Citizen
Édition du 22 mai 2012 // Citizenjazz.com / ISSN 2102-5487
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Joy

Sylvain Beuf Sextet

Sylvain Beuf (ts, ss, comp, arr), Pierrick Pedron (as), Denis Leloup (tb), Jean-Yves Jung (p), Diego Imbert (b), Franck Agulhon (dm)

C’est après un concert en trio au Duc des Lombards en février 2009 que Sylvain Beuf envisage d’étoffer sa musique et de l’élargir à la dimension d’un quintet puis, à l’occasion d’un engagement dans un club à Dunkerque, d’un sextet, suite à une irrépressible envie d’écrire le répertoire. « J’ai tout orchestré dans un état d’euphorie créatrice que je n’avais jamais connu auparavant ; je n’avais pas à chercher », confiera-t-il…

Il avait trouvé, confirme-je. D’abord, le son, deux saxophones et un trombone, grâce à ses partenaires : Denis Leloup, un des meilleurs trombonistes français (avec Yves Robert), qui a joué avec le gratin dans différents contextes, Pierrick Pedron, saxophoniste alto à l’énergie d’improvisation séduisante (cf. son Omry), Jean-Yves Jung, pianiste apprécié au sein du Paris Jazz Big Band et agréable découverte dont on devrait ré-entendre parler) et l’une des rythmiques parmi les plus remarquables et remarquées, Diego Imbert et Franck Agulhon (qui dit mieux dans ce contexte ?)

La première plage « Joy » donne immédiatement le ton : du jazz d’aujourd’hui sans outrance, sans retour vers le passé, des compositions vraiment originales, interprétées par des musiciens qui, de par leur maturité, n’ont plus rien à prouver à part une envie de jouer généreuse et communicative, un « son » d’ensemble sans trop de stridences (absence de trompette) qui m’évoque les premiers enregistrements de Wayne Shorter sous son nom (les « Blue Note » - une référence), une flamme contagieuse. Comme le public présent lors de l’enregistrement, on ne s’ennuie pas une seconde ; Sylvain Beuf signe ici un album abouti : nous avons en lui un véritable compositeur/arrangeur et un soliste de classe… un peu trop discret.

par Jacques Chesnel // Publié le 5 juillet 2010
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Sylvain Beuf en concert