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Publié le 4 novembre 2001
Spice ’bones
Sébastien Llado, Daniel Zimmermann, Julien Chirol / Matthias Mahler (tb), Pascal Benech (btb), Manu Codjia (g), Jean-Philippe Morel (b), Vincent Taeger (d).
[La Lichère / Frémeaux & Associés]

Deux ans que l’on attendait cet enregistrement ! Depuis que les Spice ’bones étaient apparus sur la scène du festival Jazz à la Défense en 1999 et qu’ils y avaient remporté le 2e prix d’orchestre. Leur prestation à la Fête des Jazz cette année avait confirmé qu’il y avait là un véritable laboratoire d’idées.

Imaginez quatre jeunes trombones en frontline, des arrangements millimétrés, un contrepoint savamment étudié, des compositions qui en disent long sur leur culture musicale. Ajoutez-y une rythmique solide aux accents rock les plus fous et servez hot.

Les thèmes sont révélateurs de l’ancrage dans la "tradition" de ce jeune groupe : un standard, magnifiquement réarrangé, "On Green Dolphin Street", un autre standard cette fois, mais rock "Stairway To Heaven", une composition du grand trombone US, Ray Anderson "Ross The Boss", un standard de la chanson française "Le p’tit bal perdu" et des compositions personnelles. Magnifiques ces compositions, pensées comme de petites saynètes où l’on passerait du rire aux larmes : ’Losers’ et ’Dado Tango’ s’imposent comme de futurs standards dans des styles très différents, ’De la jungle, George’ est un hommage de Daniel Zimmermann à son maître George Russel. C’est dans ce dernier thème que Zimmermann affiche une splendide sonorité un rien agressive, pas très nette derrière les oreilles, qui sied parfaitement à l’atmosphère du thème.

Mais si on a parlé de tradition - ils revendiquent fièrement l’étiquette jazz - les Spice ’bones vont aussi courir sans embages d’autres prairies nommées rock, soul, voire techno ! Et avec bonheur, portés en cela par une rythmique où Jean-Philippe Morel extrait de sa basse des sons qu’on a plus l’habitude d’entendre dans d’autres configurations.

Spice’ bones, le jazz de demain est déjà là ! On vous aura prévenus.