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Edition du 8 septembre 2008

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Publié le 21 mai 2001
Edito

Quelques remarques d’ordre général sur les festivals de jazz qui n’en sont plus.

La saison des festivals continue. Après Banlieues Bleues et la Fête des Jazz, voici venir le Paris Jazz Festival et la Villette Jazz Festival. Du moins en ce qui concerne la région parisienne. (Il y en a d’autres, mais je vais parler de ces quatre-là).
Parlons programmation. Il y a un phénomène qui me surprend. De façon simple, le problème est le suivant : un festival qui porte en son nom le mot « jazz » revendique cette couleur musicale. Pourtant, et les exemples en dehors de la capitale ne manquent pas (Vienne, Nice, Montreux…), la part du jazz dans les programmation diminue. Il faudrait s’entendre sur la définition. C’est un autre débat. Mais, tout de même. Que reste-t-il de crédible ? La fête des Jazz et la Villette ont une programmation définitivement jazz. Sans contestation. Banlieues Bleues louche vers les frontières de la musique improvisée, contemporaine, mais ces détours sont justifiés et correspondent à une réalité : ces musiques louchent aussi vers le jazz. Par contre, (et le Paris Jazz Festival y va de bon cœur) de nombreux festivals sont résolument passés dans le système économique qui inverse l’offre et la demande. En clair, pour être sûr de rentrer dans leurs (gros ?) frais, les festivals invitent des artistes qui, même s’ils jouent formidablement bien, ne sont pas des musiciens de jazz. Par contre, ce sont des gens qui sont connus, qui attirent du monde et qui vont remplir les caisses. Dans ce cas, pourquoi ne pas changer les noms des festivals en même temps que leurs programmations ? Sinon, pourquoi ne pas appeler un festival qui programme du jazz : « La Villette Sound system » ?
Seule différence, en ce qui concerne le Paris Jazz Festival, c’est le mode de fonctionnement. Le PJF s’autofinance. Nettement et suffisamment pour pouvoir se permettre d’inviter n’importe qui, même s’il pleut à verse, même si les musiciens font un bide total. Où sont passés les musiciens français et européens qui ont essuyé les plâtres aux débuts de ce festival ? Où sont passés ceux qui, devant quelques personnes heureuses, ont permis à ce festival de grandir et de devenir ce qu’il est ? Cette question me turlupine. Je sais pourtant que c’est l’occasion d’écouter quelques prestigieux Américains de passage (et gratuitement), je ne dénigre pas. Mais pourquoi se priver d’écouter quelques prestigieux musiciens locaux résidentiels ?
C’est le dosage qu’a réussi la Villette Jazz Festival : un peu des deux. (mais c’est payant). Alors, impossible ? Je ne crois pas. Mais le débat est ouvert.