Les Nuits & les Jours de Querbes
11ème édition
Samedi 9, dimanche 10 et lundi 11 août 2008
Querbes…
C’est un lieu inconnu, improbable…
Un hameau, entre causse et rivière, entre champs brûlés et brumes de Toscane.
Une grange, une ancienne étable, des basses-cours, des moutons, des tables dressées sous les lampions comme pour les fêtes votives.
Deux cents amis tour à tour graves ou rieurs, qui ne se connaissaient pas la veille.
Une escouade d’écrivains, débarqués de quelques capitales, se demandant d’abord ce qu’ils vont trouver si loin.
Un bataillon de musiciens, s’émerveillant qu’un Steinway roupille dans la paille d’une grange.
Des comédiens lancés en éclaireur de textes.
Des plasticiens œuvrant ici et là, tendant des toiles, tordant des fers à béton, peignant des ombres et des lumières, tant que cela paraît aller de soi.
C’est un lieu quasi inconnu et paisible trois cent soixante deux jours par an, enfin les années bissextiles…
Deux cents amis qui ne se connaissaient pas la veille y donnent rendez-vous depuis dix ans.
Quelques jours et quelques nuits en août sur cette terre.
11ème édition : le thème
Le noir, le rouge et l’arc-en-ciel
Les Nuits & les Jours de Querbes proposent une visite nouvelle de la « petite patrie » du Nord Aveyron, de Capdenac à Decazeville – certainement pas avec le regard de la nostalgie ou du folklore frelaté. Visite aux origines, celle d’un rude pays agricole traversé, « remonté » par le Lot. C’est là que s’installe la mine, que se crée un puissant réseau de transport, d’abord fluvial puis ferroviaire.
Cette histoire, une industrialisation au cœur d’un pays rural, nous voulons l’évoquer sous forme d’un projet artistique, pour que chacun se l’approprie à sa manière et pour donner à cette histoire particulière des échos plus larges, « par delà les frontières ».
Un voyage, à la fois vers l’intérieur et vers l’inconnu, que nous voulons habiller de trois couleurs, le noir, le rouge et l’arc-en-ciel : le noir du charbon, des trains, du travail obscur aux long des voies, le rouge des escarbilles, des premières luttes ouvrières, du développement d’une culture populaire, l’arc-en-ciel d’une identité nouvelle, au carrefour des migrations et des échanges…
Voyage vers l’intérieur, par l’évocation des lieux, des travaux, des fêtes et des musiques – voyage au-delà en créant des « jumelages imaginaires » avec d’autres lieux de notre planète terre qu’illuminent les mêmes couleurs – en premier lieu, pour l’édition 2008, l’Afrique du Sud, pays de mine et de chemin de fer, pays du labeur obscur et aussi « nation arc-en-ciel » depuis l’abolition de l’apartheid.
Littérature - du « roman noir » à la nouvelle littérature sud-africaine, musique - des fanfares populaires d’ici aux rythmes « jive » du jazz si particulier des townships, rencontres, débats, performances et moments de fête collective, tous les ingrédients de Querbes seront bien sûr au rendez-vous de ce projet.
Programme de la 11ème édition
Pré Festival ; de mars à août : Master class avec Laurent Guitton et Eric Boccalini
Samedi 9 août 2008
11h Dernière répétition de la masterclass « Orchestre national de Querbes ! » (Querbes)
14h Rencontre débat : et lectures par les comédiens François Cancelli et Jean-Luc Debattice. Avec les auteurs Christopher Hope (« Les amants de ma mère », Panama… (Bibliothèque municipale de Capdenac-le-haut)
16h Rencontre débat : et lectures par les comédiens François Cancelli et Jean-Luc Debattice. Avec les auteurs Christopher Hope (« Les amants de ma mère », Panama… (Place de la Lecture, Figeac)
17h « Petit concert de l’après midi » : Aleas (Place de la Lecture, Figeac)
19h Inauguration avec la sculpture « Œuvre noire » de Roger Contreras et ouverture de la librairie de Querbes
21h Concert Grange de Querbes : Didier Labbé Quartet & Special Guest
23h « Cabaret Jazz » : Duo Boccalini Guitton (Ancienne étable de Querbes)
23h30 Grand concert de l’ « Orchestre national de Querbes ! », suivi d’un bal sous les lampions (Querbes)
Dimanche 10 août 2008
11h Performance artistique et littéraire « Du Charbon à l’Escarbille », en gare de Capdenac, sur une scénographie de William Noblet17h Rencontre débat : lectures (Ancienne étable, Querbes)
19h « Petit concert de l’après-midi » : Laurent Rochelle Duo (Querbes)
21h Concert Grange de Querbes : Makaya Ntshoko and the New Totsis
23h Cabaret Jazz : Sébastien Paindestre Trio (Ancienne étable, Querbes)
Lundi 11 août 2008
17h Rencontre débat : lectures (Ancienne étable, Querbes)
19h « Petit concert de l’après-midi » : Laurent Rochelle Trio
21h Concert Grange de Querbes : Vincent Mantsoe rencontre l’ARFI
23h Cabaret Jazz : Sébastien Paindestre Trio (Ancienne étable, Querbes)
L’Orchestre national de Querbes !
La collaboration entre les musiciens amateurs de la Lyre capdenacoise, ceux de la Banda d’Auvergne et le festival de Querbes remonte à 2004, année où fut créée, sous la direction de Françoise Toullec et William Noblet, l’Opéra ferroviaire, réunissant 70 choristes, musiciens, chanteurs, comédiens ainsi que la majestueuse machine à vapeur, la 141 R.
Cette coopération se renouvela en 2005, pour la création de Traversée des frontières, œuvre de Franck Assémat pour la musique, et de William Noblet pour la scénographie, spectacle de nuit avec le Clauchard, bateau à vapeur du XIXè siècle.
En 2006, Cours, camarade, le vieux monde est derrière toi !, performance de rue mettait face à face l’artiste solitaire et un énorme rouleau compresseur mu à la vapeur…
En 2007, une Remontée du Nil, sur une scénographie de William Noblet, faisait naître sur les berges du Lot des images dignes de Fellini ou de Kusturica…
Cette année 2007, la collaboration Festival / Banda avait pris un tour nouveau avec l’organisation d’une master class confiée au tubiste Laurent Guitton, membre du Didier Labbé Quartet ; au terme d’une année de travail avec leur chef Hervé Tardieu et le maître Guitton, un groupe de jeunes musiciens issus des harmonies constitua le Big band oriental : installés sous la tente dans le village, ces jeunes s’immergèrent trois jours et trois nuits dans la musique et la littérature d’Orient et ouvrirent le mémorable Bal des dix ans…
Faire découvrir à de jeunes musiciens amateurs des paysages nouveaux, les confronter à des musiciens renommés, leur permettre de progresser tout au long d’une année de travail sans concessions, amener certains vers des carrières professionnelles… c’est le projet que le festival propose désormais aux jeunes musiciens du Nord Aveyron.
L’évocation du passé mineur et ouvrier du pays de Capdenac et de Decazeville, le jumelage imaginaire avec l’Afrique du sud et les musiques des townships permettent à ces groupes amateurs de renouer avec leur passé d’harmonies ouvrières ou cheminotes, tout en se projetant, par delà les frontières, vers l’Afrique australe et ses fameux rythmes jive. Du charbon à l’escarbille : Une performance pour mettre en valeur le patrimoine industriel de Capdenac et de Decazeville
Au cœur du pays vert et rural, dans la dépression du Lot qui entaille le causse, s’est établi un îlot industriel, la mine « Decaze » et la grande étoile ferroviaire de Capdenac. Rude et noir pays, vallée bourdonnante d’activité, paysages marqués par la taille, la suie, les fumées… jusqu’au jour où la page a été tournée, celle où la mine a fermée, où le charbon n’a plus quitté la vallée… Mais peut-on dire aussi simplement qu’on « tourne la page » ?
Quand cette histoire est si présente dans le paysage, dans les toponymes, dans les mémoires, dans les pages de l’annuaire où les noms de famille de dizaines de nationalités se côtoient toujours… quand ici et là, on vit d’une retraite de la mine ou du chemin de fer ? Ces histoires là – la fin de la mine, la fin annoncée, ou programmée de la gare ? – ont leur part de nostalgie et même de douleur : on ne peut s’empêcher de penser que ces fermetures se décident là-bas ou là-haut et qu’ici on se contente de payer la casse ; mais aussi de grandeur : l’aventure industrielle laisse de belles traces, monuments comme les viaducs de la vallée de la Diège, paysages travaillés, habités, et puis des façons d’être et de dire particulières, une ouverture sur le monde, une capacité d’accueil et de curiosité.
Cette histoire, bien souvent éparpillée encore en mémoires personnelles, les Nuits & les Jours de Querbes veulent l’évoquer à leur façon, d’abord parce que Querbes est un village qui appartient à cette aventure : 1) en poursuivant le travail avec les musiciens amateurs de la Banda d’Auvergne et de la Lyre capdenacoise, harmonies nées dans la mouvance des organisations de cheminots, à la fin du XIXème siècle : plus particulièrement en revisitant les archives intégralement conservées de ces harmonies, en reprenant certaines partitions pour les faire revivre et les transformer par un face à face avec d’autres musiques de fanfares – celle des townships d’Afrique du Sud par exemple. 2) en réalisant une « performance », un instantané qui permettent au gens d’ici, comme aux invités participants au festival, de faire revenir cette mémoire, sans vouloir cacher ce qu’elle a de poids à porter encore, mais en la tirant vers la fête, la création collective. En évoquant avec des comédiens, des funambules, des musiciens burlesques un voyage imaginaire de « Decaze » à « Capde », sur le plateau de la gare mis exceptionnellement à notre disposition par la Société nationale…
Dans la lignée du travail engagé depuis plusieurs années avec d’anciens cheminots (Opéra ferroviaire en 2004 ; Traversée des frontières en 2005 ; Cours camarade en 2006 ; Remontée du Nil en 2007), cette performance est un travail de création confié à des scénographe, plasticien, compositeur, musiciens et comédiens sur un cahier des charges initial, qui comprend un fil conducteur, un espace, une « machine », un temps – et l’objectif de transformer les spectateurs en acteur de l’événement.
Une performance : Du charbon à l’escarbille, en noir, en rouge et en arc-en-ciel.
Les invités de la 11ème édition du Festival
Ecrivains :
Christopher Hope - Les amants de ma mère, Panama, 2007
Zoé Wicomb - Une vie sans couleur, Phébus, 2007 (sous réserve)
André Brink (sous réserve)
Frantz Bartelt, à l’occasion des Palabres de Querbes en juin
Christopher Hope
Christopher Hope a appris la politique et la conscience des divisions raciales pendant ses études à l’université du Witwatersrand, lieu en ébullition dans les années 60. Il travaille ensuite comme éditeur et fonde la revue Bolt, qui publie de la poésie comme moyen de protestation. Lui-même écrit plusieurs recueils de nouvelles, dont un reçoit les prix littéraires Thomas Pringle Prize et Cholmondeley Award. En 1975, Hope quitte l’Afrique du Sud et s’installe à Londres. Son premier roman, A Separate Development (1980), satire de l’apartheid, est interdit en Afrique du Sud mais récompensé en Angleterre par le David Higham Prize for Best First Novel.
Christopher Hope ne se contente pas de critiquer le système politique de son pays mais observe les folies des autres nations et les cruautés absurdes de l’oppression politique. Avec un oeil sur le bizarre dans le quotidien, il utilise la satire contemporaine pour décrire la Russie d’après la Guerre Froide dans Moscow ! Moscow ! (1990), l’Angleterre dans Darkest England (1996) et le Languedoc, où il vit alors, dans Signs of the Heart(1999). En 2006, Christopher Hope publie un nouveau roman, My Mother’s Lovers, qui paraît en France en 2007 sous le titre Les Amants de ma mère : règlement de comptes avec l’Afrique du Sud pré- et post-apartheid. Source
Aleas
Avec un répertoire de compositions originales et de reprises de Om Kalsom, Rabi Habou Khali, le quartet Aléas offre un univers musical chaleureux et coloré, amenant le jazz vers des territoires variés : des musiques traditionnelles aux accents klezmer aux musiques orientales, en passant par la méditerranée et les Balkans. Source
Didier Labbé Quartet
Créé en 1996 à Toulouse, le Didier Labbé Quartet est né de la rencontre entre quatre musiciens venus d’horizons divers (jazz, classique, rock, trad), unis par une même passion pour les musiques méditerranéennes. Cette diversité nourrit un jeu collectif d’où l’humour n’est jamais absent.
C’est tout un folklore imaginaire que s’est créé le groupe, s’inspirant des musiques d’Italie, de Palestine, du Maghreb, de Grèce, de Bosnie, d’Espagne, d’Israël, de Macédoine, de Turquie, etc… Le mot folklore prend ici tout son sens de science de l’art populaire. Cette musique est avant tout une musique pour être ensemble, loin d’un jazz élitiste réservé aux initiés.
A Querbes, le Didier Labbé Quartet rendra hommage à Abdullah Ibrahim.
Source
Duo Laurent Guitton & Eric Boccalini
Laurent Guitton débute la musique à 14 ans et s’oriente rapidement vers le tuba, pour lequel il obtient plusieurs prix de Toulouse et de Paris. Il utilise depuis toutes les facettes de son instrument pour jouer dans des styles aussi variés que le classique (quintette de cuivres, quatuor de tubas, orchestres symphoniques), le jazz (groupe ‘‘New Orleans’’, jazz moderne : Sardana Jazz de Michel Marre) et la musique populaire (Amestoy Trio). Il collabore aussi avec le théâtre et la danse et joue également régulièrement au sein de l’ensemble Dézoriental.
Eric Boccalini : ‘‘La passion de la batterie, c’est tout !’’. Cette passion s’exprime chez lui à partir de 1974. A l’époque, fan de Led Zeppelin, il évolue du hard rock au rock progressif et en arrive au jazz. D’abord autodidacte, il étudie le chant, le solfège et les percussions. De 1975 à 1985, il joue avec des musiciens capverdiens, camerounais ou guinéens à Paris et suit des cours à l’école Dante Agostini et à la Drums School de Limoges. En 1990, son séjour de six mois au Sénégal le plonge au milieu des percussions ; il s’intéressé à la musique brésilienne et approfondit la connaissance du djembe Dun-Dun.
Makaya Ntshoko & The New Tsotsis
Le batteur sud-africain, ancien compagnon de route de Dollar Brand (Abdullah Ibrahim), Hugh Masekela, Johnny Dyani et d’autres est de retour, avec son quartet suisse et sa musique jazz mondial. Sa technique à la fois complexe, polyrythmique et pleine d’énergie se joint à celles de deux musiciens de jazz confirmés et d’un jeune talent à découvrir : Stephan Kurmann, qui est, grâce à sa grande expérience musicale et à sa créativité dans l’improvisation, un des bassistes les plus demandés dans le jazz européen ; Andy Scherrer, qui, par son jeu et par son inépuisable créativité, figure depuis des années parmi les plus grands saxophonistes ténor de jazz en Europe ; et, last but not least, Vera Kappeler au piano, qui compte parmi les plus grands talents du jazz helvétique, grâce à son style claire, intelligent et pourvu de toute forme de prétention.
Source
Association à la Recherche d’un Folklore Imaginaire (ARFI)
Compagnie de musiciens professionnels implantée à Lyon depuis sa naissance en 1977, l’Arfi représente l’une des réussites collectives évidentes de la scène du jazz européen. Autour du Workshop de Lyon, du Marvelous Band (formations à l’origine de l’ARFI) et de la Marmite Infernale son grand orchestre, les répertoires du collectif évoluent dans une sphère musicale très vaste. Du jazz contemporain aux musiques improvisées surtout, la musique de l’Arfi parle de nombreuses langues : elle est vivante, savante et populaire, traditionnelle et actuelle, inspirée, enjouée et jouée dans toutes sortes de circonstances.
Vincent Mantsoe a grandi à Soweto, en Afrique du Sud, où il s’est initié à la danse à travers les clubs de jeunes, la danse de rue et les vidéoclips. En 1990, il a obtenu une bourse pour suivre un stage de formation au sein de la Moving Into Dance Company (MID) de Sylvia Glasser à Johannesburg. De 1997 à 2001, il a œuvré comme directeur artistique associé de la compagnie MID. Interprète soliste avant tout, il a aussi créé des œuvres d’ensemble, notamment pour le Dance Theatre of Harlem à New York et pour le COBA (Collective of Black Artists) à Toronto (Canada).
L’art chorégraphique de M. Mantsoe marie la danse traditionnelle africaine à des influences contemporaines, autochtones et asiatiques, et à des éléments de ballet, pour forger un style interculturel unique d’Afro-fusion. Il reconnaît l’action de la spiritualité dans sa démarche créatrice, qu’il décrit comme un processus d’« emprunt » aux « ancêtres », soulignant l’importance de comprendre et d’apprécier les sources de ses mouvements traditionnels. Source
Sébastien Paindestre Trio
Motivé par la création d’un projet musical personnel et par la volonté de s’exprimer à travers un dialogue contrebasse-batterie-piano, Sébastien Paindestre écrit des compositions construites en partie sur l’ambiguïté harmonique issue de la musique modale jazz, dont certaines peuvent être enrichies par l’influence de la musique classique.
Créée en 2001, la formation évolue de concert en concert vers une direction musicale fidèle aux exigences esthétiques de son leader.
Antoine et Jean-Claude suivent sans retenue dans ce parcours artistique et cette aventure humaine… Source et Myspace
Laurent Rochelle Trio
Laurent Rochelle (clarinette basse, sax soprano ) Après une formation classique au saxophone alto, il se tourne vers le jazz et les musiques improvisées. Très tôt, il s’intéresse à la composition en s’imprégnant des musiques des balkans et en puisant son inspiration auprès de compositeurs classiques (Bartók, Berg..) et contemporains (Philip Glass, Terry Riley).
Membre fondateur du groupe Monkomarok avec lequel il enregistre 4 albums et réalise de nombreuses tournées en France et l’étranger, il joue et compose également pour le Lilliput Orkestra, quartet de Jazz actuel.
Depuis de nombreuses années, Laurent Rochelle collabore avec le théâtre par la réalisation de bandes sons de spectacles, participe à des ciné–concerts avec le Ciné Kwak, écrit de la musique pour court-métrages et DVD et travaille avec de nombreux danseurs dans le cadre de rencontres improvisées.
A Querbes, on le verra en compagnie des danseurs hongrois Denes Debrei et Heni Varga.
Dénes Debrei et Heni Varga poursuivent un parcours d’interprètes, danseurs et comédiens, notamment auprès de Joseph Nadj depuis 1989.
Denes Debrei étudie l’art dramatique au conservatoire de Novi Sad et la danse théâtre à Budapest. Il joue au théâtre de Subotica avec L. Ristic, D. Gothard, R. Serbedzia, L. Stojanovic, H. Pa-sovic et la chorégraphe N. Kokotovic ; au cinéma sous la di-rection de P. Erdos, E. Balazs et B. Sprajc. En 1986, il crée la compagnie Nyari Mozi avec I. Lalic. II participe aux créations de J. Nadj suivantes : La mort de l’empereur, Comedia tem-pio, Les échelles d’Orphée, Woyzeck, l’Anatomie du fauve, Les commentaires d’Habacuc, Le vent dans le sac, et Les veilleurs, et comme assistant à la mise en scène sur Poussière de soleils.
Henrieta Varga joue au Théâtre National de Subotica sous la direction de L. Ristic et de la chorégraphe Nada Kokotovic. En 1989, elle suit une formation au Théâtre Mouvement de Skene à Buda-pest puis à l’école internationale de théâtre Jacques Lecoq. Depuis, au cours d’allers et retours réguliers entre la France et la Hongrie, elle travaille auprès de metteurs en scène tels que Eugène Schwartz, Christian Benedetti, Cyril Grosse et de compagnies telles que Bokor et Cie. Elle participe aux créations de Josef Nadj suivantes : Woyzeck et Les veilleurs.
Source et Myspace
Jean-Luc Debattice
Jean-Luc Debattice est comédien, poète, auteur-compositeur-interprète.
Bien que comptant à son répertoire plus de 250 chansons et de nombreux spectacles (Comme un vieux moteur dans un arbre à viande, Sur la bande à côté de la plaque, Show bizz’art, Avec des fleurs…), Jean-Luc Debattice ne dédaigne pas interpréter les chansons d’auteurs très variés tels les Indiens d’Amérique, les poètes modernes (André Velter, Jim Morisson…), les poètes celtes, les poètes français du siècle dernier ou les écrivains sud-africains contemporains. Il participe régulièrement à l’émission de France Culture « Poésie sur parole » et fait de nombreuses lectures publiques de poésie. Il a publié plusieurs recueils et deux enregistrements sonores : Barbaroque et Ça cavale.
François Cancelli
François Cancelli, né en Moselle en 1958, est comédien et metteur en scène. De 1977 à 1995 il a suivi essentiellement un parcours de comédien, jouant toutes sortes de répertoires, ainsi qu’une quantité de production destinées au jeune public. En 1996, il fonde, avec Catherine Toussaint, la compagnie La Strada dont le caractère principal est la mouvance. Théâtre du quotidien, théâtre musical, écritures contemporaines, répertoire classique, petites formes en balade, lectures, impromptus, performances, croisements artistiques, jeune public, travail de mémoire etc. sont les formes dans lesquelles François Cancelli aime s’exprimer.
Agnès Pancrassin
Après une formation en danse classique au Conservatoire de Reims auprès de D. Leschaeve et C. Leblanc, elle découvre la danse contemporaine auprès de B. Canonne, C. Coessens et M. Breuker. Elle perfectionne cette formation à l’Académie Internationale de la Danse et au studio Harmonic de Paris où elle travaille principalement avec S. Ricou et C. Lanselle. Elle intègre la Compagnie à l’occasion du ballet Corps à cordes présenté aux Flâneries musicales d’été rémoises 2000 et danse également dans les deux dernières créations de la Compagnie Entre masques et visages 2002 et Daedalus 2002-2003. Interprète pour la Compagnie Icosaèdre dans le projet Danses Chorales. Source
William Noblet
Né en Champagne, William Noblet est ancien élève des Arts appliqués. Il est de ceux qui ont décidé de faire de leur vie une œuvre d’art : sculpteur exigeant, mais aussi scénographe, acrobate, comédien ou percussionniste à l’occasion, William Noblet est un homme pressé, refusant toute concession et préférant toujours la ligne droite. Artisan essentiel du festival depuis ses débuts, il a mis en scène en 2004 Passagers clandestins de Françoise Toullec, en 2005 D’une frontière l’autre sur une musique de Franck Assémat et dans le personnage de l’artiste solitaire, à la performance Cours, camarade le vieux monde est derrière toi en 2007.
Roger Contreras
Son intérêt pour la peinture c’est manifesté vers l’âge de 25 ans, ses références Delacroix, Cézanne.
C’est une dizaine d’années plus tard que Roger Contreras s’engage dans la formation. Il suit des stages chez des artistes et les cours libres à l’école des beaux arts de Nîmes. Après une carrière menée à la SNCF, il peut me consacrer exclusivement à l’expression plastique.
« Si l’art c’est l’expression du fond par la forme, pour moi le fond est essentiel. C’est tout l’intérêt que je porte à votre festival. »
Paroles d’écrivains, de journalistes, de spectateurs - Querbes 2007
… Alors, c’était comment Querbes ?, me demande (à l’habitude) Dima (ma fille), chaque fois que je rentre d’un voyage.
C’était très… bien, je veux dire, par moment le goût de l’enfance à Bécharré, l’été ! Je t’assure, il y avait des mûres sauvages, des poules libres et heureuses, des brebis qui s’arrêtaient un moment, regardaient cette foule bizarre sous les lampions multicolores et, il y avait aussi le hida du palestinien Marwan, presque le chant de mon grand-père, celui qui est mort avant ma naissance, et dont tout le monde raconte la voix qui faisait pleurer les pierres… et le Lot, beaucoup plus large que le Qadisha, mais aux mêmes senteurs ! et sur lequel on a remonté le Nil !!
T’imagines ?
… Le matin, j’ouvrais ma fenêtre sur un parfum de café au soleil, aux rugissements de Paul en plein exercice de tigre matinal, Mathilde toute barbouillée de Nutella (noutéla) pestait en allemand devant sa mémé qui patientait, des sandales à la main et un grand sourire aux lèvres…
Ni le jazz, ni la fanfare, ni les grillades (de Claude), ni les instructions (de Jacqueline, quartiers de melon succulents à l’appui) ne pouvait freiner la conversation continue (et chaude) entre Shlomo et Marc… et Alona a fini par désespérer (ne comprenant pas le français) sans que cela altère sa bonne humeur…
A la nuit des étoiles, Alona et moi avons préféré la veillée avec les enfants sous la tonnelle… Là, nous avons beaucoup rigolé avec Mayonnaise et sommes tombés amoureux du beau Valentin qui aime la lecture. Ses parents ne sont pas venus, mais la voisine nous a rejoint et nous avons mangé des pêches…
Les acteurs – qui ont lu les textes, François et Jean-Luc – étaient sublimes. Et ceux qui ont assisté aux débats étaient encore plus talentueux ! Ils avaient des visages, des voix rares, mais Myriam a pleuré.
Dehors, j’ai pris Myriam dans mes bras… Alona me demande pourquoi elle pleure, j’ai dit qu’elle ne savait pas, pour elle l’image idyllique du kibboutz reste… Non, me dit Alona… faut se réveiller ! Oui, j’ai dit, mais Shlomo va trop fort, et… je me retrouve – moi – à réconcilier des juifs fâchés entre eux, c’est rigolo… Querbes !
En famille, presque.
Katrin, entre deux lessives, mettait sa très belle robe de bal et allait danser devant la grange… et tu sais quoi ? Jean-Paul m’écrit que la clé est sur le compteur d’eau, et c’est quand on veut…
Qu’en penses-tu ?
Hoda Barakat, écrivain L’embellie de Querbes
Ce fut comme la fin d’un été difficile dont le seul souvenir mémorable, et heureux, reste - et restera, l’embellie de Querbes.
Je voulais dire, ou redire, le bonheur que furent ces jours partagés. Quand la vie décidément ne vous sourit pas, se découvrir ainsi des amis que l’on ne connaissait pas la veille, dans un lieu inconnu plus encore, relève de ce que les croyants tiendraient pour un petit miracle. Ne l’étant point, mais pas moins superstitieux que tout un chacun(e), je me contenterai d’un clin d’oeil du destin qui comme la météo du moment aurait pour un instant cessé de souffler de mauvais vents contraires. Et en tout cas, c’était bien. Juste et bien.
Et je sais qu’il n’y avait là ni miracle, ni hasard, mais votre formidable travail à tous, dont plus j’y pense, et pourtant j’en sais bien peu, a de quoi laisser confondu l’observateur le plus blasé (ce que je ne suis pas non plus) quand on imagine tous les concours qu’il vous faut revenir avec je suppose quelques déconvenues au passage.
Mais à la fin tout marche comme si tout allait de soi et sur ce point votre équipe a réussi au-delà de tout, au point même de donner l’impression que tout était naturellement comme ça et de nous offrir à tous, de tels moments mélangeant rencontres intenses et bonheurs légers.
Merci de partager ce message avec tous tes amis qui, dans le souvenir sont désormais aussi (un peu) les miens.
Un grand salut à toi, toutes et tous.
Marc Kravetz, journaliste, France Culture, Libération
Les Nuits & les Jours de Querbes, 10ème édition
Une grange. La charpente un peu vermoulue, le plancher grossier, et un piano au fond.
Une étable où sont lus les textes d’une poétesse turque menacée, Asli Erdogan.
Le vol silencieux des chauves-souris entre les poutres.
Un rafiot maquillé en steam-boat par des artificiers basques ( !) où douze passagers sirotent du champagne en remontant le Nil - ou peut-être était-ce le Lot - entre Capdenac et Capdenac, au son d’une fanfare jazzy (mais où ont-ils caché les pyramides ?)
Une cour de maison où des gens venus de partout et d’ailleurs mangent ensemble des grillades et boivent - pour certains - du vin de Marcillac.
Des étoiles plein le ciel, proches presque à vous toucher, et un astrophysicien pour vous apprendre à les lire en Braille.
Un hameau accroché au bord d’un plateau calcaire, en Aveyron, tout près du Lot. Vingt maisons tout au plus, et un festival.
Querbes.
Trois jours par ans, au mois d’août, s’y déroule depuis dix ans le plus improbable rassemblement d’écrivains, de musiciens et de comédiens qui se puisse imaginer. Pour ceux qui seraient tentés de dauber la « scène aveyronnaise », quelques noms en vrac parmi les programmes des dix années écoulées : Mimi Lorenzini, Ann Ballester, Jean-Luc Debattice, Bruno Tocanne, Jean Marie Machado, Lionel Martin, Claudia Solal, Didier Labbé, Olivier Calmel, Tao Ravao, Justin Vali, Catherine Delaunay, Bojan Z... Ça vous en bouche un coin, non ?...
Cette année, sur le thème « Ce qui se lève à l’Orient » (d’où la remontée du Nil évoquée plus haut), Querbes était le seul endroit au monde où pouvaient se rencontrer et débattre des écrivains israéliens (Alona Kimhi, Shlomo Sand) et libanais (Hoda Barakat), des musiciens palestiniens, français, syriens et algériens.
Le public ? Des fidèles et des nouveaux. Des gens du coin et des touristes. Ceux qui ont vu l’affiche dans le village d’à côté. Ceux qui sont venus exprès, cette année, après être tombés là par hasard un jour, l’an dernier, il y a cinq ans. Fonctionnaires, amoureux, épiciers, professeurs, paysans, écrivains, cadres en chômage, photographes célèbres, cheminots, députés suppléants... Des vieux, des jeunes, des mûrs, des gosses. Pas des milliers : quelques centaines. L’endroit n’est pas assez grand pour accueillir plus de monde, et c’est tant mieux. Querbes restera Querbes.
L’an prochain ? On s’y retrouve bien volontiers.