Portrait

Dix/Dix : Guillaume Aknine

Article du dossier Yes, we can hear you !

Guillaume Aknine, un dixième de tentet


Avec Can You Hear Me ?, Joëlle Léandre a réuni autour de son travail neuf musiciens de générations différentes, faisant une large place à la jeunesse. Au-delà de l’œuvre, que nous chroniquons par ailleurs, nous sommes allés à la rencontre de ces musiciens qui représentent une forme de cartographie de la musique improvisée hexagonale et leur avons posé trois questions sur la contrebassiste, à l’occasion de ses quarante ans de carrière.
Que représente, pour vous, Joëlle Léandre ?
Comment travaille-t-on une partition de Joëlle Léandre ?
Quel est votre disque préféré de Joëlle Léandre et pourquoi ?

Voici la réponse de Guillaume Aknine, guitariste

Membre du Tricollectif, Guillaume Aknine fait partie du trio de Théo Ceccaldi qui a notamment enregistré Can You Smile ? avec Joëlle Léandre. Il est de la plupart des aventures du collectif d’Orléans, notamment de Toons.


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Guillaume Aknine © Michael Parque

1/ Joëlle c’est le COMBAT.
On peut parler des heures de sa musique en elle-même, mais si on ne la rapproche pas de l’enjeu « politique » (on ne parle pas de parti politique ici mais du sens noble du terme) qu’elle représente, on ne comprend pas en profondeur le positionnement de l’Artiste Joëlle Léandre.
Joëlle, c’est le combat d’une femme qui a toujours refusé de rester à sa place (une femme, une contrebasse), de rester dans la case « prévue » pour elle.

2/ Avec Joëlle Léandre, sinon on ne comprend rien !!!
Une partition de Joëlle, c’est un processus. Il y a une partie des idées sur le papier, une autre dans sa tête. L’important c’est le cheminement. A la fin ça sonne comme elle le voulait (alors qu’au début tu ne comprends pas tout ! loin de là). Ça se travaille comme un work in progress, tous ensemble.

3/ Je pense que celui que j’ai le plus écouté, c’est le duo avec Derek Bailey : No Waiting.
Mais mes meilleurs souvenirs de Joëlle restent live. Car Joëlle s’écoute mais elle se voit aussi beaucoup ! Je repense notamment à un merveilleux duo avec Jean-Luc Cappozzo

par // Publié le 17 avril 2016