Chronique

The Big Hustle

Worldwide

Olivier Bridot (tp,), Sylvain Fétis (ts), Jérôme Cornélis (as), Philippe Devin (g), Sébastien Levanneur (b), Bruno Pipienta (d), François Faure (cl), Gabriel Druot (perc).

Label / Distribution : Musicast/lautre prod

Attention, déménageurs funk ! Un quart de dixième de seconde suffit au groupe The Big Hustle pour vous donner l’impression d’avoir avalé un tube complet de vitamine C. Seuls les grands disques de funk peuvent faire cette impression-là. La surprise est totale : ce groupe était inconnu au bataillon. Question références, de ce côté-ci de l’Atlantique, on pense au groove de Captain Mercier (sans les chansons), à celui du Niels Landgren Funk Unit, voire, avec du blues en plus, aux Nantais de Malted Milk. Outre-Atlantique, on pourrait ajouter, pour le côté parfois expérimental et les cuivres testostéronés, Snarky Puppy. Que du très bon donc.

Sachez donc que The Big Hustle est un groupe parisien formé en 2013 par Sébastien Levanneur qui a d’ailleurs composé tous les titres. Là réside la seconde surprise : ça envoie du bois, du début à la fin. Après une entrée fracassante (« Kool », pas cool du tout), le deuxième titre, « Master Of Hustlers », est plus lent, plus soul, avec des chœurs et la présence du rappeur Beat Assailant. Une réussite totale encore. Et ça continue avec « Detroit Girl ». Autre genre, autre esprit avec à nouveau une voix, celle de Nina Attal, sur « Make Your Life Wonderful », morceau soul-funk aux accents Motown. Plus tard, le groupe effectue deux escapades du côté de l’afro-beat (« Love For Beat » et, surtout « Daijoubu »).

Qu’ils s’aventurent tantôt du hip hop, du rock, de la soul ou de l’afro-beat ou restent sur des rails 100 % funk, au bout de ce disque long (71 minutes) mais sans longueurs, qui finit de manière tonitruante avec « After Hours » et « Never Be Mine », on peut dire que The Big Hustle transforme tout ce qu’il touche en or.