Naudet, Girard, Flament
Oiseau Murmure
Nicolas Naudet (cl), Théo Girard (b), Benjamin Flament (perc)
Label / Distribution : Discobole Records

Chaque matin, à l’heure du petit-déjeuner, je regarde les mésanges s’accrocher à leur mangeoire pour savourer les graines. Les geais, trop gros pour ce sport d’équilibriste, picorent les cacahuètes que je pose à plat. Les tourterelles attendent leur tour, pataugeant dans l’eau fraîche. D’autres, moins assidus, passent dans l’après-midi. Si je me lève très tôt, j’entends le merle faire sa cour, et d’autres que mes yeux ne savent plus distinguer sans lunettes.
Le clarinettiste Nicolas Naudet, le contrebassiste Théo Girard et le percussionniste Benjamin Flament forment Oiseau Murmure, un trio aérien dont un titre sur deux évoque nos compagnons à plumes. La pochette vert clair reproduit un vol d’étourneaux. En introduction, comme l’Ann Street (la plus courte rue de New York) de Charles Ives, Oiseau mouche ne dure que quelques secondes, vibrionnant. Les autres bestioles à plumes ne durent pas beaucoup plus : « Oiseau plouf » « Non loin du pré », « Oiseau feu », « Oiseau vent », « Oiseau lumière », « Oiseau nuit », « Oiseau forêt », « Oiseau et puis plus ». À part « Seuls les oiseaux nous regardent », les longues pièces donnent le mouvement : « Escalator pour les fonds marins », « Sur le fil », « Ne pas tourner en rond sans toi », « Movement In Squares », « Locomotive » (de Thelonious Monk dont mon camarade Bernard Vitet comparait la musique au chant du merle), « Unisson », « Dans les pas des pas », « Tout près du loin ». Ce sont des mouvements d’ensemble, géométries souples, surtout des cercles, comme le chant des oiseaux qui se répètent ou semblent se répéter. Le jeu, particulièrement lyrique, souvent à mi-voix, pourrait les imaginer fragiles, ils sont juste délicats, ils murmurent. Et parfois il s’envolent.


