Moeun Quintet
Murmures d’après
Moeun Son (vln), Dexter Goldberg (p), Romain Habert (g), Julia Richard (b), Wadie Naim (d, perc)
Label / Distribution : Inouïe Distribution

L’album Intérieurs avait fait connaitre Moeun Son, native de Daegu en Corée du Sud. Virtuose du violon, elle a renouvelé son groupe avec ce dernier disque enregistré en quintet, Murmures d’après. Chacun des huit morceaux témoigne d’une approche esthétique très peaufinée qui nous rappelle que cette jeune artiste fut lauréate du Premier Prix de Composition aux Trophées du Sunside en 2022.
L’approche mélodique demeure la priorité de cette musique qui évoque des songes. La touche d’exotisme qui plane sur « Nuit d’été en Corée » se déploie sans surcharge, les rôles des instrumentistes sont distribués avec une précision taillée au cordeau. C’est avec « Oiseau migrateur » que le parcours musical de Moeun Son se donne à entendre : l’introduction élégiaque évoque les prestations solistes qu’elle a menées avec l’Orchestre à cordes de Daegu et l’Orchestre symphonique de Keimyung alors que la fin du morceau se nourrit d’un jazz contemporain qu’elle étudia avec Dominique Pifarély. La luxuriance orientale prend corps avec « Papillon », rehaussé par l’agilité du percussionniste et batteur Wadie Naim. L’accent est mis sur la notion d’équilibre.
L’art de la lenteur se déploie dans « Le Manège » avec les notes romantiques du pianiste Dexter Goldberg et dans « La Silhouette de l’ombre » où Julia Richard fait chanter sa contrebasse. Cet album reflète l’émancipation musicale de Moeun Son qui s’attache à faire rayonner les mélodies mais sait quelquefois s’en affranchir avec « Sans titre », bercé par l’intervention dynamique du guitariste Romain Habert.

