Parce que l’on doit à Rachelle Ferrell un magnifique second album (Rachelle Ferrell,1992, sur Somethingelse), il était difficile de ne pas porter l’oreille vers ce troisième album, résolument hors-jazz. Dans une atmosphère plus proche d’un funk énergique que de la soupe R&B actuelle et de ses clichés vocaux, la cantatrice fait une fois de plus preuve de sa parfaite maîtrise technique, sans trop s’en faire. Attaques multiples, plongée hallucinante dans les graves, scat humoristiques, cris portés sur plusieurs mesures ou obscurs grognements, Rachelle Ferrell utilise toute sa voix et occupe le devant de la scène sonore sans défaillir. Malgré l’utilisation de boîte à rythmes, de nappes de claviers parfois un tantinet vieillottes ou d’électronique entrant dans la composition de certaines textures sonores, le son d’ensemble reste résolument chaud et soul à défaut d’être original. Un orchestre studio qui accompagne une chanteuse sur la base de clichés mélodiques bien ficelés et de formules rythmique qui groove ? Sans doute y a-t-il quelque chose de déjà entendu dans ce genre de formule, mais être soi-même ne signifie pas nécessairement qu’on apporte du grand nouveau à la musique. Comme chacun sait, on a pas tous la chance d’être des Debussy.
















