Maxime Bender

Infinity Of Sound

Maxime Bender (ts, ss) Joachim Kühn (p), Stéphane Kerecki (b), Daniel Humair (d)

Label / Distribution : Igloo

Maxime Bender avance à pas de géant. Après ses derniers albums remarquables Fall & Rise et Universal Sky parus sur le label italien Cam Jazz, voilà qu’il s’envole dans de hautes sphères avec son nouvel album Infinity Of Sound. Captée en direct à la Philharmonie Luxembourg, cette prestation interpelle par son casting et, pour ne rien gâcher, l’enregistrement réalisé par Charles Stoltz bénéficie d’une excellente prise de son.

Les festivités commencent avec une des compositions de Joachim Kühn entendue maintes fois et qui ici se pare d’habits neufs, « Para ». Aucune raison pour ces musiciens de haut vol de se calquer sur des formes souvent entendues auparavant. Les fulgurances du pianiste succèdent à une intervention superbe de Stéphane Kerecki qui célèbre la beauté mélodique alors que Daniel Humair explore de nouvelles contrées et n’en finit pas de nous surprendre. Le son de ténor de Maxime Bender, tout à la fois fiévreux et tranchant, s’accole au trio comme en une indissociable aimantation.

La qualité expressive du saxophoniste se double d’un talent de compositeur qu’illustre la finesse esthétique de « Kyō » et d’« Expansion of Space ». Son écriture combine la spontanéité et une imagination fertile. Les partitions accordent une place conséquente aux respirations harmoniques. Interprété au saxophone soprano, « Shadow and it’s Opposite » fait entendre les subtilités du jeu lyrique de Joachim Kühn. Les notes semées sur le clavier avec parcimonie s’accompagnent d’une pudeur qui n’est pas sans rappeler le duo du pianiste avec Ornette Coleman dans l’album Colors. La ferveur monte dans un vieux cheval de bataille de Kühn, « Missing a Page », où la contrebasse se fond dans l’élasticité du jeu percussif de Daniel Humair. Tendez l’oreille sur la résonance brute des cymbales jouées aux baguettes. Si depuis plus de soixante ans la virtuosité est la marque de fabrique du batteur suisse, son économie de moyens nous éblouit. Partagé entre une contemporanéité absolue et le fantôme de Sidney « Big Sid » Catlett, il fait de chacune de ses ponctuations un enchantement. Le quartet atteint là un équilibre qui confine à la pureté substantielle.

Infinity Of Sound est plus qu’une étape dans le parcours de Maxime Bender, il renferme une substance exaltante. Les multiples trouvailles instrumentales additionnées aboutissent à une complicité entre quatre merveilleux artistes qui réinventent l’histoire du jazz.


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