Surnatural Orchestra [Cosi] Festival

Depuis quatre ans au début de l’été, le Surnatural Orchestra organise un festival de quelques jours à Ménilmontant à Paris, où il joue lui-même tous les soirs, avant ou après l’invité du jour. Du 27 au 30 juin 2012, Mazalda, Jukebox, Camille Boitel et les Vibrants Défricheurs sont montés sur la scène du Studio de l’Ermitage à ses côtés. Citizen Jazz était présent deux jours sur quatre.
Est-il encore utile de présenter le Surnatural Orchestra ? Big band à 19 têtes (+2 : celles des ingénieurs son et lumière), membre de l’association Grands Formats, le Surnatural Orchestra travaille depuis plus de dix ans à réunir la tête et le corps partout où il passe grâce à des compositions désormais entièrement originales (le principe est simple : s’y colle qui veut) alliant improvisation, soundpainting [1], fanfare dansante et constructions jazz-rock. De plus, la formation a développé une identité graphique et esthétique très particulière qui donne lieu à des spectacles aussi visuels que sonores avec l’aide de Manu Céalis (scénographie lumière) et Camille Sauvage (dessinatrice et graphiste, qui réalise les affiches, les pochettes de disques, etc.). Enfin, nombre de ses 19 musiciens chantent aussi sur tel ou tel titre de leur répertoire, certains sur disque, d’autres en concert, et aiment s’entourer d’invités de marque comme Jeanne Added ou Thomas de Pourquery. Le festival permet aux groupes qu’ils aiment de profiter de la petite notoriété qu’ils ont acquise au fil des ans ; le Surnatural leur ouvre les portes de sa « maison », le Studio de l’Ermitage.
Déjà aperçu à Banlieues Bleues, Jukebox, conduit par le pianiste Fabrizio Rat reprend des tubes rock et disco plus ou moins connus avec une instrumentation très jazz : trompette (Louis Laurain), tuba (Fidel Fourneyron), contrebasse (Ronan Courty), batterie (Julien Loutellier), claviers et piano préparé (Fabrizio Rat). De « Can’t Help Falling in Love » (Evis Presley) à « Rectangle » (Jacno) en passant par « Tom’s Dinner » (Suzanne Vega) ou « Banana Split » (Lio), l’accueil du public est extrêmement enthousiaste. Contrairement à un certain type de reprises qui lisse l’aspect rythmique pour ne garder que la mélodie et y surfer à grands coups de solos, Jukebox conserve précieusement la structure du morceau et accentuerait presque la dimension rythmique - il subvertit les sons eux-mêmes plutôt que leur construction. Résultat : on danse sur du bruitisme. Chapeau.
Deux jours plus tard, « Surnat » invite avec lui sur scène le Gros Bal du collectif rouennais les Vibrants Défricheurs pour un Grand Croisement de Bals dont Citizen Jazz s’est récemment fait l’écho. Les musiciens prennent presque autant de place que les spectateurs, ce qui crée une très grande proximité entre scène et salle, d’autant plus que le Surnatural Orchestra, avec son goût de la mise en scène, déambule entre les danseurs et les enveloppe de musique. Chaque orchestre joue son propre répertoire puis celui, commun, de leur rencontre : compositions, reprises, tous les styles se succèdent sur le plateau. Slam, rock, mambo, pop… À chaque morceau son chanteur : François Roche-Juarez, Fabrice Theuillon, le slameur Mahmoud le King, l’ancienne administratrice du Surnatural Agnès Lété (« The Beat Goes On »), Anne-Laure Poulain la chanteuse du Gros Bal, Jeanne Added et Thomas de Pourquery, en duo ou séparément, enflamment le dancefloor et finissent la soirée et le festival en apothéose.
Surnatural Orchestra :
Antoine Berjeaut : trompette
Yann Priest : trompette
Julien Rousseau : trompette
Guillaume Dutrieux : trompette
Nicolas Stephan : saxophone remplacé par Benjamin Dousteyssier
Fabrice Theuillon : saxophone
Jeannot Salvatori : saxophone
Robin Fincker : saxophone
Baptiste Bouquin : saxophone
Adrien Amey : saxophone
Hanno Baumfelder : trombone
François Roche-Juarez : trombone
Judith Wekstein : trombone
Sylvaine Hélary : flûte remplacée par Naïé Dutrieux
Cléa Torales : flûte
Fidel Fourneyron : tuba
Laurent Gehant : soubassophone
Sylvain Lemêtre : percussions
Antonin Leymarie : percussions
Boris Boublil : claviers
Damien Christea : lumières
Benoît Gilg : son
Zac Cammoun : son
et le 30 Izidor Letzinger : trompette, Théo Girard : basse, Julien Omé : guitare, Hugues Mayot : saxophone, Raphaël Quenehen : saxophone.
Gros Bal des Vibrants Défricheurs :
Antoine Berland : claviers
Anne-Laure Poulain : voix
Frédéric Jouhannet : violon
Raphaël Quenehen : saxophones
Julien Molko : saxophones & flûte
Quentin Ghomari : trompette
Jérémie Bastard : soubassophone & basse électrique
Sébastien Palis : accordéon & clarinette
Sylvain Choinier : guitare & banjo
Jérémie Piazza : batterie
Jean-Marc Leclerc : percussions
Notes
[1] Langage de signes inventé par Walter Thompson pour diriger l’improvisation collective que le Surnatural Orchestra a adapté à ses besoins.


