Citizen
Édition du 8 février 2012 // Citizenjazz.com / ISSN 2102-5487
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Sustain

Mat Maneri Quartet

Mat Maneri (viole), Joe McPhee (ss), Craig Taborn (p, kb), William Parker (b), Gerald Cleaver (d)

Deux concepts composent cet album, qui fait partie de la Blue Series du label Thirsty Ear. Le premier est d’ordre spirituel : décrire le cycle de la vie, de la naissance à la mort, qui est vue comme purification. Le second concept est musical : alterner solos (aptement nommés Alone) et de morceaux en groupe.

Les solos sont tous intéressants, voire passionants. Maneri lance l’album en explorant des crissements et complaintes à bas volume. Taborn préfère la méditation à la narration, mais confond parfois le prétentieux et le profond. Parker évoque la plénitude et la présence de la chair. Si vous devinez comment Cleaver produit son solo, dîtes-le moi ! Enfin, McPhee se positionne comme un Lester Young ré-incarné, au souffle plus éthéré que jamais, mettant à nu la connection entre l’air et le métal. En bref, c’est très beau.

Les morceaux en groupe sont généralement des explorations texturales collectives assez denses et sous-terraines (au niveau du volume), que quelques décharges électriques tirent vers la lumière. Sur Nerve, par exemple, Maneri rappelle le Pete Cosey entendu aux côtés du Miles voudou-jazz-funk du milieu des années 70.

par Mwanji Ezana // Publié le 5 mai 2003
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