du monde” par Wayne Shorter et Joe Zawinul qui ont tâté de son génie rythmique) et l’éclectisme du bassiste martiniquais Michel Alibo (Angélique Kidjo, Karim Ziad ou Mario Canonge). On redécouvre le saxophone du Charentais Alain Debiossat (largement identifié désormais à l’Orchestre National de Barbès), les accents méditerranéens de la guitare du Marseillais Louis Winsberg (qui a fondé le projet Jaléo, entre gitans andalous et volutes orientales), ainsi que les envolées lyriques du pianiste Jean-Pierre Como (Como-la-classe, en solo comme en trio...). Le nouveau petit génie des percussions dégoté par Paco Sery pour ce retour de flamme 2006 s’appelle Stéphane Edouard. www.futur-acoustic.com
Stéphane Huchard Quartet - Talent jazz Adami
Stéphane Huchard (dms, perc), Eric Legnini (fender rhodes), Alex Tassel (bugle), Jérôme Regard (b)
Contrairement à la rumeur, le Huchard n’est que peu sur le toit, mais souvent sur scène ou en studio. Batteur puissant et compositeur inventif, alternativement leader et sideman, Stéphane Huchard est reconnu par tous pour son immense maîtrise de l’instrument, mais aussi pour son ouverture d’esprit. Ces deux qualités lui permettent d’être à l’aise dans de nombreux contextes musicaux, sur d’innombrables disques et de multiples scènes à travers le monde... Et aussi dans pas mal de fauteuils et canapés ! Il est également connu pour ses canulars téléphoniques et son pot-au-feu grand-mère, même si cela ne concerne qu’une poignée d’intimes. Sa passion avouée pour le cinéma français des années Audiard, Ventura, Blier, traduit un caractère empli d’humour et de tendresse. Ce tonton flingueur de la percussion est donc un personnage. Forcément, cela s’entend dans sa musique.
Pour son dernier album (“Bouchabouches”, en 2005), sur lequel le batteur parisien s’est entouré d’Éric Legnini (piano, Fender Rhodes, Wurlitzer), Alexandre Tassel (bugle) et Laurent Vernerey (contrebasse), c’est dans le métro, dans le bruit des rames et le trafic des stations carrelées que ce fils de cheminot est allé puiser “de bouches en bouches” sa matière première et sonore. Douze compositions suburbaines enchaînées par des bruits RATP, virant parfois au funk (ce “Ragga Rapt” dynamisé par le scat d’André Mainvielle), comme autant de portes ouvertes sur un jazz qui avance. www.stephane-huchard.com
Club de Minuit - 23h30
Stéphane Huchard Quartet -Talent jazz Adami
Stéphane Huchard (dms, perc), Eric Legnini (fender rhodes), Alex Tassel (bugle), Laurent Vernerey (b).
Voir texte ci-dessus. www.stephane-huchard.com
La Verrière - 23h30
Nils Petter Molvaer solo
Nils Petter Molvaer (tp, samples), tba (video jockey).
NPM, le trompettiste, compositeur, producteur norvégien (et cosmique) se réfère autant au jazz qu’à l’ambient, à la house, à l’electro, au break beat, au rock ou à la pop. Il parvient à mélanger toutes ces couleurs pour en extraire des paysages musicaux d’une rare intensité.
Né en 1960 dans les brumes de la petite île norvégienne de Sula, NPM étudie au conservatoire de Trondheim. Il développe rapidement un style de jeu unique, autant inspiré de Jon Hassell que du son des flûtes japonaises ou du chant des baleines à bosse. Passionné de musiques acoustiques (notamment traditionnelles) autant que de sons électriques ou électroniques, Molvaer se joue avec naturel des conventions du jazz moderne. Cette sensibilité peu commune tombe, au milieu des années 90, dans l’oreille réputée de Manfred Eicher, le boss du label ECM. Son premier album solo, “Khmer”, paraît en 1997. Le disque présente un mélange jusqu’alors inconnu d’improvisation et de beats hypnotiques. Il connaît un gros succès critique et commercial (NPM reçoit à cette époque le German Critics Award et un Norwegian Grammy). Pour la première fois de son histoire, ECM commercialise des remixes. Tirés de l’album, les titres de ce “Khmer : the Remixes” mettent à contribution The Herbaliser, Mental Overdrive ou Rockers Hi-Fi.
Presque dix ans plus tard, NPM revient une fois encore à Vienne, mais en ascète, pour un solo esthétique. La Production Nationale du Spectacle Vivant de Norvège a en effet invité, voici deux ans, le trompettiste à composer la musique d’un solo. Cette prestation solitaire et onirique, déjà jouée dans les pays Scandinaves durant l’hiver 2004, mêle aujourd’hui musique, lumière et vidéo.
www.nilspettermolvaer.
Mardi 11 juillet - Théâtre antique - 20h30
Funk
The Punk Funk All Stars
feat. James Blood Ulmer, Vernon Reid, Joseph Bowie, Melvin Gibbs, Ronald Shannon Jackson
Joseph Bowie (tb), James Blood Ulmer (g), Vernon Reid (g), Melvin Gibbs (e.b), Ronald Shannon Jackson (dms).
Quel est le point commun entre Dionne Warwick et le groupe post-punk britannique Pil ? Réponse : James Blood Ulmer, qui accompagna l’une et fit la première partie des autres. James Blood Ulmer a publié plus de vingt albums, initiant et incarnant le terme “punk-jazz”, puis le mouvement “black-rock”. Guitariste atypique et génial, sorcier sonique aux phrasés assassins, sales, chanteur envoûtant et compositeur inspiré, JB Ulmer est depuis toujours un musicien hors du commun.
Aujourd’hui, sexagénaire coiffé d’un palmier de dreads sauvages, il est toujours ce même franc-tireur. Pour beaucoup, il est une icône. Dans les années 60, il est déjà présent sur de nombreux enregistrements du label Blue Note. Attiré par l’avant-garde, il rencontre Ornette Coleman qui l’initie à ses théories “harmolodiques”. Il développe alors sa propre esthétique pendant deux décennies, mêlant sans fioriture une sorte de free-funk-blues à un jazz barbelé. À l’aube du XXIe siècle paraît l’album “Memphis Blood (the Sun Sessions)”, un pur joyau de blues profond. Plus récent encore, “Birthright” (en 2005) est élu “Album Blues de l’année” par les lecteurs de Downbeat.
Pour ce concert exceptionnel du mystérieux Punk Funk All Stars (on remarquera l’allusion au P Funk All Stars de George Clinton), il sera accompagné de son complice Vernon Reid, guitariste et fondateur de feu Living Colour. Né à Londres en 1958, Vernon Reid grandit à New York. Il développe là une technique tous azimuts, entre jazz fusion, rock metal et funk radical. Dès la fin des années 1970, il travaille déjà régulièrement avec le batteur Ronald Shannon Jackson et avec le Defunkt, de Joseph Bowie. En 1984, il fonde Living Colour. Le Punk Funk concocté par ces douze cordes d’acier (six pour Ulmer, six pour Reid) promet son lot de cataclysmes et de groove féroces. www.defunktmusic.com - www.ronaldshannonjackson.com - www.livingcolournet.com
Bobby Byrd
Depuis les origines de l’extraordinaire épopée du Soul Brother n°1, le chanteur Bobby Byrd (né Bobby Day en 1934) fut le compagnon de route et le plus fidèle lieutenant de James Brown. En 1952, Bobby Byrd fonde The Flames, un groupe de rhythm’n’blues influencé par Hank Ballard & the Midnighters. Son pote James Brown intègre le groupe pour seconder Byrd au chant. Le charisme de Brown (associé à un ego hors du commun !) va rapidement en faire l’attraction principale des Flames. Pour son premier contrat avec le label King Records en 56 (“Please, Please, Please”), la formation de Bobby Byrd est rebaptisée James Brown & the Famous Flames... Bobby encaisse.
Il accepte tout, conscient de l’énorme potentiel de son ami James. Il restera ainsi, durant toute la course au succès du “Hardest Working Man in Show Business”, l’une des attractions principales de la rutilante James Brown Revue. Il joue aussi de l’orgue ou donne la réplique au Godfather, de sa voix rauque, sur scène comme sur nombre de classiques (“Say it Loud -I’m Black & I’m Proud-”, “Talkin’Loud & Sayin’ Nothing”, “Soul Power”...).
James donne à Bobby Byrd l’occasion d’enregistrer ses propres disques dans la fin des années 60 et le début des 70’s. Certains d’entre eux sont devenus des classiques du soul funk : “We’re In Love”, mais surtout “I Need Help (I can’t do it alone)” et “I Know You Got Soul”. Bobby Byrd quitte les JB’s en 1973. Il poursuit une carrière solo en dents-de-scie. En 1985, le duo de rap Eric B & Rakim ramène « I Know You Got Soul » sur le devant de la scène. Le groupe de funk Full Force rend en 92 un hommage à Byrd sur l’album “Don’t Sleep”. “On The Move” (en 1994) est l’un des derniers opus sous son nom. « Bobby Byrd Got Soul, The Best Of Bobby Byrd », une compilation parue en 1995, résume à merveille la carrière du fidèle lieutenant.
Electro Deluxe - Talent Jazz Adami
Irène (voc), Jean-François Baud (tp), Thomas Fort (s), Gaël Cadoux (kb), Jérémie Coke (b), Arnaud Rénaville (dms).
Avec cette brillante formation, qui a déjà sidéré le public présent à La Verrière lors de l’édition 2005 de Jazz à Vienne, l’Hexagone tient là (avec Booster, Wise, Sayag Jazz Machine...) l’une des rares formations electro jazz totalement convaincante. “Notre approche diffère de la plupart des projets electro jazz qui sont généralement initiés par des jazzmen se frottant aux nouvelles technologies. Nos compositions ne sont pas du jazz à proprement parler, mais une fusion entre electro, funk et hip hop” précise Thomas Faure (sax et programmation). La musique hybride de ce quartet formé en 2001 se voit adoubée en 2005 par les participations lumineuses à leur premier album (“Stardown” - Such/Naïve -) de quelques parrains tels Didier Lockwood, Flavio Boltro, Philippe Selam ou l’excellent Guillaume Poncelet (les cuivres de NoJazz). Treize musiciens invités se croisent au total dans cet album luxuriant, empli de tourneries jungle, traversé par un implacable piano Fender Rhodes (Gaël Cadoux) et les loopings cuivrés des solistes. Electro, certes, mais de luxe. Comme du Herbie Hancock cru 95 passé à la moulinette drum’n’bass.
Club de Minuit - 23h30
Bunky Green Quartet feat. Jason Moran, Tarus Mateen, Nasheet Waits
Bunky Green (as), Jason Moran (p), Tarus Mateen (b), Nasheet Waits (dms).
Evénement !
En anglais, on dirait “musician’s musician”. Un musicien rare, une sorte de légende pour ses pairs, et dont les enregistrements parcimonieux s’échangent comme autant de pierres précieuses. On pourrait citer, appartenant aujourd’hui à cette catégorie, les indispensables Dewey Redman, Von Freeman, George Garzone... et Bunky Green.
Green sort donc de l’ombre après treize années de silence discographique (son dernier opus remonte à 1993 !), produit par un de ses plus fidèles admirateurs, le saxophoniste Steve Coleman. Pour lui donner la réplique, Coleman a réuni des musiciens à forte personnalité, à la fois dans la tradition et cherchant, eux aussi, d’autres chemins. Jason Moran, Lonnie Plaxico et Nasheet Waits mesurent le privilège d’être ainsi associés au “musician’s musician” du Wisconsin.
Né en 1935 à Milwaukee, Bunky Green est d’emblée bouleversé par le langage et l’expression de Charlie Parker. Très vite pourtant, il se forge un langage totalement singulier. Joe Lovano, un autre de ses inconditionnels : “Bunky personnifie ce que représente le Jazz ; il a combiné l’influence de Parker et de Dolphy et les a intégrés dans son propre langage”. En 1960, Bunky Green s’installe à New York et remplace Jackie McLean dans le groupe de Charles Mingus. Dès l’aube des années soixante-dix, il s’investit dans l’éducation et enseigne à Chicago jusqu’en 1989. Il devient ensuite le responsable du “Jazz Studies” de l’université de Jacksonville, en Floride. Partagé entre l’éducation et le développement de sa musique, Green publiera 14 albums sous son nom. La plupart, introuvables, sont aujourd’hui devenus de précieux objets de collection. En donnant à cet extraordinaire musicien les moyens de revenir sous les projecteurs de l’actualité, Steve Coleman fait humblement la lumière sur les racines de sa propre pensée musicale.
www.label-bleu.com - www.jasonmoran.com
Le guitariste Eivind Aarset est considéré comme l’un des représentants les plus originaux et les plus créatifs du jazz dit « underground » en Norvège. Le Scandinave est en fait un enfant du rock. À l’âge de douze ans, il se passionne pour la Stratocaster martienne de Jimi Hendrix. Adolescent, c’est la fusion nouvelle de Miles Davis, celles du Mahavishnu Orchestra ou de Weather Report qu’il prend en pleine tête. Il découvre enfin le son du label ECM et son écurie nordique (Jan Garbarek, Terje Rypdal...). L’univers musical à la fois en apesanteur et comme liquide du guitariste se révèle au monde en 98 avec “Électronique Noire”, son premier opus pour le tout jeune label suèdois Jazzland créé par Bugge Wesseltoft. « L’un des meilleurs albums d’electric-jazz depuis Miles » titre alors le New York Times.
La réputation internationale d’Aarset se fait de bouche-à-oreille, « chill out » façon DJ (grâce notamment à quelques formidables remixes de Chilluminati), jusqu’à la parution d’une deuxième suite planante pour guitare cosmique et ordinateurs sous acide, “Light Extracts” (2001). Paru il y a deux ans, le troisième album “Connected” ne laisse plus aucun doute : Aarset est là pour longtemps, pourvu que l’herbe soit bonne. Pour livrer cet album lumineux, Eivind Aarset a dû profiter d’un temps mort dans le calendrier épuisant qui l’emmène depuis des lunes en tournée, “special guest” et guitariste vedette avec Nils Petter Molvær. En trio avec ses fidèles Wetle Holte et Marius Reksjo (du duo Beady Belle), Eivind aime créer ses entrelacs d’un nouveau millenium avec l’oud cyber de son invité favori, Dhafer Youssef.
Nils Petter Molvaer (certes chez ECM, mais toujours fourré chez ses copains d’Oslo), Eivind Aarset, Dhafer Youssef... Les 10, 11 et 12 juillet, le label Jazzland fête ses dix ans à La Verrière. Qu’on se le dise ! www.hopper-management.com/bi...
Mercredi 12 juillet - Théâtre antique - 20h30
Cuba
Afro Cuban All Stars, Juan de Marcos Gonzalez
Juan de Marcos Gonzalez Cardenas (tres, g, lead), Tirsio Oriol Duarte Lescay (voc), William Valdés Iba_ez (voc), Thommy Lowry Garcia Rojas (tp, flugelhorn), Oslen Ceballo Brian (tp, flugelhorn), Lazaro Amaury Oviedo Dilout (tp, flugelhorn), David Suarez Merlin (s, clar), Antonio Leal Rodriguez (tb), Juan Carlos Marin Eloseguy (tb), David Alfaro Garcia (p, kb), Marcos Antonio Godoy Torres (b), Adel Gonzalez Gomez (congas), Rolando Salgado Palacio (bongo, cowbell), Luis Lang Morejon (coros, vln, cuban perc), Felix Valdes Ibanez (coros, cuban perc), Antonio Juvencio Portuondo Martinez (tymb, dms).
Ce Allstar qui nous visite est le témoignage, en concert, d’un rassemblement sans précédent, il y a tout juste dix ans. En mars 1996, vingt-cinq des plus brillants musiciens cubains se rencontraient une semaine durant pour une descarga (la jam session à la cubaine) de tous les diables. Toutes générations confondues, cet aréopage cubain enregistrait alors un pur moment de grâce (l’album “A Toda Cuba le Gusta”, sur World Circuit). Le patriarche de ce rassemblement émouvant (le chanteur Pio Leyva) venait de fêter ses 80 ans ; le plus jeune affichait fièrement 13 petits balais ! On y trouve, à l’époque, le regretté Ibrahim Ferrer, feu Rubén Gonzales au piano et Orlando « Cachaito » Lopez à la contrebasse. Son cubain, boléro, mambo, mozambique, le répertoire des Afro cuban All Stars passe de reprises emblématiques en compositions nouvelles.
Ce projet est né sous l’impulsion de Juan de Marcos Gonzales, directeur musical et joueur de tres. De Marcos a donc lancé, avant le film « Buena Vista Social Club », le fameux mythe du papy boom Cubain. À l’instar du Buena Vista, avec lequel il partage certains de ses musiciens, l’Afro-Cuban All Stars fait à la fois redécouvrir les vieilles gloires de la musique cubaine et il expose des musiciens en pleine ascension (tel le timbalero Amadito Valdes, acteur de toutes les tournées). La formation, en grande partie renouvelée, crée un jazz afro-cubain contemporain, particulièrement dansant, tel que le démontre son deuxième album, “Distinto Diferente” (paru en 1999 sur World Circuit). www.afrocubaweb.com/afrocuba...
Septeto Nacional Ignacio Piñeiro “El sabor de la tradicion”
Eugenio Rodríguez Rodríguez « Raspa » (voc,, kb), Julio Antonio Martinez Hernandez (voc, maracas), Enrique Abdon Collazo Collazo (tres, voc), Agustín Someillan García (tp), Dagoberto Sacerio Oliva (g, voc), Raúl Acea Rivera (db), Francisco David Oropesa Fernández « Matador » (bongo, perc).
Le Septeto Nacional fait partie des institutions musicales de la grande île Caraïbes. Il fut fondé en 1927 (!) par Ignacio Pineiro, bassiste et directeur du groupe qui composa notamment “Echale salsita”. Ce titre inspirera Gershwin pour son « Ouverture cubaine ».
Le Septeto fut le premier orchestre cubain à accorder un rôle primordial à la trompette, l’un des premiers aussi à ne présenter que des compositions originales. Aujourd’hui, après 74 ans de succès, les jeunes ont pris la relève. Mélange de pulsations africaines ancestrales et de rythmes chaloupés (bongos, claves et maracas), de voix mâles harmonisées (ténor et baryton), d’un tres traditionnel et d’une trompette brillante, le Septeto Nacional de Cuba fait tout simplement partie du patrimoine musical cubain. Le groupe s’est toujours démarqué de la concurrence grâce au jeu de basse de Pineiro. Son style est notamment à l’origine de la différence entre le son habanero et le son oriental. En 1933, l’arrivée de Lázaro Herrera à la trompette transforme définitivement le groupe en Septeto. C’est à cette époque que le groupe présente le fameux « Echale salsita », un titre mythique qui annonce le mot « salsa ». Après une éclipse de quelques années, le Septeto Nacional réapparaît en 54 sous la direction de l’infatigable Pineiro. Avec lui, ce sont les héritiers de cette tradition orchestrale qui animent aujourd’hui le septet mythique. http://www.septetonacional.com
Club de Minuit - 23h30
Eric Legnini Trio
Eric Legnini (p), Rosario Bonaccorso (b), Franck Agulhon (dms).
C’est au milieu des années 90 que l’on remarque soudain Eric Legnini au sein du bouillonnant quintet de Stefano Di Battista. Ce jeune pianiste développe un style direct et généreux, trempé dans l’âme noire du piano jazz. Legnini possède un phrasé porté vers le chant, la mélodie... L’héritage de ses racines italiennes, sans doute.
Malgré une mise en place rythmique digne des grands maîtres du hard bop, il aura fallu dix années avant que le pianiste, sideman à l’agenda saturé, ne se décide enfin à sortir de l’ombre. “Miss Soul”, son premier disque en leader, est l’occasion pour l’Italo Belge (installé à Paris) de multiplier les connexions entre tradition et modernité, entre musique savante et expression populaire, entre jazz et soul.
Eric Legnini est né en Belgique, en 1970, dans une famille d’émigrés Italiens. Un père guitariste amateur, une mère cantatrice : le petit Eric est bien sûr au piano dès l’âge de six ans. Il passe son enfance entre Bach et Puccini. Avec la découverte d’un disque d’Erroll Garner dans les années 80, il trouve son langage. Devenu un pilier de la scène jazz de Belgique, Legnini voit sa vie basculer en 1992 lorsqu’il rencontre dans un club bruxellois deux membres de l’ONJ de Laurent Cugny, Flavio Boltro et Stefano Di Battista.
Le pianiste de jazz débarque aujourd’hui à Vienne pour exposer son amour de la musique noire, depuis la soul (voir le titre de son album pétillant paru en janvier 2006) jusqu’au hip hop (dont il est par ailleurs un amateur notoire). www.anteprimaproductions.com
Dhafer Youssef est un joueur d’oud et un chanteur tunisien atypique. Formé à l’école du chant traditionnel, sa musique est d’abord enracinée dans la culture sufi, privilégiant la face poétique de son art. Sa voix d’une hauteur et d’une pureté rares fait résonner un chant profond, extatique. Par la grâce de cette voix surnaturelle, Dhafer Youssef touche l’âme. Puis la musique qu’il construit peu à peu, au fil des années et des albums, s’ouvre sereinement à d’autres cultures. Jusqu’à jeter un véritable pont céleste entre un orient ancestral et un occident technologique, entre modulations arabes et improvisation jazz.
Sa voix et son jeu d’oud ont ainsi croisé avec succès les chemins de Mino Cinelu, de Paolo Fresu, Bill Laswell, Nils Pëtter Molvaer, Markus Stochausen, Renaud Garcia-Fons, Nguyen Le, Bugge Wesseltoft ou Jon Hassell. Devenu l’un des fers de lance du label Jazzland, Dhafer Youssef expose avec ce “Divine Shadows” un univers d’une grande pureté, une musique aux racines traditionnelles mêlées d’une électronique contemplative. Époustouflant, incantatoire. www.dhaferyoussef.com
Jeudi 13 juillet - Théâtre antique - 20h30
All Night Jazz
Willy DeVille Trio
Willy DeVille (voc, g, harm), Dave Keys (b, voc), Tba (p
En s’entourant simplement, pour une nouvelle tournée, de son complice David Keyes (contrebasse) et du pianiste Seth Farber, Willy DeVille met à nu l’essence de sa musique. Cette exposition ascétique révèlerait-elle la nouvelle maturité de l’ex-New-yorkais flamboyant ? Au cours de sa déjà longue aventure, Willy DeVille a exploré bien des aspects de la mythologie musicale américaine et ses métissages. En interprète et passeur, DeVille est celui qui chante les mots de l’autre, le clochard, le junkie, l’esclave griot, le chicano. Sur une trentaine d’années durant lesquelles son image de dandy ne s’est pas forgée que dans sa seule extravagance vestimentaire, mais aussi dans une indifférence aux modes et aux mouvements, sa musique demeure un exemple d’atypisme. Dès ses débuts, DeVille est à contre-courant. En pleine vague punk, il rejoue (à 19 ans) l’âge d’or du son Phil Spector, les harmonies doo woop des Drifters et la Harlem soul de Ben E.King. Il expose le tout dans la posture d’un chanteur de charme latino échappé de West Side Story. En 1977, l’album “Cabretta” (produit par Jack Nitzsche) lance son groupe Mink Deville. La même année sort l’excellent “Return to Magenta”.
En 1980, “Le Chat Bleu”, signé cette fois sous le nom de Willy DeVille, est enregistré en partie à Paris. Son admiration pour Edith Piaf et la France lui inspirent un album au romantisme triomphal. Suivent le très soul “Coup de Grâce” (en 1981) et “Where Angels Fear to Tread” (1983). Willy DeVille y surprend son monde avec un nouveau tube d’inspiration salsa, “Demasiado Corazon”. Réalisé par Mark Knopfler, “Miracle” (1987) est un album au son impeccablement lustré qui déçoit un peu les fans de ce Capitaine Crochet soul rock. DeVille s’installe à la Nouvelle-Orléans. Dès lors, le chanteur revisite les standards rhythm’n’blues de ses idoles. Il enregistre “Victory Mixture” avec des musiciens légendaires de Crescent City (Dr John, Eddie Bo, Allen Toussaint et les Meters). Extrait de “Backstreets of Desire”, Willy DeVille livre en 92 une version mariachi du classique “Hey Joe” qui devient son plus gros hit international. “Loup Garou”, douzième opus de DeVille, et “Horse of a Different Color” (99) exsudent plus que jamais l’ambiance bluesy et vaudoue de La Nouvelle-Orléans. Willy, de ville en ville, de N.Y à N.O : la transplantation réussie d’un natif du Village. www.fortunecity.de/parkallee...
Dr John & The Lower 911
Dr. John (p, org, lead voc), John Fohl (g, voc), David Barard (b, voc), Hermann Ernest III (dms, perc, voc).
Lorsqu’en 1968 Mac Rebennack, alias Dr John, sort son premier album solo (“Gris- Gris”), il a déjà beaucoup bourlingué de La Nouvelle-Orléans à Los Angeles. Dès le milieu des années 50, il fréquente de nombreux studios (dont l’incontournable “Funk Club” du studio de Cosimo Matassa, à La Nouvelle-Orléans). Il participe à une foule d’enregistrements (dont quelques sessions historiques), produit, accompagne (d’abord à la guitare, puis au piano ou à l’orgue), arrange ou compose pour de fameux lascars (son idole le Professor Longhair par exemple, mais aussi Joe Tex, Frankie Ford, Sam Cooke...).
Ce « Gris-Gris » là, donc, une sorte de cérémonie vaudoue hypnotique, un disque plutôt hors-cadre, malaxe des chants créoles hallucinés, inspirés des enregistrements 60’s de Prince La La, avec des fortes effluves d’herbes néo-orléanaises. Le tout se voit nappé de réverbérations abyssales et d’un psychédélisme d’époque... C’est le début pour le “Night Tripper” (le surnom du bon docteur) d’une transe gri-gri imprégnée d’Afrique et de rites vaudous qu’il perpétue ainsi depuis quatre décennies. Avec “In the Right Place”, son huitième album, Dr John cesse pourtant d’être sous l’emprise du seul vaudou (et même si l’héroïne, elle, reste accrochée quelques années encore à ses basques en peau d’alligator !). Il opère alors un virage, ou plutôt un retour vers un mélange de rhythm’n’blues et de funk rock louisianais. La section rythmique est celle des fabuleux Meters, le pianiste Allen Toussaint est de la partie. C’est le disque du Dr John qui a le mieux marché, et le titre « Right Place, Wrong Time » reste même plusieurs semaines dans les charts pop des USA. Une petite trentaine d’albums plus tard, sur “Duke Elegant” (un hommage du Doc à Duke - Ellington - paru en 2000), Mac Rebennack à l’orgue Hammond B3 infuse de petites doses de funk vif à “It Don’t Mean a Thing”, il recouvre d’un voile bleu nuit « Moon Indigo » ou sert sur ressorts groovy le fameux « Solitude ».
Né Malcom John Rebennack en 1940 à La Nouvelle-Orléans, le bon docteur a tout de même quitté durant quelques années son fief louisianais (où il s’était pourtant déjà bâti une solide réputation, signant même un premier tube - “Lights Out ” - pour Jerry Byrne en 57 !) pour tenter sa chance à Los Angeles. En 1967, après avoir enchaîné là les séances de studio (avec Sonny & Cher, Johnny Guitar Watson, The O’Jays, Phil Spector, Iron Butterfly...), il a l’idée d’adapter ce personnage de légende, Dr John Creaux “the Night Tripper”, inspiré d’un prince africain qui régnait au XIXe siècle sur le vaudou néo-orléanais. Histoires de zombies, spiritualisme, colliers de dents de caïman et amulettes sacrées, couronnes de plumes multicolores et strass façon Mardi Gras...
Le très référentiel personnage du Dr.John est lancé. C’est alors que paraît l’album “Gris-Gris”. www.drjohn.org
Eddie Bo
Eddie T. Bocage (voc, p), Louis Morgan (f, s) Richard Dixon (b), Dwayne Nelson (dms).
Edwin Joseph Bocage, alias Eddie Bo, est un chanteur et pianiste culte de La Nouvelle-Orleans. Évidemment influencé par le pianiste légendaire Professor Longhair, mais aussi par Art Tatum, il est l’un des derniers représentant du « junker style ». Eddie Bo est aussi charpentier de formation... Depuis le passage de l’ouragan Katrina, le 29 août dernier, Eddie Bo a retrouvé à la fois ses outils de charpentier et son piano. Les premiers pour refaire le toit de sa maison. Le second pour affirmer l’énergie vitale d’une ville, d’un fief de la musique populaire qui en a connu bien d’autres. Au-delà des indémodables (et toujours très actifs) Dr John, Allen Toussaint ou Neville Brothers, peu de gens connaissent par ici le joyeux Eddie Bo (à ne pas confondre avec une autre légende de La Nouvelle Orléans, Bo Dollis). Ce musicien à la verdeur étonnante (sa voix haute et douce n’a quasiment pas changé en plus d’un demi-siècle de carrière !) demeure pourtant l’un des maîtres du funk louisianais, au même titre que ses collègues sus cités. Pianiste et chanteur, donc, mais aussi auteur compositeur, arrangeur, producteur, directeur artistique... Bo est un vrai boss du bayou. C’est un bon, Bo. Il a produit au cours de sa carrière quelques tonnes de disques aussi mythiques qu’aujourd’hui introuvables. Pour les frustrés de musique gumbo, le label Tuff City a édité en 1997 (disponible seulement en 2004 en Europe...) une compilation des meilleurs témoignages de ce « happy dance groove », de ce funk bayou typique des années 60-70 à Crescent City (The Hoodoo Kings « Hard Times », feat. Eddie Bo / Raful Neal / Rockin Tabby Thomas...).
On peut encore trouver trace des albums « Piano Roll », « Hook & Sling » et « Dinky Doo » du pianiste dans les bacs de certains disquaires allumés. On peut aussi, en cherchant bien, télécharger en mp3 certains standards des dancefloors créoles signés d’Eddie Bo, tels “Check Mr Popeye (part 1)” ou “Now Let’s Popoeye (part2)”. Depuis le tournant des années 2000, Eddie Bo enregistre peu, mais il continue de jouer régulièrement sur les scènes de sa ville. Eddie Bo en pleine forme figure également sur la toute récente compilation “Our New Orleans” (Nonesuch / Warner). Vendue au profit d’un fonds d’aide aux victimes de l’ouragan, la compilation est une balade en première classe dans l’histoire de la musique néo-orléanaise. Une visite guidée par Allen Toussaint, Dr John, Irma Thomas, le Dirty Dozen Brass Band, Buckwheat Zydeco, les Wild Magnolias, Randy Newman ou Eddie Bo... Soit le meilleur du Mardi Gras, du blues créole, du Zydeco, de la southern soul sur tapis de cordes moites et du voodoo funk. Ce grand disque de musique antédiluvienne (d’avant le déluge, donc) ne chronique pas la fin de La Nouvelle-Orléans, mais le renouveau de son âme, son retour en fanfare. www.eddiebo.com
Sjuwana Byers and the Children of God
Sjuwana Byers (voc), Joylin Bivins (voc), Tryna Dyson (voc), Nikita Boden (voc), Craig Adams (p, org, voc), Dejuan Lattimore (p, kb), Christavious Gray (b, voc), Bruce Maffet (dms).
Sjuwana Byers and The Children of God sont originaires de Louisiane et d’Alabama. Ces états du sud demeurent plus que jamais le vivier d’innombrables groupes de gospel (qui, comme nombre de bluesmen, montent ensuite faire carrière à Chicago). Durant sa jeunesse, la chanteuse Sjuwana Byers hante les paroisses de la Nouvelle-Orléans. Au début des années 80, sa famille émigre vers le nord pour raisons économiques. Ils s’installent en Ohio. Par nostalgie pour son sud natal, Sjuwana crée là sa première formation gospel. En 1992, elle fonde l’ensemble The Children of God, essentiellement composé cette fois de membres de sa famille. Le groupe signe bientôt avec le label Rampart Street Music de La Nouvelle-Orléans. Pur produit de la Ville du Croissant à laquelle ils restent désormais fidèles, The Children of God enchaînent alors les prestations aux quatre coins du pays, puis en Europe (via l’Italie). Leur premier album (“Just Havin Church”) explose dans les charts de nombreux états. Le second, “Alive in Church”, connaît un succès encore supérieur sur les ondes des radios et auprès des disquaires spécialisés du sud.
Sjuwana Byers et ses Enfants de Dieu mûris au soleil du Delta surpassent définitivement, en puissance et en fougue naturelle, la plupart des quartets féminins (un chant lead, trois harmonies) de la Côte Est.
Lillian Boutté & The Gigolos
« Soul & Swing from New Orleans »
Lillian Boutté, (voc), Patrick Bacqueville (tb, voc), Michel Bonnet (tp), Claude Braud (ts), Christophe Davot (g), Jean-Marc Montaut (p), Jean-Pierre Rebillard (b), Stéphane Roger (dms).
En 1986, la chanteuse à la voix de stentor Lillian Boutté est nommée “Ambassadrice Musicale de la Nouvelle-Orléans”. Avec Louis Armstrong ou Wynton Marsalis, elle est ainsi considérée par les Néo-orléanais comme l’une des légendes du jazz dans la Ville du Croissant. Vingt années de tournées internationales et de dix-sept albums dans ses bagages, Lillian n’usurpe pas son titre. Repérée par Allen Toussaint, elle enregistre très tôt aux côtés de James Booker, Patti Labelle, les Neville Brothers, les Pointer Sisters ou Dr John. Pendant cinq ans, la comédie musicale à succès “One Mo’Time” lui permet de vivre sa passion à la fois de chanteuse, de danseuse et de comédienne.
Actrice, elle apparaît aux côtés de Robert de Niro et Mickey Rourke dans le film “Angel Heart” d’Alan Parker. La B.O du film s’enrichit de son duo avec le bluesman Brownie Mc Gee (sans le défunt Sonny Terry !). Elle participe au documentaire “Piano Players barely play together”, avec Professor Longhair, Allen Toussaint et Tuts Washington.
Lillian Boutté et ses Gigolos sont tels les ingrédients finement agencés de ce cocktail nommé Mint Julep. Saveur du sucre de canne, fraîcheur de la glace pilée, surprise de la menthe hachée... Et coup de chaleur du bourbon ! http://lesgigolos.free.fr
La cyberscène de La Verrière
(sur un tapis volant)
Grâce au soutien décisif de l’Adami cette année, la programmation electro et métisse de La Verrière inaugurée au cours de l’édition 2005 du festival Jazz à Vienne confirme, avec notamment une célébration cosmique des 10 ans du label norvégien Jazzland, ses inclinaisons pour les formes les plus hybrides de jazz et de groove planétaires. Dès le 29 juin, à 22h et pour onze soirées mises en espace par les video-shows de Nico Tico et onoffdesign ainsi que les DJs invités, la salle riveraine de Sainte Colombe devient donc un club. Elle affirme ses ambitions de scène “Découvertes” et son rôle de rendez-vous “after” incontournable.
Ainsi dès le démarrage du 29 juin prochain, alors que le légendaire Sonny Rollins programmé en ouverture au Théâtre antique sera en train de nettoyer l’or mat de son instrument, le jeune MC géorgien Beat Assailant doit ouvrir le feu du côté de Sainte-Colombe.
Adam Turner, aka Beat Assailant, s’affirme depuis octobre 2005 comme l’étoile montante d’un rap où fusionnent les genres. Pour son premier album (“Hard Twelve” - Wagram Electronic), son producteur parisien Maxime (alias “Danny Wild”, co-fondateur de Twin Fizz Records) a convoqué pas moins de dix instrumentistes. Savant mélange de culture hip hop, de jazz organique et d’arrangements electro, le répertoire met en valeur la diction sudiste du B.A d’Atlanta. Le MC se présente à Vienne avec neuf musiciens, dont le bouillonnant saxophoniste et flûtiste Max Pinto.
La découverte en scène, le lendemain (30 juin), du projet Marlango confirmera-t-elle le choc provoqué l’année dernière par le vidéo clip de “Shake the Moon” (extrait de leur album “Automatic Imperfections”) ? L’histoire du groupe prend naissance à Madrid, lorsque la troublante chanteuse Leonor Watling, plutôt connue à cette époque comme comédienne dans les films de Pedro Almodovar, Alejandro Pelayo et Oscar Ybarra prennent le nom de Marlango en hommage à Tom Waits. Trompette wha wha, piano honky tonk et voix chaude déroulent un répertoire digne d’illustrer la bande-son d’un film fêlé de Hal Hartley.
L’Hexagone tient avec Electro Deluxe (le 1er juillet à La Verrière), comme avec Booster, Wise, L2W ou Sayag Jazz Machine, l’une des rares formations dites “electro jazz” convaincantes. Les compositions largement scratchées fusionnent avec le brio des jazzmen les essences electro, le hip hop et le funk du ghetto. Comme du Herbie Hancock cru 95 passé à la moulinette de la drum’n’bass.
Nouveaux chouchous du label Crammed Discs, le groupe Think Of One (le 4 juillet) est originaire d’Anvers. “Tráfico”, leur premier album, a été enregistré à Recife (Brésil) avec la furieuse chanteuse Dona Cila do Côco (qui porte allègrement ses 66 printemps). Imprégnée de rythmes nordestins, la musique de ces gens du Nord européen est parsemée de claviers improbables et de curieux échanges vocaux en luso-flamand.
Dum Dum (le 5 juillet), c’est d’abord un polar de Félix Jousserand, mis aujourd’hui en musique par Vincent Artaud (album paru fin 2005). Cet ovni musico-littéraire plutôt inédit, empli de romance noire, de filles perdues et de zones industrielles désertes se révèle être également un groupe. Artaud et ses complices y mêlent le parler chanté, le rap a capella et la lecture pure. Les basses y sont lourdes, l’atmosphère interlope. Issu du jazz, Vincent Artaud (contrebassiste primé aux Victoires du Jazz, membre du Ilium Quintet, complice de Julien Lourau...) est désormais un accro aux possibilités de la mise en boucle et de l’électronique.
6 juillet, voici les canadiens Plaster, pour une soirée en collaboration avec les Nuits Sonores. Héritiers de la famille jazzoïde d’Amon Tobin, de Herbalizer, de JazzaNova et autres Cinematic Orchestra, ces trois Québécois (aux deux tiers issus du groupe d’afrobeat Afrodizz) enregistrent l’année dernière un premier album épatant (“First Aid Kit”). Sur fond de jungle urgente, l’univers déjà passablement “cinématographique” de Plaster s’enrichit en scène d’effets visuels impressionnants.
Avec d’autres défricheurs new-yorkais tels John Zorn (qui joue au théâtre antique le soir même) ou Garage à Trois (avec le guitariste Charlie Hunter), les furieux Gutbucket (le 7 juillet) malaxent sans complexe l’improvisation, le free et le heavy metal en une fusion rêche pour le XXIe siècle. Gutbucket, c’est un peu Ornette ou Miles tapant le bœuf avec Sonic Youth.
La basse est l’instrument fétiche d’Etienne Mbappé (le 8 juillet). Entre ses mains immenses, elle caresse et mutine, elle groove comme les hanches des danseuses de makossa. La musique du Camerounais, c’est une mélancolie africaine qui a son jazz à dire. Barattant ses thèmes sur des rythmiques traditionnelles (makossa, bolobo, sékélé), Mbappé chante en Douala et passe d’une ballade bleue à de puissantes tourneries ternaires.
Trompettiste, compositeur et producteur norvégien (et cosmique), Nils Petter Molvaer (le 10 juillet) se réfère autant au jazz qu’à l’ambient, à l’electro, au break beat ou au rock. NPM développe un jeu unique, inspiré de Jon Hassell ou Miles Davis comme du son des flûtes japonaises traditionnelles ou du chant des baleines à bosse dans les fjords de son île de Soula. Le Nordique revient donc à Vienne, mais en ascète, pour un solo esthétique et onirique mêlant musique, lumière et vidéo.
Depuis son premier opus en 98, la réputation internationale du guitariste Eivind Aarset (le 11 juillet) se fait de bouche-à-oreille, « chill out » façon DJ (grâce notamment à quelques formidables remixes de Chilluminati). Passé maître dans l’art de construire des suites planantes pour guitare cosmique et ordinateurs sous acide, Aarset est là pour longtemps. Eivind aime à créer ses entrelacs d’un nouveau millenium avec l’oud cyber de son invité favori, Dhafer Youssef.
Dhafer Youssef (le 12 juillet) jette un véritable pont céleste entre un orient ancestral et un occident technologique, entre modulations arabes et improvisation jazz. Sa voix et son jeu d’oud sont devenus les fers de lance du label Jazzland. Youssef expose un univers d’une grande pureté, contemplatif, incantatoire. Époustouflant.
Nils Petter Molvaer, Eivind Aarset, Dhafer Youssef... les 10, 11 et 12 juillet, le label Jazzland fête ses dix ans à La Verrière. Qu’on se le dise !
Les Djs invités pour les Warm Ups dès 22h et les DJset jusqu’à 4h sont programmés par Tommy Lawson.
Jeudi 29 juin 2006
Carte Blanche aux Nuits sonores # 1 - DJ : Dj Izo
Vendredi 30 juin
Djs : Jun Matsuoka (La Marquise-Fréquence Jazz) + J. Lagarellos (Nuits Sonores)
Samedi 1er juillet
DJs soirée « Cosmic Groove » feat. Dr Oliver & le Love Symbole de la Danse, Dan CDK
Mardii 4 juillet
DJ :Jazzamar (Nutropic)
Mercredi 5 juillet
DJ :Jazzamar (Nutropic)
Jeudi 6 juillet
« Echo Sonore »
DJs : "J. Lagarellos (Nuits Sonores) + Flore + P. Moore
Vendredi 7 juillet
DJs : soirée “Mind Records” : Manu Boubli feat. Tommy Lawson
Samedi 8 juillet
DJs : soirée “Mind Records” : Manu Boubli feat. Tommy Lawson
Lundi 10 juillet
Projet spécial : « Zone Libre project » : Tommy Lawson (Dj) + Nico Tico (Vj-XLR) & onoffdesign (Vj)
Mardi 11 juillet
Projet spécial : « Zone Libre project » : Tommy Lawson (Dj) + Nico Tico (Vj-XLR) & onoffdesign (Vj)
Mercredi 12 juillet
Carte Blanche aux Nuits sonores # 2
Djs : Monoo (Deeply Rooted / Ambassade) + Patrice Moore (Nuits Sonores), feat. Tommy Lawson
Ouverture dès 22h : warm up DJs, concerts vers 23h30, Afters DJ’s invités jusqu’à 3 ou 4h. Entrée : 7€ (disponible en guichet le soir du concert exclusivement)
Restauration sur plac
Le “RéZZo” tisse sa toile
Le festival Jazz à Vienne, parallèlement à sa programmation internationale, a toujours laissé une place aux formations régionales émergentes.
Chaque année, le festival propose, sur la scène de Cybèle, des groupes régionaux prometteurs. C’est un moyen pour eux de se confronter à un public averti dans des conditions scéniques professionnelles.
La programmation de premières parties « découvertes » lors de concerts hivernaux organisés à l’Auditorium de Lyon et au Théâtre de Vienne, a permis d’étendre ce dispositif à l’ensemble des actions mises en place par Vienne Action Culturelle.
Aujourd’hui, Jazz à Vienne souhaite développer un tremplin reconnu à l’échelle nationale.
Pour cette deuxième édition, le RéZZo rassemblera dix-sept structures de régions différentes. Chacune d’elle propose deux formations, du duo au sextet, issues de leur région. Douze groupes seront finalement sélectionnés pour participer au tremplin qui se déroulera pendant les deux week-end du festival : les 30 juin, 1er et 2 juillet, et du 7 au 9 juillet.
Les concerts auront lieu sur la scène de Cybèle à 17h ou 19h le vendredi et le samedi, et à 16h ou 18h le dimanche.
Un jury sélectionnera le lauréat 2006, récompensé par :
- L’enregistrement en studio d’un album
- Le pressage d’un CD à 1 000 exemplaires
- La programmation au Jazz Club Lionel Hampton à Paris, à l’Auditorium de Lyon et au Club de Minuit lors de l’édition 2007 du festival Jazz à Vienne
- La labellisation du groupe « Lauréat du RéZZo Jazz à Vienne 2006 ».
Le gagnant du tremplin sera également accueilli dans les structures des membres du RéZZo.
À noter que nous retrouverons Max Pinto Quartet, lauréat 2005 du RéZZo, et A’ Brass, prix spécial du jury, au Club de minuit le 3 juillet 2006. Pour ces deux groupes, ce concert est l’aboutissement du tremplin.
Contact : Vincent Rival au 04 74 78 87 87
Scène de Cybèle
Concerts gratuits tous les jours de 16h30 à 20h - Les dimanches de 16h à 19h
Colorée, diversifiée ou métisse, cette scène a toujours tenu une place importante dans la « déambulation musicale » du festivalier. Nous souhaitons, aujourd’hui, lui donner une dimension artistique en développant plusieurs axes de programmation : les musiciens de l’Académie, les orchestres et conservatoires régionaux, les big bands des universités internationales et les formations du tremplin RéZZo.
Du lundi au jeudi de 16h à 20h : Jazz Band
Nous accueillons les formations, notamment les big bands internationaux, issues des collèges et des universités anglaises, canadiennes, américaines, ukrainiennes...
Les big bands partageront la scène avec les musiciens de l’Académie de Jazz à Vienne.
Rappelons que Jazz à Vienne collabore à l’IAJE (International Association of Jazz Educators), qui regroupe les principales structures d’enseignement du jazz dans le monde.
Le vendredi, samedi de 17h à 20h et le dimanche de 16h à 19h :
Tremplin « Le RéZZo »
Pour cette 3e édition, douze groupes issus de régions différentes sont sélectionnés pour participer au tremplin qui se déroulera pendant les deux week-end du festival. Ce dispositif permet de programmer de jeunes formations émergentes, en s’appuyant sur un réseau national.
Ces formations se produiront devant un jury de professionnels qui désignera le lauréat de l’année 2006.
> La Tente à bœuf
Le festival a créé, il y a trois ans, une nouvelle scène au forum de Cybèle : la « Tente à Bœuf ». Une réussite puisque l’opération est reconduite pour cette édition 2006.
Cette scène ouverte aux musiciens de tous horizons, accueille des Jams Sessions dans la pure tradition du jazz.
Des musiciens de l’académie de Jazz à Vienne assureront régulièrement une rythmique de base, afin d’avoir un accueil et un encadrement propices à l’improvisation.
La Tente à Bœuf permettra ainsi aux festivaliers de vivre leur propre expérience musicale, et s’inscrit tout à fait dans l’esprit du forum de Cybèle.
Lieu de convivialité, de rencontres et d’échanges, cet espace sera alors le siège d’intenses joutes musicales au cœur du Forum de Cybèle et donc au cœur du festival.
Musiciens, cette scène est la vôtre, nous vous y accueillerons tous les soirs de 20h à 23h30 !
À partir du 29 juin, le Collège Ponsard ouvre ses portes et accueille l’Académie Jazz à Vienne. Au choix, résidences et ateliers pour découvrir le jazz d’une autre manière.
Ateliers
Les intervenants
Rémi Bulot (trompettiste),
Antoine Brouze (batteur, percussionniste),
Ghyslain Regard (flûtiste),
Laurent Richard (saxophoniste),
Benoît Thevenot (pianiste).
Atelier pour les scolaires
Dates : 29 et 30 juin, 3 et 4 juillet
Horaires : 9h30 à 11h, 14h30 à 16h
Pour la première année, l’Académie propose un atelier destiné exclusivement aux scolaires. Avec les intervenants et leur professeur, les enfants pourront travailler les aspects techniques de cette musique, découverte au Théâtre Antique lors du spectacle de Didier Lockwood. Ils aborderont de manière interactive, le blues, l’improvisation vocale et le rythme.
Séances réservées aux scolaires.
Atelier découverte
Dates : 5, 6, 7 juillet (1er groupe) et 10, 11, 12 juillet (2e groupe) ; samedis 1er et 8 juillet (groupe adulte)
Horaires : de 10h à 12h30
Nombre de musiciens : 15 par groupe
Concert sur la scène de Cybèle le 12 juillet à 16h
Vous souhaitez faire vos premiers pas dans le monde de l’improvisation en jazz ?
Venez vous plonger dans les premiers accords, les premières gammes, les premières phrases musicales... Cet atelier est aussi une belle manière de rencontrer d’autres musiciens en herbe et de partager de bons moments ensemble. Cet atelier est ouvert aux musiciens de tous âges, ayant une pratique musicale d’au moins quatre ans.
Atelier création
Dates : 5, 6, 7 et 13 juillet
Horaires : 10h à 12h30 et de 14h30 à 17h30
Nombre de musiciens : 16
Concert sur la scène de Cybèle le 13 juillet à 16h
Vous commencez à vous familiariser avec le jazz, l’écriture, et l’improvisation et vous aimeriez mettre en pratique vos connaissances musicales ? Cet atelier vous permettra de travailler sur des compositions et des arrangements mettant en valeur l’écoute, le rythme, le phrasé et la place de chaque musicien au sein du groupe. Laissez-vous séduire par l’esprit convivial de l’académie où vous pourrez vous exprimer librement. Cet atelier s’adresse à des musiciens ayant déjà une pratique régulière du jazz et de l’improvisation, et ne rencontrant pas de grandes difficultés dans la lecture de partitions manuscrites.
Atelier « du classique au jazz »
Dates : 8, 10, 11, 12 juillet
Horaires : 10h à 12h30 et de 14h30 à 17h30
Nombre de musiciens : 20
Concert sur la scène de Cybèle le 12 juillet à 17h30
Bach, Mozart, Beethoven, Ravel, Debussy... autant de grands noms écoutés, étudiés et joués par de nombreux musiciens de jazz afin d’enrichir leur propre musique. Dans cet atelier, l’équipe artistique proposera des arrangements de standards de musique classique, ouverts à l’improvisation. Lecture de partitions, grilles d’improvisation et travail d’ensemble seront les bases de cet atelier. Cet atelier s’adresse à des musiciens relativement à l’aise dans la pratique de leur instrument et ne rencontrant pas de difficultés dans la lecture de partitions.
Les résidences
Jean-Christophe Cholet
Dates : du 3 au 6 juillet
Horaires : de 10h à 13h et de 14h30 à 17h (sauf le 3 juillet de 14h30 à 17h)
Nombre de musiciens : 15
Concert le 6 juillet au club à 18h00
Jean-Christophe Cholet vous invite à découvrir le monde de la création. À partir de ses compositions lancez-vous dans l’écriture d’une pièce musicale. Pianiste, compositeur, arrangeur, issu de formation classique, Jean-Christophe Cholet se consacre définitivement au jazz à l’âge de 23 ans. Deux fois vainqueur du Concours National de Jazz de la Défense, il crée différents groupes de musiques dans des styles très divers avant de se consacrer au jazz. Vous pourrez le retrouver en concert avec sa formation, au Club de Minuit le 5 juillet. Cet atelier s’adresse aux musiciens ayant une pratique musicale régulière et ne rencontrant pas de difficultés dans la lecture de partition.
Philippe Aubry & Les orphéonistes associés jouent la musique d’Albert Ayler
Encadrement : Philippe Aubry, compositeur et professeur de musique improvisée au CNR de Strasbourg.
Dates : du 8 au 13 juillet
Horaires : de 10h à 13h et de 14h30 à 17h
Nombre de musiciens : 30
Concert parade le 13 juillet à partir 17h30
Philippe Aubry et la fanfare de l’Autre Orchestre vous invitent à découvrir l’art « déambulatoire ». Ils vous accompagneront sur cinq compositions d’Albert Ayler, arrangées pour l’occasion. Cet atelier se finalisera par une grande parade dans les rues de Vienne et par la mise en musique de la place de l’Hôtel de Ville. Saxophoniste, compositeur, performeur et vidéaste, Philippe Aubry est très actif dans les musiques expérimentales et improvisées, notamment au sein de la compagnie « Le bruit qu’ça coûte ». Cet atelier s’adresse aux enfants âgés au minimum de 12 ans et ayant une pratique artistique d’au moins 3 ans.
“Le Ciel de Lyon”
Depuis maintenant six ans, le bar panoramique du Radisson SAS Hotel, Lyon se transforme en Club de Jazz pendant la quinzaine du festival. C’est ainsi la seule scène lyonnaise labellisée « Jazz à Vienne » qui vous fait découvrir de nouvelles formations émergentes.
> René Urtreger Piano Solo 29 juin
René Urtreger (p).
Monument du jazz, ancien partenaire de Miles Davis (notamment pour la BO du film « Ascenseur pour l’échafaud »), René Urtreger ouvre la série de concerts du Radisson SAS, augurant une belle quinzaine. En solo, ce pianiste de style bop fait vivre l’esprit du hard bop à travers des compositions mélodiques et pleines d’émotion.
> Moko 1er juillet
Jérôme Margueron (p), Patrick Maradan (b), Devarajen Mooken (perc).
Pour le trio lyonnais, jazz rime avec classique et cinématographique. Moko a réussi le pari difficile d’associer la musique classique au jazz. Ce mélange se fait sur fond de compositions qui se suivent, semblables à une BO de film, nous plongeant dans un univers proche du rêve, des voyages : le monde de Moko.
> Max Pinto Quartet 4 juillet
Max Pinto (ts, fl), Ludovic Allainmat (p), Yoni Zelnik (b), David Georgelet (dms).
Lauréat l’année dernière du tremplin national « le RéZZo » organisé par Jazz à Vienne, Max Pinto est omniprésent sur la scène musicale. Il égrène les salles, à l’aise dans tous les styles (jazz, latin, funk ou hip hop) et accompagné de musiciens tels Franck Lacy, Kenyatte Abdur-Rahman, Benjamin Henocq, Simon Goubert, John Betsch, Boris Blanchet, Azuquita, Guem, Wayne Dockery... Quel que soit le genre musical, le son de Max Pinto reste brut, énergique et profond.
> Gouhier Clayette Duo 5 juillet
Benjamin Gouhier (g), Alexandre Clayette (g).
C’est à travers des compositions originales et des arrangements audacieux que le duo de guitare laisse transparaître sa forte personnalité. Mélangeant leurs influences musicales (be-bop, bossa nova, chanson française, free jazz...), ces guitaristes captivent leur public grâce à une musique de l’instant, chargée d’émotion.
> Thibault Falk Quartet 11 juillet
Thibault Falk (p), Josh Yellon (s), Gary Hoopengardner (b), Marcin Lonak (dms).
Les compositions de Thibault Falk vont résolument à contre courant de la mouvance contemporaine du jazz. Sa musique fait référence au jazz des années 60 qu’il aborde avec doigté, dans une ambiance chaleureuse et intimiste. Chaque morceau nous transporte dans un environnement sonore, chaque fois différent. Expatrié depuis cinq ans à Berlin, ce pianiste français a remporté de nombreux prix, notamment « Der Berliner Jazz & Blues Award ».
> Les Doigts de l’homm 12 juillet
Olivier Kikteff (g, banjo, voc), Yanick Alcocer (g), Tanguy Blum (b).
Nés il y a seulement trois ans, les Doigts de l’Homme ont déjà conquis leur public grâce à des prestations scéniques pleines d’énergie. Créativité, dextérité et humour sont omniprésents chez ce trio dont l’approche du swing manouche reste sensiblement rock.
Bar Le Ciel de Lyon
Radisson SAS Hotel, Lyon
129, rue Servient - 69003 Lyon
Renseignements : 04 78 63 55 40
Lettres sur cour
Invitation à la lecture
La 1ère édition de Lettres sur cour s’est tenue en 1992, lors des dix ans de Jazz à Vienne. Organisée en collaboration avec le festival par des bénévoles passionnés de littérature, la manifestation entraîne les festivaliers et les habitants de Vienne à la découverte d’écrivains ou de poètes reconnus ou peu connus, sous une forme à la fois conviviale et originale.
Pendant 15 jours, début juillet, trois ou quatre auteurs sont invités à lire des extraits de leur œuvre dans un cadre intimiste, accompagnés parfois d’un musicien qui improvise à leurs côtés. Les lectures, gratuites, se déroulent l’après-midi sur des placettes ou dans des cours ombragées.
A l’heure du déjeuner, on peut rencontrer un éditeur, ou une revue de littérature. À la même période, les organisateurs proposent aussi une « bibliothèque de plein air » ouverte à tous, sous un chapiteau dressé dans les Jardins de Cybèle : le lecteur flâneur s’installe dans des transats pour lire ou feuilleter les ouvrages qui lui sont proposés.
Après, notamment, Nicolas Bouvier, Jacques Lacarrière, Sylvie Doizelet, Jean-Pierre Abraham, Jacques Chauviré, Lettres sur cour recevra en juillet 2006 : Vahé Godel, Paul Nizon et Bernardo Carvalho.
> Lecture-jazz
Jeudi 6 juillet, au musée de Saint-Romain en Gal/Vienne
Vahé Godel est né en 1931 à Genève où il vit, d’une mère arménienne, originaire de Brousse, et d’un père suisse qui, éminent linguiste, fut aussi l’un des meilleurs spécialistes de la langue arménienne. Professeur de lettres au Collège de Genève juqu’en 1993, Vahé Godel séjourna à plusieurs reprises en Arménie - dès 1969. Écrivain et poète, il est l’un des plus grands traducteurs de la poésie arménienne. Il a publié une vingtaine de recueils de poésie, des romans, des essais et des anthologies. Il a fait paraître tout récemment La Poésie arménienne d’aujourd’hui, pour la revue Bacchanales, et une anthologie La poésie arménienne du Ve siècle à nos jours aux éditions La Différence.
Vendredi 7 juillet, à 17h, cour de Saint-Louis, rue Juiverie
Paul Nizon, né à Berne en 1929, vit aujourd’hui à Paris, après avoir séjourné dans plusieurs capitales européennes. Romancier et essayiste, il a publié depuis 1959 de nombreux ouvrages. Il a opté pour une existence sans attaches et met en sène un « je » toujours changeant. Il s’abrite volontiers derrière la métaphore pour évoquer un réel très ordinaire, dans une langue d’une grande richesse poétique. Son œuvre, écrite en allemand a été traduite en une dizaine de langues et couronnée d’une vingtaine de prix littéraires. En 2006, il a publié, aux éditions Actes Sud, La Fourrure de la truite, et un second volume de son journal, Les Premières éditions des sentiments.
Samedi 8 juillet, à 17h, cour des Carmes, 15, rue de la Charité.
Bernardo Carvalho est né en 1960 à Rio de Janeiro. Écrivain et journaliste, il a été reporter, éditeur et correspondant du journal Folha de São Paulo à Paris et New York. Il a publié huit livres et a été traduit dans diverses langues. Cinq de ses romans sont disponibles en Français. Il a obtenu les prix les plus prestigieux au Brésil. En écho aux plus sombres récits de noirceur réaliste, Carvalho glisse, vogue entre terre ferme et cœur des ténèbres, dans la lignée de Conrad ou de Blaise Cendrars. Ses deux derniers romans, Mongolia et Neuf nuits sont parus en 2004 et 2005 aux éditions Métailié.
Dimanche 9 juillet, à 17h, cour du collège Ponsard, place André Rivoire.
Comme ces deux dernières années, Lettres sur cour proposera, à l’heure du déjeuner, des « buffets littéraires », autour d’un éditeur et d’une revue de littérature.
en ligne sur www.jazzavienne.com, dans les enseignes Fnac, Virgin, Cultura, Leclerc, Auchan, Géant, Carrefour ainsi que dans les agences du Progrès et du Dauphiné Libéré
sur le réseau viennois
dans les autres points de location habituels.
Horaires
Les concerts au Théâtre Antique débutent à 20h30 précisément, sauf les dimanches 2 et 9 juillet à 19h30 (ouverture des portes deux heures auparavant). Les concerts ont lieu quelles que soient les conditions météorologiques.
Transports
En avion
Situé à 31 km de Vienne, l’aéroport international Lyon Saint-Exupéry met à votre disposition une navette pour rejoindre directement Vienne (réservation obligatoire au 00 33 (0)4 75 78 48 79 - www.lyon.aeroport.fr). L’aéroport vous permet également de rejoindre les gares Lyon Part-Dieu et Perrache. Ces navettes fonctionnent du lundi au dimanche de 6 h à 23 h toutes les 20 minutes.
Aéroport de Grenoble / Saint-Geoirs (40 km), liaisons quotidiennes avec Paris, Londres...
Par le train
Un nombre important de Trains Express Régionaux circulent entre Lyon et Vienne. N’hésitez pas à contacter la SNCF pour connaître les différents horaires et ses bons plans de voyage.
Nouveauté 2006 : La SNCF est partenaire de Jazz à Vienne : TER réguliers entre Lyon et Vienne. Dernier TER dans le sens Vienne / Lyon vers 1h du matin. La gare de Vienne est située dans le centre, à cinq minutes du Théâtre Antique. Liaisons régionales depuis Lyon (32 km), Grenoble et Valence (65 km).
Plus d’information sur www.ter-sncf.com/rhone-alpes
En voiture
Utilisez la direction de Lyon comme point de repère, Vienne se situant à une trentaine de km au sud. Au départ de Lyon, suivre l’autoroute A7 direction Marseille et prendre la sortie Vienne (centre ville). Pour éviter l’embouteillage traditionnel à l’entrée de Vienne, un conseil d’amis, sortez à Ampuis (1 km après la sortie Vienne centre) et remontez sur Vienne par l’entrée Sud. Cela ne vous coûtera que quelques centimes d’euros et vous éviterez ainsi d’être stressé !
Paris 550 km - Lyon 32 km - Nice 500 km - Grenoble 90 km - Saint-Etienne 50 km - Valence 75 km - Marseille 300 km.
Parking
Une fois à Vienne... La circulation étant limitée pendant le festival, les parkings suivants sont à votre disposition : parking de la Gare, parking Saint-Marcel, parking de l’Hôtel-de-Ville, parking de Saint-Romain-en-Gal (de l’autre côté du Rhône à environ 15 min du Théâtre Antique).
Navette transport SUV : parking Intermarché - Théâtre antique - Durant les 15 jours du festival, le Service Urbain Viennois (SUV) met à votre disposition un parking gratuit et gardé sur le parking d’Intermarché à Malissol. De 18h30 à 20h, ainsi que durant une heure après la fin du spectacle, deux bus en rotation effectueront des navettes de ce parking jusqu’au Jardin de Cybèle, ceci toutes les 10 à 15 minutes. Pour une plus grande rapidité, ces services de transport ne comporteront pas d’arrêts intermédiaires. Ils emprunteront l’itinéraire suivant : Malissol - Saint-Benoît - Montée Saint-Marcel. Cette navette est mise en place en partenariat avec la Communauté d’Agglomération du Pays Viennois.