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Edition du 1er décembre 2008

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Publié le 18 février 2001
John Lewis
Evolution II
John Lewis (p), Howard Collins, Howard Alden (g), Marc Johnson , George Mraz (b), Lewis Nash (d).
[Atlantic]

Encore et toujours, le toucher de John Lewis pousse à des métaphores où la notion de pointe se joint à celle de rotondité, à l’image de celle que développa un jour Jacques Réda, si mes souvenirs dont bons. Parce que la délicatesse, quand elle rejoint la perfection de la mise en place, donne cette alliance entre l’extrême précision de la pensée, et la chaleur du corps. Soit encore une manière de swing dont les équivalents sont rares, à chercher en tous cas du côté de Lester Young ou de certains de ses suiveurs. Et qu’importe, si les amateurs qui ont dans l’oreille le vibrato serré des roulements sur la caisse claire de Connie Kay, trouvent que dans le genre Lewis Nash s’approche du maître sans l’égaler ! Après l’enjouement raffiné de The Festivals, le souvenir ému de Parker’s Mood, John Lewis traverse la mélancolie de December, Remember et la sublime lentement pour y rejoindre la joie éternelle qui doit présider au souvenir, s’il est autre chose que ressassement du passé. Et que dire des petits décalages d’énoncé de Come Rain Or Come Shine, où les qualités évoquées plus haut sont à leur plus haut ? A combien de musiciens devons-nous aujourd’hui encore le plaisir d’accueillir un nouvel opus qui confirme leur présence à nos côtés ? Gratitude et respect ne font qu’ajouter à la pure délectation. John Lewis, dont la modestie n’a d’égale que la lumineuse intelligence, prouve encore une fois qu’à servir la musique sans s’en servir pour d’autres fins qu’elle-même, on atteint à coup sûr le cœur des hommes, et leur pensée dans le même élan. Et qu’on n’aille pas dire que c’est la leçon de l’âge, cet homme était ainsi dès les commencements.