Citizen

Reproduction interdite de tout ou partie d'un texte ou d'une photo sans autorisation de son auteur.
Edition du 1er décembre 2008

Les archives de Citizen Jazz, So What et Le Jazz réunies ! Forums Ecoutez, regardez Citizenjazz Découvrez les concerts ! Pour être tenu au courant de l'actualité de Citizen Jazz
 
Publié le 10 février 2001
Oliver Lake Quintet
Talkin’ Stick
Oliver Lake (as), Jay Hoggard (vibes), Geri Allen (p), Belden Bullock (b), Cecil Brooks III (d).
[Passin' Thru]

Enregistré en mars 1997, mais publié plus tardivement, voici un enregistrement inédit du quintette d’Oliver Lake, musicien rare dont la carrière a été partiellement éclipsée par les personnalités imposantes de David Murray et Julius Hemphill avec lesquels il fonda le World Saxophone Quartet - le dernier mousquetaire étant Hamiet Bluiett).

Oscillant entre une forte tradition aux compositions lisibles et structurées et une approche plus « free » par le timbre et les improvisations, Lake n’a jamais tranché. Comme a son habitude, il prouve ici encore qu’il sait bien s’entourer et on remarquera tout au long de l’album la présence discrète de Geri Allen, déjà rompue à accompagner un autre altiste, le légendaire Ornette Coleman.

Dans des compositions majoritairement personnelles ou familières (Hemphill), Lake dépense une vraie énergie et une passion dans son jeu. La rondeur déchirante de son alto n’est pas sans rappeler par moments une transposition à l’alto du meilleur du ténor de Gato Barbieri. Il cherche à l’évidence à démontrer qu’il est à l’aise dans les climats les plus divers (blues, hard bop trafiqué, ballade) mais c’est sur un Masaai Moves qu’il donne le meilleur de lui-même, instillant telle une mouche tsé-tsé une fièvre légère porteuse d’un délicieux vertige. Le jeu de vibraphone toujours mesuré et judicieux de l’excellent Jay Hoggard - qu’on est heureux de retrouver ici - démontre si besoin est que cet instrument sous-employé peut faire des merveilles en quintette. Shifts exprime en quelques variations toute la fougue et l’appétit de jouer de Lake et de ses complices.

Un disque bien ficelé qu’on pourrait juger un peu fade et parfois simpliste mais qui sait se hisser à un niveau d’exigence devenu de plus en plus rare. A l’approche de la soixantaine, n’affichant aucune autre ambition que de faire de la bonne musique, Oliver Lake saura donner du plaisir à ceux qui goûtent le caractère et l’élégance.

Voir aussi :
Wallace Roney - Prototype
TRIO 3 (Lake – Cyrille – Workman) - Encounter
World Saxophone Quartet - Maison de la Culture de Nevers