ANDY EMLER MEGAOCTET
en concert au Triton (Mairie des Lilas)
Pour la création de son nouveau répertoire
samedi 6 septembre - 21h

- Photo Jeanne Davy (D.R.)
Le MegaOctet prépare activement les célébrations de son vingtième anniversaire, marquées par un concert-événement à la Salle Pleyel et la sortie, en mars 2009, d’un nouvel album chez Naïve. Ce nouveau répertoire très attendu, c’est au Triton qu’Andy Emler a choisi de le créer. Et pas question de lésiner sur les moyens.
« Pour la première fois, nous allons répéter cinq jours de suite : du jamais vu ! Jusqu’ici ce n’était jamais plus d’une ou deux fois tous les six mois. Parce qu’à la demande des musiciens, il y aura plus de »nourriture« dans les compositions, plus de technicité dans les détails... Et plus que jamais, une écriture à la carte, avec des pièces pensées en fonction de la mise en valeur des individualités ou de l’ensemble. Le son de l’orchestre demeure, avec sa forte dominante acoustique et son énergie jubilatoire, tout comme certaines »recettes" : les boucles, les entretiens sur notes-pédales, les réservoirs de notes imposées ou, au contraire, les notes au choix sur rythmes imposés...
Au menu, deux grandes pièces difficiles et consistantes, « La Régamuse » et une autre pour l’heure sans titre ; et d’autres plus courtes, les « ouvertoires », qui sont des petits résumés du Méga en trois minutes, et les « beautifolders », centrées autour d’un ou deux solistes... Sans oublier des clins d’oeil amicaux - au rugby, avec « Crouch Touch Engage », ou à une chanteuse amie, avec un « Mail A Elise »... "

- M. Collignon © H. Collon/Vues sur Scènes
Andy Emler piano, direction
François Verly marimba, percussions
Méderic Collignon cornet de poche, bugle, tuba alto, voix
Laurent Dehors saxophone ténor, clarinette basse, cornemuse
Thomas de Pourquery saxophones alto et soprano, voix
Adrien Amey saxophone alto
François Thuillier tubas
Claude Tchamitchian contrebasse
Eric Echampard batterie
« Andy Emler n’est pas un jazzman. Plutôt un baroudeur de l’improvisation universelle. Ainsi, pour ses nombreuses pièces, ce pianiste turbulent, adepte des grandes formations, n’hésite pas à puiser son matériel sonore dans des répertoires aussi variés que la tradition basque, danoise, tibétaine, rock, funk, ou jazz. Ses maîtres mots : humour, jubilation et énergie… Attention, ça décoiffe !
Andy Emler n’a pas exactement effectué la trajectoire classique du bon jazzman. Ce serait même plutôt l’inverse. D’abord, c’est à travers des cours de piano avec une organiste classique qu’il connaît depuis qu’il est tout petit (il est né en 1958) qu’il découvre la musique. Assidu, il se forge à ses côtés une étonnante technique… classique.
Ensuite, à l’adolescence, il est bien plus attiré par Genesis ou Led Zeppelin que par Miles ou Coltrane (qu’il n’écoute guère). Les groupes qu’il monte ressemblent plus à du rock-pop destructuré qu’à du hard-bop ou même du free. En fait, sa rencontre avec le jazz ne se fera… qu’au Conservatoire ! Et encore, de manière détournée. Car dans cette auguste maison, le jazz est bien évidemment encore presque banni. Mais, heureusement pour lui, Andy Emler a la chance d’y avoir comme professeur un des maîtres de la musique improvisée (musique baroque essentiellement) : Marius Constant. Ce n’est pas encore du jazz mais on s’en approche.
Le « vrai jazz » (plutôt free quand même…), il en fera la connaissance grâce à son camarade de classe, Antoine Hervé, pour qui il se prend d’amitié. Ensemble, ils montent un duo piano-vibraphone remarqué (on est loin d’un quartet piano-basse-batterie-saxophone !). Puis, enfin, un quintet ! Là, ça y est, on y est : une guitare (Marc Ducret), une trompette (François Chassagnite), une basse (Philippe Talet) et une batterie (François Verly). Dans un esprit très baroque, Andy Emler entend favoriser, avec cet orchestre, l’instrumentation spontanée et met en avant prioritairement la créativité et la personnalité de chaque musicien. Autrement dit, du jazz, oui, mais du jazz résolument tourné vers l’avenir !
Parallèlement, il tient les claviers du big band de son ami Antoine Hervé (1984-1985). Et puis, en 1986, François Jeanneau, désigné par le Ministère de la Culture pour diriger le premier Orchestre National de Jazz, le convie parmi la nouvelle génération de jazz hexagonal. Là, Andy Emler explose littéralement. Il compose pour l’orchestre deux pièces, aux noms qui en disent long sur leur caractère explosif : « Superfrigo » et surtout « Motorcycle Nana » (sans commentaires…) !.

- A. Emler © H. Collon/Vues sur Scènes
En 1990, Andy Emler remet ça, dans un octet complètement déjanté : le Mégaoctet. Après une introduction au synthé, les huit jeunes compères (dont le chanteur basque à la voix ahurissante, Benat Achiary) enchaînent les improvisations impossibles en mélangeant le hard-bop nouvelle manière, le funk électrique et la musique traditionnelle espagnole. Deux CD inénarrables sont édités dans la foulée : Mégaoctet et Headgames (chez Label Bleu).
Parallèlement, Andy Emler poursuit ses expérimentations dans des formations plus petites, aux côtés, notamment, de Michel Portal, Joachim Kühn ou Daniel Humair. De temps en temps, il compose une pièce magistrale, qui, tel son concerto pour tuba et orchestre à vent créé en 1996, Tubastone, feront toutes beaucoup de bruit (dans tous les sens du terme !). Quant à son Mégaoctet, il deviendra une formation à géométrie variable qui continuera d’accueillir tout au long de la décennie de jeunes prodiges prêts à en découdre avec l’improvisation. »
ANDY EMLER
RESIDENCE 2008 AU TRITON

- (D.R.)
avec le soutien du CNV, en association avec la Ville de Bagnolet et en collaboration avec la Compagnie aime l’air.
Voir aussi sur Citizen Jazz :
Dreams in Tune
West in Peace
Une soirée autour d’Andy Emler
Le MegaOctet au Trabendo
Andy Emler lâché dans les Arènes...
Emler, Tchamitchian, Echampard, « A quelle distance sommes-nous ? »
Andy Emler Live
...