Vendredi 22 Janvier 18h30
Guy Frank Pellerin (sortie du disque Periplo’)
Guy Frank Pellerin – solo vents et percussions
Où sommes-nous ? En altitude assurément. En solitude ? Moins sûr. Quelque part entre Vienne et Kyoto, dans un monde raréfié à dessin, traversé peut-être par le vol d’un Varèse ou d’un Braxton. Dans ce vide, un oiseau pensif savoure sans hâte les brèves roulades qu’il a longuement accumulées, mûries, épurées, et qui jaillissent maintenant au gré de ses humeurs. Et bientôt l’auditeur s’installe dans la subtile immobilité de ces variations d’humeur, les fait siennes certain que c’est lui-même qui est devenu souverain là haut, posé comme un cerf-volant heureux ---- et désire que cela ne s’arrête jamais. © Henri Lemare.
Mercredi 27 janvier 18h00
Table ronde autour de la production discographique (en partenariat avec le festival Sons d’hiver)
Que signifie, en 2010, de continuer à produire des disques, des objets, des sublimés, surtout quand ceux-ci ne donnent pas à entendre la reproduction (technique mais aussi politique) du même ? Que signifie de persévérer, en toute indépendance ou presque, à donner une forme physique à la musique, dans un monde aux valeurs toujours aussi matérialistes mais de plus en plus dématérialisé dans sa mise ? Avec non pas la disparition, mais la raréfaction du disque, son confinement à une niche étroite du « marché », avec le développement de toujours nouveaux moyens de communication qui supposent également de nouveaux gestes, de nouvelles postures, de nouveaux affects, c’est tout le rapport à l’écoute - même live - qui change. Mais dans quelles proportions, avec quelles implications ? Et quelle est alors la tâche des « derniers producteurs », comment se réagencent les rapports entre ceux-ci, les musiciens, les lieux de diffusion et le public ? Pour en débattre, significativement chez un disquaire, une table ronde est organisée par Alexandre Pierrepont et Fabien Barontini, en présence de Daniel Richard, avec Gérard Terronès (disques Futura / Marge), Jean Rochard (disques Nato), Jacques Oger (disques Potlatch), Didier Petit (disques In Situ), Mathieu Immer (disques Amor Fati), Michel Dorbon (disques Rogue Art) et Stéphane Berland (disques Ayler Records).
+ Hamid Drake
Hamid Drake - solo batterie et percussions
Batteur majeur du jazz libre afro-américain, Hamid Drake est, il est vrai, un authentique spécialiste de cette configuration intimiste qu’il aime pousser à ses limites expressives en compagnie notamment de Sabir Mateen, Fred Anderson ou Assif Tsahar. Partenaire des plus grands noms du free jazz et de la musique improvisée depuis près de 35 ans (Don Cherry, Pharoah Sanders, Fred Anderson, Peter Brötzmann…), il s’est au fil du temps forgé un style inimitable, profondément ancré dans le blues et les pulsations élémentaires de la musique afro-américaine, mais ouvert à toutes les influences rythmiques (et philosophiques) du monde entier (intégrant les traditions indienne, afro-cubaine, africaine et jamaïcaine).
Vendredi 19 février 18h30
Autour de LaMonte Young (sortie du livre Une biographie suivie d’une introduction à la musique minimaliste) - présenté par Joseph Ghosn
‘’Les disques de LaMonte Young sont arrivés chez moi presque par hasard. J’en ai trouvé un, en CD, abandonné dans un rayon d’une Fnac. D’autres m’ont été trouvés ici et là, en France, en Allemagne, ailleurs, par des amis qui connaissaient ma passion dévorante pour tout ce qui touchait à ce compositeur et son histoire. Avec les années, j’ai acheté des exemplaires de son disque sur Shandar, de ceux qu’il a produits pour Pandit Pran Nath, trouvé quelques CD, dont des bootlegs assez somptueux. J’ai même possédé plusieurs exemplaires de chacun de ses vinyles, j’en ai offert, échangé, revendu, racheté, perdu, retrouvé, je ne sais plus. Mais parmi eux tous, il y en a un qui m’obsède plus que tous les autres. Il s’agit du Black Record, sorti en 1969 et édité à 2000 exemplaires par Édition X, un label appartenant au galeriste munichois Friedrich Muller. Ce disque de bout de nuit, de bout du monde est encore disponible à la vente sur le site de l’artiste. Mais qui ne se sépare pas de ses exemplaires, signés, pour moins de 300 dollars pièce.’’
Journaliste aux Inrockuptibles, où il a passé huit années à écrire sur la bande dessinée, l’électronique, le cinéma et le rock oblique, Joseph Ghosn est aujourd’hui directeur éditorial des sites de Condé Nast (Menstyle, Vogue, Glamour). Il tient également à jour son propre blog.
+ Rhys Chatham
Rhys Chatham – solo trompette ou guitare
Rhys Chatham débuta sa carrière musicale comme accordeur de piano et de clavecin pour deux pionniers de l’avant-garde musicale : La Monte Young et Glenn Gould. Il étudia ensuite avec deux figures du minimalisme à l’époque : Morton Subotnick et Tony Conrad, avec qui il forma un groupe. En 1971 alors qu’il n’avait que 19 ans, Chatham fonda et dirigea pendant un temps le programme musical de The Kitchen à Manhattan. Ses premières compositions comme Two Gongs (1971) s’inspiraient largement du travail de Young et d’autres minimalistes. Mais rapidement, ses oeuvres gagnèrent en importance et en amplitude. A partir de 1977, après avoir assisté à l’un des premiers concerts des Ramones, Chatham et sa musique furent sérieusement influencés par le mouvement punk rock. Il prit part à l’émergence d’un nouveau courant musical baptisé plus tard No Wave et qui fut influencé par le minimalisme de Tony Conrad. C’est cette année que Chatham commença à jouer Guitar Trio à avec Glenn Branca et Nina Canal (du groupe Ut). Pendant cette période il composa plusieurs oeuvres pour de grandes formations de guitares, et notamment Drastic Classicism pour lequel il collabora avec la danseuse Karole Armitage. Les membres d’un groupe de la scène noise rock new-yorkaise, Band of Susans, commencèrent leur carrière dans les formations de Rhys Chatham. De la même manière, certains membres de Sonic Youth, débutèrent dans les formations de Branca aussi bien que de Chatham. Chatham commença également l’étude de la trompette en 1983. Ses travaux plus récents explorent l’improvisation en trompette soliste.
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