Un bien curieux objet sonore que cet "Aray". Côté instruments, les timbres de la clarinette basse et du sitar révèlent une association rare qui fait ici merveille, tandis que côté instrumentistes, les rôles s’échangent tour à tour au fil de sept compositions du guitariste où c’est tantôt la clarinette qui improvise sur les arpèges égrenés par la guitare, tantôt elle écoule avec simplicité de courtes cellules mélodiques sur lesquelles s’appuient les envolées lyriques de sitar. Rythmiquement, les percussions extrêmement discrètes, souvent jusqu’au silence, viennent essentiellement souligner un propos centré sur une mélodie qui se veut chantante, douce et tendre à la fois et qui ne parvient pas toujours à éviter l’écueil confortable du mièvre. En outre, si l’on voulait absolument chercher dans ces morceaux une référence à l’univers jazz, il faudrait exclusivement la trouver dans la présence de soli. Sur des arrangements minimalistes ou la redondance s’entend comme une invitation au voyage, on est censés aller en Inde alors qu’on fait trop souvent du sur place dans une world acoustique très imagée tirant sur la pop. Au final, on revient déçu par la rigidité des rôles, par le manque de variation dans l’exploitation de l’espace sonore, ainsi que par la trop grande similitude des compositions – esprit lyrique, progression harmonique, chorus… Pas très convaincant donc, et quand même un brin complaisant.















