Après Fantasm il y a 2 ans, revoici le trio Oliva/Chevillon/Motian pour un enregistrement live, cette fois ci. Après des débuts confidentiels, le pianiste Oliva s’est fait connaître pour son trio Jade (avec Chevillon et Merville), et par ses relectures avec Stéphane Raulin de Lenny Tristano. Puisqu’on évoque ce dernier, le présent enregistrement est pour une partie sous son influence pour les architectures angulaires et heurtées.
Sur les tempos moyens, le jeu se fait sans cesse en avance ou en arrière du temps, et ceci de manière rapide, mais lisse. Paul Motian n’énonce pas le tempo, mais joue continûment une sorte d’affolement de rythmes secs. Quand une ballade semble suspendre le cours du temps, qu’elle rejoint notre intériorité, et se fait recueillement, c’est un chef-d’œuvre.
Que retenir alors ? Qu’Oliva est un immense pianiste, qu’il va continuer à creuser sa voix au-delà de la mode, que Chevillon est décidément un indispensable pilier de ce qui se fait de passionnant aujourd’hui, et que Motian s’il s’en donne la peine peut toujours faire abstraction de sa « petite » technique, pour colorier, commenter le jeu de manière souvent inattendue.
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