N’ayant eu que quelques minutes pour faire leur balance, les trois musiciens ont choisi la lenteur pour retrouver leur tempo avec « Il Giorno della civetta » (Le jour de la chouette), étirant les résonances jusqu’à la limite de l’audible. Un pari risqué, mais réussi, devant un public attentif jusqu’à la fin du concert.

- R. Negro, Shula Tennenhaus, bénévole de Jazz à Oloron, A. Chennebault. © D. Piollet
Le recueillement fait immédiatement place à une magnifique variation sur Grace de Jeff Buckley, « un compositeur du siècle dernier » comme le souligne Roberto avec malice. Le trio y développe ce qui - me semble-t-il - définit en partie son originalité : la capacité à fondre mélodie, harmonie et rythmique jusqu’au vertige, entre autres par un subtil entrelacement binaire-ternaire qui doit beaucoup aux baguettes d’Adrien. Roberto accompagne de tout son corps le flot de phrases et d’accords qui se déversent de son Steinway tandis que, visuellement plus en retrait, le grand Jérôme brode sous leurs pieds un solide tapis avec sa Fender Jazz Bass.

- Jusqu’au bout de la résonance © D. Piollet
La suite confirmera, à travers six compositions de Roberto, presque toutes récentes, qu’on tient là une formation qui ne cède rien musicalement et fera certainement son chemin – faisons confiance au public, qui y découvre ce qu’il n’attendait pas et qui en redemande.
Liste des titres :
1. « Il Giorno de la civetta »
2. « Grace » (Jeff Buckley)
3. « The Chocolate Factory » (version oloronaise d’« Objet lumineux »)
4. « Chez ce cher Serge » (version spécial festival de « X02 »)
5. « Shula Stay or Shula Go » (version clin d’œil de « No plane, No Train »)
6. « La Buona stella »
7. « I Wish I Could Be A Melody »
Bis. « Billy the Bègue »
