Citizen

Reproduction interdite de tout ou partie d'un texte ou d'une photo sans autorisation de son auteur.
Edition du 1er décembre 2008

Les archives de Citizen Jazz, So What et Le Jazz réunies ! Forums Ecoutez, regardez Citizenjazz Découvrez les concerts ! Pour être tenu au courant de l'actualité de Citizen Jazz
 
Publié le 17 février 2002
Eddy Louiss / Richard Galliano
Face to Face
Eddy Louiss (org), Richard Galliano (acc).
[Dreyfus Jazz]

Mon premier a été baptisé meilleur organiste du monde, mon second a redonné ces lettres de noblesse à l’accordéon en inventant le new musette. Mon tout forme un nouveau duo, quoiqu’il paraissait logique que ces deux-là se rencontrent un jour. Nouveau duo et rapidement nouveau disque, sorti chez Dreyfus Jazz, chez qui on retrouvera de nombreux disques d’Eddy Louiss et de Richard Galliano.

Le répertoire est construit comme une invitation au voyage. Un voyage à travers le Brésil, l’Argentine, le bop (I remember Clifford) ou la chanson populaire (Sous le Ciel de Paris). La chanson est ici justement le phare central de l’enregistrement, ce n’est finalement pas étonnant quand on sait que Louiss et Galliano ont été d’émérites compagnons de route de Claude Nougaro (ils reprennent d’ailleurs Berimbau, soit Bidonville de Baden Powell).

S’ils sont reconnus comme de grands mélodistes, le fait de jouer ensemble a semble t’il annihilé une propension à un excès d’ornementation, ce que l’on peut parfois regretter (toute proportion gardée) chez l’un comme chez l’autre. Chacun s’est adapté à l’autre et cela vient sûrement aussi de leur grande pratique du duo. Epurer leur jeu - sans aucune austérité, loin de là ! - pour mieux converser en une même respiration. D’où une musique profonde, parfois triste ou émouvante faite de rythmes doucement chaloupés, jamais brusqués, ou de ballades.

Une musique nostalgique aussi. Conclure le disque par Léo Ferré est un signe : avec le temps, tout s’en va, ils auront justement réussi à ne pas (l’)oublier.