Citizen
Édition du 8 février 2012 // Citizenjazz.com / ISSN 2102-5487
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MO’drums

Siegfried Mandon

Siegfried Mandon (dm), Barend Middelhoff (ts), Rémi Vignolo (b)

Si dans les premières formations New Orleans le piano n’avait pas sa place, force est de reconnaître que cet instrument a rapidement imposé sa douce tyrannie... Il aura fallu attendre les « combos cool » et surtout le free jazz pour que des formules sans piano redeviennent monnaie plus ou moins courante. Et c’est précisément cette voie qu’emprunte MO’drums. Le premier morceau de l’album s’intitule d’ailleurs : « Can You Hear The Piano ? ». Le trio a également mis à son programme le superbe « Mob Job », une composition d’Ornette Coleman, autre adepte du « sans piano », enregistrée avec Pat Metheny sur le fameux Song X...

A la base, MO’drums est un duo constitué de Siegfried Mandon à la batterie et du saxophoniste ténor hollandais Barend Middelhoff. A l’occasion de ce premier disque, le duo a demandé au remarquable Rémi Vignolo de se joindre à eux.

Mandon fait partie de ces batteurs qui refusent la facilité - relative - de l’accompagnement et veulent que la mélodie des tambours se fasse entendre, haute et subtile : ceux qui l’ont écouté en compagnie d’Alain Jean-Marie ou de Serge Forté ont pu s’en rendre compte. Middelhoff n’est sans doute pas encore très connu en France, mais cela ne saurait tarder car aux Pays-Bas il fait déjà figure de « colosse ». Présenter Vignolo est désormais inutile étant donné sa popularité dans les milieux du jazz...

Hormis « Mob Job », déjà mentionné, et « Alice In Wonderland » de Fain et Hillard, Middelhoff est l’auteur de cinq thèmes, dont « Rouse For Ending » (à la mémoire de Charlie Rouse), co-signé avec Mandon. Le batteur, pour sa part, apporte une composition au titre humoristique, jouée en solo : « I Want To Be George Clooney ».

La section rythmique reste sous tension du début à la fin. Vignolo est toujours à son aise, quels que soient l’esprit de la mélodie ou le tempo du morceau, et ses solos justifient le déplacement... Grand amateur de nuances, Mandon alterne « régularité bop » et « polyrythmie free » avec un égal bonheur. Son sens de l’à-propos fait merveille. Ce qui explique sans doute son hommage à Elvin Jones dans les notes de pochette. Enfin, on comprend que Middelhoff soit célèbre en son pays ! Quelque part entre Dexter Gordon pour la nonchalance, et Sonny Rollins pour les envolées, le ténor batave possède un gros son particulièrement agréable, des idées à revendre et une mise en place exceptionnelle.

Bravo messieurs : voilà un album qui fait plaisir : du bop, du hard, du cool, du blues, du free... Qu’importe ? La musique est là, bien vivante !

P.-S. :

Pour aller plus loin

  •  MO’drums
  • par Bob Hatteau // Publié le 12 juin 2006
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