Citizen
Édition du 22 mai 2012 // Citizenjazz.com / ISSN 2102-5487
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Wild Is The Wind

Dee Alexander

Beaucoup de choses ici rappellent la Dee Dee Bridgewater de Love and Peace ou de Dear Ella : la façon de poser et d’utiliser la voix, plus faite pour les grandes salles que pour les petits comités, les débuts au sein d’un grand orchestre prestigieux (ici, celui de Henry « Light » Huff à qui est rendu un hommage chaleureux), et ce caractère démonstratif dans la joie comme dans la tristesse.

Pour autant, au-delà de son prénom et de son timbre vocal, Dee Alexander n’est pas la moitié d’une Bridgewater. Inspirée aussi par Nina Simone ou Dinah Washington, improvisatrice aux ressources inattendues (imitations instrumentales ou animales), cette chanteuse, qui rappelle aussi Rachelle Ferrell, présente un album cohérent mais qui n’évite pas toujours les ornières : les effets vocaux sont parfois appuyés à l’extrême (« This Bitter Earth »), les compositions « maison » pas forcément abouties. En revanche, la présence et l’énergie qui jaillissent de nos hauts-parleurs laissent présager un talent scénique certain, aux frontières entre jazz mainstream et music-hall.

par Diane Gastellu // Publié le 24 août 2009
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Adam et Eve

La Friture moderne

La Friture moderne, c’est cet ensemble qui, depuis une dizaine d’années, fait figure de laboratoire des musiques toulousaines. Pensez : parmi les musiciens crédités sur cet album, certains ont fondé Cannibales et Vahinés (Marc Demereau, Fabien Duscombs), le Tigre des Platanes (les mêmes plus Piero Pépin et Mathieu Sourisseau), le Lilliput Orkestra (Pascal Portejoie), un autre (Benoît Cazamayou) a enregistré un des albums les plus singuliers de l’année 2008, bref... un creuset, disions-nous.

Il est moins aisé d’arpenter le bitume dès lors qu’on utilise une batterie et des claviers. Adam et Eve rend compte du « virage de cuti » de la Friture, de la rue vers la scène. La Friture, c’est déjanté ou ça n’existe pas. Cela l’est donc dès le titre d’entrée, une cathartique « Élévation de Pidalium Pelo » (?), et jusqu’au morceau final, de Ligeti s’il vous plaît. Entre les deux, du Bartok à la scie musicale, un traditionnel en forme d’hymne, une czardas kafkaïenne, un « Ours » et des « Agneaux », un glaçon, des torgnoles... et « Le Rut », au cas où vous n’auriez pas saisi la vocation dionysiaque de l’album - et du groupe. Allez-y jeter une oreille, vous ne vous ennuierez pas.

par Diane Gastellu // Publié le 24 août 2009
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Night Lights

Susie Arioli

Susie Arioli (voc), Jordan Officer (g), Bil Gossage (cb)

Susie Arioli creuse depuis une dizaine années un répertoire jazz swing que l’on a beaucoup entendu. A la différence de nombre de ses consoeurs chanteuses (trop), elle le fait avec naturel, sans violons sirupeux, sans poses ni minauderies, sans torrents de sensualité frelatée.

La voix est bien placée, juste un peu voilée comme il faut, tendre ou joyeuse selon le temps qu’il fait. Les arrangements du guitariste et compagnon de route Jordan Officer sont d’une remarquable sobriété. Peu de place pour l’improvisation, en revanche : ici une grille de guitare, là quelques commentaires de sax façon Lester Young... « How Deep Is The Ocean », « I Can’t Get Started », « The Very Thought of You », « You Go to My Head » : rien que des classiques... et une chanson de Boris Vian, « Je bois », dans une version féminisée et chantée en français avec un joli désespoir distancié. Du jazz rétro sans prétention, qui se laisse écouter.

par Diane Gastellu // Publié le 17 août 2009
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Iron Wedding, Piano Duets

Aki Takase & Alexander von Schlippenbach

Aki Takase, Alexander von Schlippenbach (p)

Les « Noces de fer », c’est d’habitude le sixième anniversaire de mariage. Aki Takase et Alex von Schlippenbach ont plus du double au compteur : leur premier album en duo remonte à 1994. Les noces, ici, sont celles des cordes de leurs deux Steinways, indissolublement liés à travers seize courtes pièces et une suite en cinq parties.

Debussy (« Early Light »), Schönberg (« Twelve Tone Tales »), Monk (« Yui’s Dance »), Bach, Cage ou Cecil Taylor : l’inspiration ne tourne jamais à la paraphrase, elle irrigue le jeu de deux pianistes sur une même longueur d’onde, poétiques toujours, lyriques parfois. Fougue et délicatesse s’allient et se complètent pour donner un album qu’il convient d’écouter vraiment, en prenant le temps.

par Diane Gastellu // Publié le 10 août 2009
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Le Noeud logique + Yuko Oshima

Anne Montagard (cl, voc, objets), Lionel Malric (electronique, table sonore, kb), Yannis Frier (eg, magnétophone, radio), Yuko Oshima (dr)

Trois membres du Grand Chahut Collectif et une batteuse japonaise « free noise expérimental » en tournée - en vadrouille, dirait-on presque - en mai et juin 2008. Les cinq morceaux de cet album sont des captations de trois de leurs concerts : de l’improvisation à dominante bruitiste avec une solide bonne humeur et un penchant marqué pour la plaisanterie loufoque (les titres en témoignent). On regrette seulement de ne pas avoir l’image pour mieux partager l’énergie de ce joyeux chahut. A noter : trois invités de marque (Jean-Paul Autin, Damien Sabatier et Jean Luc Cappozzo) sur la troisième plage.

par Diane Gastellu // Publié le 10 août 2009
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