Chronique

Oliva / Abbuehl / Hegg-Lunde

Princess

Stephan Oliva (p), Susanne Abbuehl (voix), Øyvind Hegg-Lunde (dm)

Label / Distribution : Vision Fugitive

Susanne Abbuehl et Stephan Oliva forment un duo éprouvé depuis de longues années. Qu’ils se soient retrouvés, pour cette première au disque, autour de Jimmy Giuffre ne nous étonnera pas : un amour commun de la mélodie et de son contournement, un intérêt partagé pour le souffle, mais aussi le rythme, d’où la présence du batteur Øyvind Hegg-Lunde, justifient ce répertoire que complètent des pièces de Don Cherry, Keith Jarrett ou le « What A Wonderful World » de Bob Thiele.

Avec les années, la voix de Susanne Abbuehl a pris de la profondeur sans perdre une once de sa fraîcheur, de son manifeste amour des mots et de leur mise en bouche, pour le dire en un mot de sa souriante clarté. On songe beaucoup à Jeanne Lee, non par l’effet de la moindre imitation, mais par la sensation d’une évidente filiation. Stephan Oliva est décidément son partenaire idéal pour cette performance en trio, car il sait à la fois offrir par ses introductions les espaces dont sa partenaire a besoin, et par ses soutiens il est le repère, le pilier, sur lequel s’appuyer. Les couleurs apportées par la batterie se posent exactement sur les parties dégagées du tableau.

On ne procède pas à l’élection des princesses : elles le sont par nature, par divination, par filiation. Nous dérogerons quand même à la règle, pour respecter celle de notre média. Ce disque constituera un enchantement pour beaucoup, il faut donc le souligner.