Petite digression dans le parcours en trio de Lucien Dubuis, saxophoniste et clarinettiste suisse, ce projet de duo avec un pianiste, Christophe Studer est un éclairage nouveau et très intéressant de son univers musical.
Moins tonitruant du fait de l’instrumentation, la musique présentée ici est composée à parts égales par les deux musiciens. Très lyrique parfois, très découpés, les thèmes forment un ensemble harmonieux. Passant du piano à l’orgue Hammond, Studer se montre un pianiste énergique et décidé. Sur ce projet, Dubuis ne joue que de la clarinette basse et contrebasse, ce qui apporte une ambiance tranchante et pointue dans les aigus, adoucie par l’orgue (« C’t’équipe ») ou rauque et tellurique comme sur « Sans les ongles ou alors coupe-les ! ».
Le dialogue entre les deux musiciens, très constructif, est une recherche permanente de sonorités, de rythmes. On y entend aussi l’« usine verte », un instrument joué par Studer qui produit des nappes de sons étranges.
A ranger dans la case « New music & electronica », dit le dos de pochette… Pour ma part, je le mettrais à côté du duo Ellington-Coltrane ou Emler–Sellam, selon mon humeur.
Voici un beau trio qui suscite l’enthousiasme ; tous chanteurs, multi-instrumentistes, arrangeurs, prouvant que l’on peut jouer de la musique grand public de qualité.
Jolis clins d’œil au jazz du passé, son chaleureux, scat, beat boxing, polyphonies, humour, éclectisme musical, et surtout une joie de jouer qui s’exprime à chaque note. Les reprises ne sont jamais des redites, transformées avec espièglerie parfois, mais toujours avec talent et amour (réjouissant « Moanin’ » , inattendu « Laura », réharmonisé « Doodlin’ »), les textes sont drôles, bien écrits.
Les compositions de Yona Yacoub - sax ténor et chant - d’influences soul ou orientales, sont arrangées par Fred Luzignant, tromboniste et excellent chanteur, au timbre de voix qui n’est pas sans rappeler celui du jeune Eddy Louiss. On peut regretter deux compositions plus passe-partout, en anglais, qui pour être bien faites, n’en sont pas moins d’une séduction facile. Cette réserve faite, un disque créatif, varié, joyeux et foisonnant d’idées. Du vrai fait maison d’une grande fraîcheur.
Toujours très difficile de reprendre des hits de la pop pour en faire des musiques jazzifiées. En général, l’auditeur a un sentiment de mal-être ; ne ressentant que le ratage.
On sait que Pierrejean Gaucher est un guitariste fan de Frank Zappa ; on retrouve des thèmes plus ou moins connus (de « Lumpy Gravy » à « Sleep Dirt ») du guitariste américain moustachu et chevelu et un thème des Beatles et de Police.
Dans tous les cas, les guitares de Govin et Gaucher se répondent ou l’une d’entre elles fait la rythmique. Rien de nouveau, certains morceaux rappellent les interprétations de Tuck and Patti, ainsi que les déferlantes guitaristiques de Stanley Jordan et quelques sonorités d’Allan Holdsworth. Pourtant rien de tout cela, mais quelques points communs dans notre duo franco-français. On notera les interprétations intéressantes de « Sleep Dirt » et de « Let the Water Turn Black » de Zappa.
Le travail est honnête et très estimable mais on aimerait plus de piquant.
Les amoureux et amoureuses des chanteuses hors format telles Mlles Suzanne Abbuehl, Sidsel Endresen et Claudia Solal seront foudroyés par Chloé Lévy, sa voix évidemment, ses compos, ses (rares) reprises et et son sublime pianiste. Allergiques à la poésie, aux paysages gris-bleu et à la délicatesse s’abstenir. On y reviendra. En attendant, un Myspace... et un site
Un objet multimédia à la pochette gothique aguicheuse. Si le DVD laisse un peu perplexe, le jazz vocal de Katie Bull sort des autoroutes rebattues du genre. Son chant certes assez classique se mélange à merveille avec des saxophones que les notes suraiguës n’effraient pas. Il n’est donc pas choquant que ce disque flatte d’abord les yeux avant de séduire l’oreille.
Attention, ce disque vaut bien plus que son emballage un peu kitsch et son titre ronflant. Le guitariste belge Fabien Degryse propose en effet une vision personnelle du trio guitare acoustique, contrebasse, batterie qui rappellera parfois certaines oeuvres de Pat Metheny. Ses harmonies riches, ses improvisations colorées se mêlent parfaitement à une section rythmique tout aussi à l’aise dans le swing que dans le groove binaire.
Contrairement à François, Jean-Luc Fillon ne joue pas du pipeau mais du cor anglais. Hautbois ténor en d’autres termes. C’est également avec une extrême finesse qu’il montre son art de l’arrangement.
Dix titres de Duke Ellington pour son quintet où on retrouve avec un grand bonheur l’exquis Tony Rabeson à la batterie. Glenn Ferris, João Paulo et Jean-Jacques Avenel complètent cet attelage de très haute volée qui, malgré un relatif classicisme formel, laisse entendre une musique belle et parcourue d’un souffle sonore nouveau.
Dans la rubrique “réchauffé”. Suffit-il d’avoir une belle voix (très jolis aigus), et d’imiter ses illustres ainées ? (exagération peu naturelle des graves) S’agit-il de choisir des tubes des années 40 ? Qu’est ce que le jazz sans prises de risques ? Seul sur “sunny side” la chanteuse manifeste une grande aisance et un scat fluide qui ravissent l’ouïe Sinon c’est vraiment trop dans les clous (rouillés).
On est content d’entendre enfin des compositions. Plus de sincérité, moins de maniérisme, une orchestration classique mais présente et inventive. Dommage qu’Elisabeth chante presque toujours “au plafond”, cela cantonne la voix à une seule couleur ; on aurait envie de plus de nuances, comme au début du dernier titre, pour apprécier l’étendue de son timbre.
Pop légère genre Tok Tok Tok. Voix agréable, quelques efforts sur les sonorités dans les arrangements ; textes moins idiots que d’habitude dans ce genre de musique ; et au moins la reprise de « Stormy Weather » est sobre et décalée. Dans le bac « Easy listening ».