Citizen
Édition du 8 février 2012 // Citizenjazz.com / ISSN 2102-5487
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The Spaces In Between

John Surman

John Surman (ss, bs, bcl), Chris Laurence (b), Rita Manning (vln), Patrick Kiernan (vln), Bill Hawkes (viola), Nick Cooper (cello)

chez : ECM

L’Anglais revient avec un disque encore une fois raffiné, en compagnie d’un quatuor à cordes, un cuivre charmeur, un tempo vagabond et coquin (« Moonlighter » en ouverture). Tendance classique et titre révélateur : le saxophoniste tente en effet de s’insinuer dans les espaces ménagés par les cordes (« You Never Know »). John Surman choisit ici une formule organique - point de machines ou d’électronique dans ces espaces-là - et continue d’explorer les possibilités de confrontation entre instruments. Le Dictionnaire du Jazz note à son sujet qu’il aime « jouer des contrastes » rythmiques, et remarque chez lui la fréquence des duos sax/batterie, sax/voix... Ce disque prend lui aussi des allures de duo, mais sans aller jusqu’au bout car c’est entre un quatuor compact (auquel on peut ajouter un cinquième larron en la personne du contrebassiste de son quartet, Chris Laurence), que tout se joue face aux vents de Surman.

Les ambiances sont, là encore, rêveuses et champêtres (« Wayfarers All »), et l’instrumentation violons/alto s’y prête, mais « Now and Again » sonne comme presque comme du Sclavis, de même que « Winter Wish » - avec toujours des poussées jazz. On a là une création superbe, hors du temps et des styles, plus proche des musiques improvisées que du jazz pur et dur même si un swing discret survient au détour de quelques grandes envolées ou de spasmes inopinés « Now and Again », où la contrebasse s’affirme à son tour, où « Hubbub ».

Dans cette musique si sereine en apparence semble se tramer un combat en arrière-fond, une sorte d’inquiétude venue du fond des âges. Un petit côté Nom de la Rose alors que « Now See » évoque la conquête de l’Ouest, là où « Mimosa » exhale un parfum oriental. Un disque historique, donc, qui ne néglige pas le voyage (« Way Farers All » !) - mais toujours en terre ECM...

par Mathieu Durand // Publié le 26 mai 2008
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Review (1968-2000)

Michael Mantler

chez : ECM

Une compilation au casting à faire pâlir de jalousie tout compositeur : pêle-mêle et tour à tour Robert Wyatt, Carla Bley, Steve Swallow, Pharoah Sanders, Marianne Faithfull, Jack Bruce, John Greaves, Terje Rypdal, Tony Williams, Jack DeJohnette, Don Cherry, Ron Carter, Charlie Haden, excusez du peu… ! Vingt-deux morceaux pour 76 mn rappelant opportunément de quelle créativité est empreinte la longue carrière de Michael Mantler - et à quel point il a toujours su s’entourer... Merci ECM.

par Mathieu Durand // Publié le 26 mai 2008
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[on]

Eric Brochard, Jean-Luc Guionnet, Edward Perraud

Ce trio livre deux improvisations de 23 et 25 minutes où chacun tire de son instrument l’antithèse de sa sonorité conventionnelle. Une batterie coloriste et non rythmique, un saxophone qui évacue la mélodie et les intervalles tempérés, une contrebasse abrasive et percussive... Cymbales griffées, rayées, sons de cloches, claquements d’anches, nappes de basse, voire d’infra-basses et cordes frappées à l’archet ; bruits de fond qui émergent ; bruits de surface qui sombrent. Pas deux démonstrations : deux invitations/incitations/provocations.

Ceux pour qui « l’impro libre, c’est tout le temps la même chose » feraient bien d’écouter l’une après l’autre les deux plages : « Lithe » et « Néolithe ». Il faudra qu’ils trouvent autre chose à dire, ensuite.

par Diane Gastellu // Publié le 12 mai 2008
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