Citizen
Édition du 19 mars 2010 // Citizenjazz.com / ISSN 2102-5487
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Doin’ Their Jazz Thing

Modern Pop Quartet

Eric Legnini (p), André Ceccarelli (dr), Laurent Vernerey (b) Régis Ceccarelli (voc, tambourin, claps) ; Feat. Stefano Di Battista (s), Nicolas Folmer (tp)

Un disque qui porte bien son nom : une suite de ballades résolument pop, excellemment interprétées, portées par la jolie voix de Régis Ceccarelli. On y retrouve aussi bien Dutronc (« Les roses fanées ») que Björk (« Hyperballad ») ou une composition de Régis Ceccarelli en personne, avec Elisabeth Kontamanou et Baptiste Trotignon, « Golden Land ». Dommage que cette « jazz thing » réponde parfaitement aux clichés du genre... sans originalité.

par Raphaëlle T. // Publié le 16 mars 2009
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L’instant d’après

Diatribes + Dragos Tara + Piero SK

Une basse torturée, grinçante, une batterie centrée sur les peaux et mixée très en avant, un déferlement de bruits électroniques déversent une lave sur laquelle un sax soprano vient parfois poser ses déchirures. Improvisation totale.

L’album est publié sous licence Creative Commons, donc téléchargeable gratuitement sur le site d’Insubordinations. La radicalité du propos musical – bruits, collision presque manichéenne de graves et d’aigus, quasi-absence d’apports mélodiques - est corroborée par une pochette plus que sombre et un choix de titres aux sourcils froncés : « Montée aux enfers », « Entorse aux oublis », « La démocratie reste un système bourgeois » (probablement le morceau le plus marquant, avec un saxophone écorché à la Braxton), ou plus décalés : « Le givre », « Les gosses », qui laisse perplexe. L’engagement des musiciens ne fait pas le moindre doute mais la charge émotionnelle a du mal à franchir le polymère froid du CD. A voir sur scène, si l’on n’a pas peur du noir.

par Diane Gastellu // Publié le 16 mars 2009
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Elan vital

Eve Risser, Rafal Mazur

Eve Risser (p.), Rafal Mazur (b.)

Un seul morceau, un duo d’instruments à cordes frottées, pincées et frappées : piano et guitare basse acoustique explorés dans leurs recoins les plus intimes se maquillent en harpe, guitare, cymbalum, scie égoïne, piano, bouts de bois, violoncelle, cisaille à métaux... Leur dialogue de 23 minutes est mutin, complice, foisonnant. De l’impro « libre » qui n’engendre pas la mélancolie.

Disponible sur le site du label Insubordinations en téléchargement gratuit (licence Creative Commons) ou en mini-CD avec pochette réalisée à la main.

par Diane Gastellu // Publié le 2 mars 2009
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Zox Trio

Jérémy Baysse (g), Tristan Pierro (b), Josselin Vautier (dm).

Zox Trio réunit Jérémy Baysse (guitare), Tristan Pierron (basse électrique) et Josselin Vautier (batterie) pour une musique orientée jazz rock (« Nuclear Blues » et « Le mot dit »). Trois titres sont des improvisations dont on regrette la brièveté. Les inspirations musicales vont de Jef Lee Johnson à Jaco Pastorius en passant par David Fiuczynski. La musique est un magma bouillonnant chargé d’énergie, avec pourtant un « Yamman » lent et reposant qui évoque les sonorités du sitar. Un premier disque prometteur pour ces trois musiciens poitevins.

par Armel Bloch // Publié le 2 mars 2009
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Baila Querida

Tango Crash

Daniel Almada (p, perc, comp), Martin Iannaccone (violoncelle, voc, programmation, perc), Marcio Doctor (perc), Gregor Hilbe (dm, programmation), Christian Gerber (bandonéon), Rodrigo Dominguez (s), Susana Andres (vln), DJ Sarna (remix)

chez : Galileo

Après s’être spécialisé dans le domaine électroacoustique, et enrichi de son expérience au sein du groupe Cuarto Mundo, le compositeur et pianiste argentin Daniel Almada explore un autre univers avec Tango Crash, où se mêlent jazz, musiques électroniques et tango modernisé. Tantôt entraînante, tantôt ironique et distancée, la musique respecte un équilibre délicat entre ces traditions. Baila Querida, troisième album du groupe, révèle des compositions délirantes et inattendues, principalement écrites par Almada, qui se charge aussi des programmations. Basse puissante, violoncelle tendre, bandonéon pointu, batterie vénéneuse, piano majestueux, violon lyrique et percussions pointillistes définissent une trame instrumentale originale. Le tango crache et scratche, plein de virulentes intentions, via des effets électroacoustiques toujours renouvelés. La brièveté des titres laisse peu de place à l’improvisation — ici, l’originalité gît dans le traitement de la matière sonore. Gotan Project n’est pas loin, mais Tango Crash met la barre plus haut.

par Armel Bloch // Publié le 2 mars 2009
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Dialetto Carioca

Guinga

Guinga (g, voc), Paulo Sergio Santos (cl), Jorginho do Trompete (tp), Lula Galvao (g), Gabriele Mirabassi (cl)

chez : EGEA

La musique du guitariste bésilien Guinga se situe au croisement d’influences aussi diverses que Gershwin, Ravel, Cole Porter ou Puccini, le tout servi sous forme de mélange carioca (samba, choro et baiao) auquel s’ajoute une pointe d’Antonio Carlos Jobim. Exquise, cette musique poétique et reposante s’agrémente d’une touche d’humour dans les thèmes rapides (« Di menor » et « Côco do côco »), où excellent les clarinettistes Paulo Sergio Santos et Gabriele Mirabassi.

par Armel Bloch // Publié le 23 février 2009
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Circum

Vincent Mascart

Vincent Mascart (s), Geoffroy Tamisier (tp), Jean-Christophe Cholet (p), Carlo Rizzo (tambourins), Jon Sass (tu), Beñat Achiary (voc)

Belle découverte pour oreilles exigeantes, Circum s’inspire des expériences du saxophoniste Vincent Mascart autour des musiques du Maghreb et des Balkans, et de ses rencontres avec Karim Ziad, Bojan Z ou Nguyen Lê. L’instrumentation décalée et l’alternance des formules (du trio au sextet) permettent ici une veste palette de timbres. La plume délicate et souvent lyrique de Mascart, qui signe la majorité des titres, s’adjoint l’expertise du pianiste Jean-Christophe Cholet sur trois thèmes, pour développer un « folklore imaginaire » inédit, un univers poétique (très présent sur le mélancolique « Plaisir des yeux »). La réunion du tambourin polytimbral de Carlo Rizzo, très nuancé (« Facétie ») et du phrasé rond et onctueux du tuba (Jon Sass), nourrit la rythmique. Au carrefour de ces cultures, l’acrobatique chanteur basque Beñat Achiary sur « Soft Story » et ce « Facétie », décidéement magique tandis que a trompette planante de Geoffroy Tamisier trouve sa plus belle expression sur « Circum Dance ». L’ensemble forme une espèce de conte qui va à l’essentiel : il s’agit en effet de plonger l’auditeur dans un univers d’émotion enrichi par l’alternance des rythmes et la passion des interprètes. Un premier disque très réussi.

par Armel Bloch // Publié le 23 février 2009
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Saint-Gervais

Yannick Rieu Trio

Yannick Rieu est aussi connu outre-Atlantique qu’en France, où il a notamment beaucoup fréquenté les clubs parisiens. (On se souvient par exemple de ses collaborations avec les différentes formations de Simon Goubert). Il aime également citer ses rencontres avec Paul Bley, Horace Parlan et Bill Carrothers. D’ailleurs, cet album a été enregistré aux « 7 Lézards » en décembre 2006 et le saxophoniste dit s’être inspiré, pour ce huitième disque, de l’ambiance intime que reflétait cette cave disparue, mais aussi du quartier du Marais où elle était située (rue des Rosiers), sorte de village dans la ville.

Emmené par une rythmique française de pointe - Philippe Soirat à la batterie et Nicolas Rageau à la contrebasse, Saint-Gervais permet à Rieu d’exprimer son admiration envers les grands saxophonistes de ces 60 dernières années : on entend en effet dans sa musique des références prestigieuses : Charlie Parker, Lester Young, Coltrane, Wayne Shorter, Steve Lacy. Belle façon de s’immerger dans la culture du saxophone jazz.

par Armel Bloch // Publié le 23 février 2009
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