Entretien

Paolo Fresu

Paolo Fresu est toujours au cœur de l’actualité. Entretien avec le trompettiste italien au nombreux projets…

Avec ses nombreux projets, Paolo Fresu est toujours au cœur de l’actualité. Il sillonne les routes d’Europe et d’Amérique à longueur d’année, vient de sortir le dernier en date des cinq albums avec son quintette, sort un album en quartette, un autre avec Richard Galliano et un dernier avec Carla Bley. Excusez du peu…
Entretien

  • Comment devient-on trompettiste de jazz en Italie ?

À 11 ans, je jouais dans la fanfare. Puis, c’étaient les fêtes de village, les mariages etc. Le jazz est arrivé à la fin des années 70 et je suis devenu professionnel en 82. Ensuite, je suis allé deux fois à Sienne, en stage, pour suivre les cours de jazz. Et maintenant c’est moi qui donne cours là-bas, depuis 85.

  • Prof de jazz après deux ans de stages seulement ?

Oui, tout a été très vite pour moi. Et plus tard, en 89, j’ai fondé un stage de jazz en Sardaigne qui existe encore.

  • Quels ont été tes premiers déclics jazz ? Tes premiers contacts avec cette musique ?

Enfant, j’avais entendu un trompettiste à la radio. Il jouait très bien, très vite, et cela m’avait complètement impressionné. Je ne savais pas, et je ne sais toujours pas, qui j’avais entendu cette fois-là. C’était du be-bop, c’était peut-être Clifford Brown… À l’époque, je suivais des cours pour devenir électricien et je faisais de longs trajets chaque jour entre mon petit village et Sassari. Pendant cinq ans, j’ai fait près de 140 kilomètres par jour… La dernière année, j’ai voulu rentrer au Conservatoire. C’est à ce moment-là que j’ai décidé de rester sur place pour suivre les cours d’électricité le matin et faire le Conservatoire le soir. Et bien sûr, certains soirs, j’allais aussi dans les caves où l’on jouait du jazz. C’est comme ça que j’ai pratiqué le jazz et qu’on m’a fait découvrir Miles Davis. C’était à l’opposé du trompettiste que j’avais entendu à la radio… Mais je me suis passionné et intéressé à la philosophie de Miles. Puis j’ai aussi beaucoup écouté Chet Baker et tous les trompettistes un peu mélodiques. J’ai beaucoup réfléchi sur cette philosophie, cette mystique, ce travail sur le son, les silences, la sourdine. Je me suis complètement plongé dans cette idée du son. J’ai travaillé là-dessus pendant des années.


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Paolo Fresu © Jos L. Knaepen/Vues sur Scènes

  • Ce n’est pas difficile, ensuite, de se défaire de Miles pour trouver son propre son ?

Ah si, et risqué. Surtout que je passais des heures au casque, chez moi, pour essayer de trouver exactement le même son de sourdine que lui sur « ‘Round About Midnight » en 56, avec Coltrane. J’étais complètement dans cette idée. Bien sûr, j’écoutais autre chose aussi, comme Kenny Wheeler, Enrico Rava, etc… En fait, je me suis retrouvé rapidement dans une situation d’autodidacte, car au conservatoire, il n’y avait pas de cours de trompette. J’étais donc assez seul chez moi pour chercher, trouver, ouvrir des portes derrière lesquelles il n’y avait parfois rien. Plus tard, quand je suis devenu professionnel, je suis monté à Rome, invité par le contrebassiste Paolo Damiani qui mélangeait jazz et musiques populaires du sud de l’Italie. Il y avait aussi Bruno Tommaso, plutôt baroque, Giovanni Tommaso, Roberto Gatto et Massimo Urbani. On jouait du jazz des années 50. Ces expériences musicales différentes me sortaient de Miles. J’avais un esprit très ouvert. J’ai étonné, d’ailleurs, en arrivant à Rome, par le cloisonnement assez strict entre les différentes familles du jazz. Le musiciens « free » étaient enfermés dans leur communauté. Il y avait comme une petite guerre entre les boppers, les hard boppers et ceux qui jouaient du free jazz. Moi, je m’en foutais, je pratiquais tous les styles, parce que je crois que c’est la vraie philosophie jazz.

  • Ce sont ces expériences qui t’ont donné envie de jouer autant, et avec plein de gens différents ? Dans tous les styles ?

Oui, peut-être. Mais ça vient aussi de ma personnalité. Je suis très ouvert et très curieux. C’est pour ça que j’ai plein de projets différents. C’est ça qui m’intéresse dans la musique. On ne peut jamais rester sur une idée trop fermée. Ce qui est riche, c’est de garder sa personnalité et de la partager. Mélanger son propre son avec d’autres styles, d’autres musiques, d’autres gens. C’est un peu l’idée que Miles avait aussi, je pense. On le voit tout au long de sa carrière. C’est toujours lui, mais c’est toujours différent. Quand il est revenu après sa maladie, les critiques ont été sévères envers lui. Ils disaient que ce n’était pas du jazz, que c’était de la merde… Mais si on écoute bien, lui ne change pas vraiment. Par contre il se pose des questions par rapport à la dynamique du jazz. C’est important ça. On est le même, mais on ne joue pas toujours la même musique, on est une éponge. Sans ça, on n’est pas musicien de jazz. Notre rôle, c’est ça : trouver des directions nouvelles à partir de son point de vue. Si on prend l’album Miles Ahead, on retrouve déjà la musique d’aujourd’hui. Miles a ouvert des portes, même après sa maladie.


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Paolo Fresu © Jos L. Knaepen/Vues sur Scènes

  • C’est ce que tu essaies de faire en travaillant avec divers musiciens ?

Oui. Et ça m’intéresse beaucoup. Aujourd’hui, être musicien, c’est très compliqué. Ça l’a toujours été, mais dire quelque chose de nouveau aujourd’hui, ce n’est pas facile. C’est pour ça qu’il est important de manger et de boire des choses que l’on ne connaît pas, de découvrir les goûts qui viennent d’ailleurs. Si je suis en Afrique du Sud, je vais jouer avec les Zoulous et je ramène ces saveurs dans ma musique. La musique du monde fait partie du jazz. Mieux : le jazz, c’est la musique du monde. On ne peut pas être que des instrumentistes. On peut jouer bien ou jouer mal, mais il ne faut surtout pas s’enfermer. Je suis sarde, mais je ne suis pas enfermé dans la musique sarde. Le jazz appartient à toutes les cultures du monde. C’est plus profond qu’une simple esthétique. C’est le sens de l’art. On doit être ouvert aux autres cultures et aux autres arts.

  • La sculpture, la peinture, la littérature, t’influencent-elles dans ta manière de composer ou de jouer ?

Absolument. Par exemple, quand je compose une musique de film, c’est dans un esprit particulier. On écrit différemment pour un concert, un ballet ou un disque. Tout influence l’écriture. La musique absorbe toutes les émotions extérieures. Au musicien de les restituer. Et si on reste fermé au monde, on peut faire de la belle musique… mais ça ne restera que de la belle musique. Regarde le jazz des années 40, 60 ou 70 : c’est le résultat de ce qui se passait au dehors. Les problèmes politiques, la ségrégation. L’évolution du jazz est très liée à la société.

  • Est-ce toujours le cas aujourd’hui ? Tout dépend du style et des pays, mais le punk ou le rap sont aussi des réponses à ces problèmes de société. Le jazz estil encore capable de cela ?

Le rap est plus ancré dans un milieu donné. Par contre, le jazz est plus populaire… dans le bon sens du terme j’espère (rires). En fait, quand on parle de jazz maintenant, on ne parle de rien… C’est de la non-musique, si on veut. C’est devenu tellement large et tellement riche ! C’est une musique qui traverse tous les pays du monde. Ça ne signifie rien, et ça signifie tout. Le jazz prend racine partout. Il y a le jazz américain bien sûr, mais il y a aussi le jazz français, norvégien, italien… Et dans le jazz italien, par exemple, il y a l’Italie du sud et l’Italie du nord. Il y a le mélange avec l’opéra, avec la chanson, avec les musiques folkloriques. Quand on parle de jazz italien, c’est déjà compliqué, alors, le jazz en général… Quand le jazz arrive quelque part, il s’imprègne de la réalité, du terroir et des gens. C’est la différence avec le rap, qui vit dans un endroit précis. Le jazz, lui, s’adapte et évolue selon l’endroit.


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Paolo Fresu © Jos L. Knaepen/Vues sur Scènes

  • Quand on écoute tes albums, on retrouve l’influence de Miles, et tu ne le caches pas, mais aussi une luminosité, un côté très « chanson ». Très italien en fait.

C’est normal, je viens de là. Quand on joue, on ne peut pas cacher qui l’on est. Et le jazz permet ça. Sur scène, quand on fait une note à la trompette, on est nu. On est soi-même, on ne peut pas tricher.

  • C’est comme ça que tu vois le projet des cinq albums avec le quintette ? Avec ces différences-là pour laisser à chacun les clés du groupe ?

Oui, les musiciens du quintette sont nés avec lui. En 82 à Sienne. J’ai d’abord rencontré Roberto Cipelli, le pianiste, et c’est en 84 que le groupe a réellement pris forme. Une telle longévité est rare, et pour moi, elle est très importante.

  • Les autres musiciens, que l’on connaît peut-être un peu moins en dehors d’Italie, ont-ils aussi des projets personnels ?

Bien sûr, chacun a sa formation. Ce qui fait que, lorsque l’on se retrouve, chacun apporte quelque chose qu’il a réalisé avec d’autres. En plus, dans le projet des cinq disques, chacun apporte une musique qui n’est pas écrite par lui, mais qui est importante pour lui, qui vient souvent d’une autre tradition que le jazz. Dans mon cas, une chanson sarde, par exemple.

  • C’est aussi de cette réflexion que part l’idée de demander à chacun d’écrire un album entier ?

Oui, mon but était de démontrer que dans ce groupe, qui existe depuis des années, ce n’est pas la musique seule qui est importante, mais ceux qui la jouent. On peut jouer « Only Women Bleed » d’Alice Cooper, comme on le fait depuis des années, aussi bien une chanson italienne, une pièce de Monteverdi, nos titres anciens ou nouveaux… et aussi la musique de chacun. Elle prend alors la personnalité de celui qui la joue. Et ici, la personnalité du groupe ! C’était risqué, car chacun à son caractère, sa spécificité. Par exemple, le batteur Ettore Fioravanti a une personnalité musicale très différente de Roberto Cipelli. L’idée de cette série d’albums était de démontrer que si nous avions cinq crayons différents pour écrire la musique, l’ensemble sonnerait comme le quintette… Avec des nuances évidentes. Je me rappelle qu’un critique disait, après le troisième disque, que l’on retrouvait l’ambiance des précédents. Or, c’est justement ce que je voulais. C’est discutable, bien sûr, mais je voulais cinq personnalités différentes et sentir pourtant et surtout la personnalité du quintette lui-même. C’est pour cela, je crois, que nous sommes ensemble depuis 23 ans. Cette personnalité collective. On laisse son ego de côté pour faire une musique globale.

  • Comment s’est construit ce projet ? Vous avez enregistré année après année ?

Non, on a décidé d’enregistrer les disques dans le même studio, avec la même équipe, le même ingénieur du son. On a commencé par Cipelli, car il avait déjà beaucoup donné au quintette. Puis Attilio Zanchi, qui a un esprit plus méditatif. Ensuite, Tino Tracanna, plus « géométrique » dans ses compositions, et Ettore Fioravanti, qui avait le plus de doutes et de peurs, avec un jeu plus populaire. Et enfin moi. On a d’abord enregistré les deux premiers disques. Puis six mois plus tard les deux suivants, et six mois après, le dernier.

  • Donc, celui-ci a été enregistré il y a près de trois ans ? Quel effet cela fait-il de le réécouter longtemps après ?

C’était bizarre en effet, car je suis très productif et je mène beaucoup de projets en même temps. Avec tout ce que je sors, je suis pour ainsi dire toujours dans l’actualité. Par exemple, il y a le disque avec Carla Bley, un autre avec Richard Galliano et Jan Lundgren chez ACT, uniquement en Allemagne pour l’instant. Ils ont été enregistrés en février et mars, c’est donc assez récent. Par contre, le quintette a été enregistré il y a trois ans, en effet.


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Paolo Fresu © Jos L. Knaepen/Vues sur Scènes

  • Comment joue-t-on cette musique trois ans plus tard ?

Sur scène, on joue dans la tradition du quintette. C’est-à-dire pas le disque qui vient de sortir. On mélange, on reprend même des standards. Le disque, pour nous, est un moment transitoire. Une sorte de repère qui nous permet de nous situer et d’avancer. Un repère, comme le morceau d’Alice Cooper que l’on joue pratiquement toujours en fin de concert depuis ’88. Le live est un prétexte pour jouer de la musique ensemble. Jouer les thèmes des uns ou des autres est secondaire. L’important est d’improviser, d’échanger, de trouver de nouvelles choses. Donc, écouter le disque, trois ans après, c’est étrange en effet, mais jouer live pas du tout.

  • Qui prend le lead quand vous jouez la musique d’un des membres ?

Il n’y a pas vraiment de leader dans le groupe. Bon ok, c’est moi qui ai le dernier mot parce que c’est arrivé comme ça. C’est moi qui ai eu l’idée du quintette au départ. Mais avant tout, c’est le groupe qui est important. C’est un peu la même idée que sur les disques : l’esprit et la personnalité du quintette sont prépondérants.

  • Maintenant que les cinq albums sont sortis, quel enseignement en retires-tu ? Est ce que cela dégage certaines voies ?

Je suis satisfait car c’était un projet assez ambitieux et pas simple à gérer. Il fallait sortir les albums dans les temps sans perdre notre intérêt pour eux. À par la qualité musicale, que je ne vais pas juger, je suis heureux car ce genre de projet n’avait jamais été fait. C’était une démarche originale. Maintenant, on se dit : « C’est fait ». C’est déjà quelque chose, car le marché du disque ne va pas bien ; c’était courageux de la part de Blue Note Records Italie. Finalement, c’est aussi à l’image du quintette : 23 ans ensemble, ça demande du courage mais aussi de la confiance. On s’est investis à fond dedans, on y a cru. C’est un beau message aussi pour les jeunes, car on est habitués à tout avoir tout de suite et très vite. Pourtant, il faut s’investir et laisser le temps de mûrir.

  • C’est une particularité assez amusante venant de ta part. Tu dis prendre le temps alors que tu as des tas de projets dans tous les sens. Comment arrives-tu à gérer cela et à rester serein ?

C’est ma personnalité. Mais c’est aussi le partage avec mes compagnons de route. C’est important pour moi de travailler longtemps avec un groupe. Ça ne suffit pas de faire un concert avec des musiciens magnifiques. C’est chouette, bien sûr, mais après, que reste-t-il ? Un bon solo ? Par contre, la musique que l’on fait ensemble c’est autre chose. Je pense que c’est ça qui me donne la sérénité. J’aime beaucoup être sur scène en compagnie d’amis avec lesquels il se passe quelque chose bien au-delà de la musique. C’est une façon de vivre la musique. Je suis sur la route tout au long de l’année, et s’il n’y a pas une certaine sérénité pour t’accompagner, tu vieillis très vite.


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Paolo Fresu © Jos L. Knaepen/Vues sur Scènes

  • Ces rencontres avec Dave Liebman, Carla Bley… viennent de ces voyages ? Elles se produisent spontanément ?

Oui. Parfois ça marche, parfois non. Mais je ne force jamais les choses. Comme je le dis toujours, la musique est le miroir de soi-même. Je n’ai jamais cherché les musiciens. Eux ne m’ont pas cherché non plus. Tout s’est fait naturellement. Il ne suffit pas d’être bons musiciens pour faire de la bonne musique ensemble. Il faut sentir la musique et les musiciens. Si tu ne le sens pas, il vaut mieux laisser tomber.

  • Comment la rencontre avec Carla Bley s’est-elle concrétisée ?

Je l’ai rencontrée via Steve Swallow, avec qui j’avais lié amitié. Je lui avais donné mon disque Porgy And Bess, enregistré avec un orchestre sarde. Il a beaucoup apprécié, il l’a fait écouter à Carla qui a beaucoup aimé aussi. Entre-temps, j’avais eu l’idée d’inviter Carla pour mon festival de jazz à Berchidda en 2006. Un projet en rapport avec la bouffe, le jazz et les anges. Je voulais que Carla joue avec l’orchestre qui m’avait accompagné sur Porgy And Bess. Malheureusement, ça ne s’est pas fait car elle était en tournée. Puis on a cherché à se rencontrer, mais ce n’était jamais possible. C’est ce qu’elle raconte d’ailleurs dans le livret. Elle, de son côté avait aussi écouté Mélos, et beaucoup aimé la façon dont je jouais de la trompette. Elle a décidé alors de m’inviter dans son quartette. On a finalement trouvé une date en mars. On a donné plusieurs concerts en Europe et à la fin, nous sommes entrés en studio.

  • Les compositions de The Banana Quintet ont été écrites spécialement pour ce quintette ?

Oui. Et c’était un honneur, parce que Carla avait composé cela en pensant aux Last Chords, bien sûr, mais aussi à moi. Elle y a inclus ma personnalité. Je me suis retrouvé à jouer dans un ensemble que j’avais l’impression de connaître depuis longtemps. En plus, j’avais déjà beaucoup joué avec Andy Sheppard dans le groupe de Jean-Marie Machado, et j’avais un très bon feeling avec lui. Avec les autres musiciens de « The Lost Chords », c’était simple et magnifique aussi. On a répété un seul jour, puis on est parti en tournée.

  • Quelle différence entre les musiciens avec qui tu as travaillé et Carla Bley ?

Une impression de facilité. Carla tient compte des idées musicales de tous. En plus, elle a une expérience que l’on voudrait tous avoir. Elle arrive à faire sonner les choses d’une manière fantastique très rapidement. C’est très écrit et en même temps elle laisse beaucoup d’espace pour les solos et les improvisations. Il y a de la place pour tout le monde. La balance entre les compositions et les improvisations est parfaite. En plus, comme elle connaissait très bien mes influences, il a été facile de rentrer dans sa musique.


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Paolo Fresu © Jos L. Knaepen/Vues sur Scènes

  • Ça donne des idées pour composer différemment ?

C’est possible, oui. Je ne sais pas mais, inconsciemment, j’y réfléchis. La musique de Carla est à la fois simple, poétique et complexe. Pas complexe dans le sens « intellectuel ». C’est ça, sa force. J’essaie de comprendre et j’aimerais avoir cette facilité d’écriture.

  • C’était une belle expérience ?

Oui, c’était assez fort et différent de mes projets avec d’autres jazzmen. Ici, j’ai fait une véritable tournée de plus de 20 dates, ce qui est rare. En général, je saute d’un projet à l’autre. Dans ce cas-ci, j’ai retrouvé un esprit de groupe. Et on était vraiment bien ensemble.

  • Une nouvelle tournée est prévue ?

Oui, début juillet à travers toute l’Europe.

  • D’autres projets avant cela ?

Un concert à Rome qui mêle musique, vidéo, etc… dans trois salles du Parco Della Musica. Je vais jouer simultanément avec mes trois groupes : P.AF., The Devil Quartet et mon quintette. Le son est transmis par fibre optique. Tout se joue en temps réel. Enfin, c’est difficile à expliquer. Puis je reprendrai dans le courant du mois de mai avec Galliano et Jan Lundgren, puis avec Uri Caine, et ensuite avec Carla et le Devil Quartet… en Europe, au Canada, à New York. Ça fait plein de projets.

  • Et entre-temps, tu deviens papa !

Oui. Et ça, c’est le projet le plus important de 2008. Et ça commence fin janvier !