Publié le 2 décembre 2002
Sylvain Beuf
Dans ce nouveau projet, Sylvain Beuf s’est entouré de 5 chanteurs, d’un organiste et d’un batteur. D’où le nom : Octovoice. Le saxophoniste a su éviter les facilités que l’on rencontre dans ce genre de formation, pour donner une musique sensuelle, poétique et ponctuée d’humour. Rencontre avec l’interessé.
S.B. : C’est né il y a 5 ans à une époque où je jouais avec Emmanuel Bex, et j’avais une envie de participer à un projet qui intégrerait des voix. Qu’est ce qu’il y a en plus ? S.B. : C’est la version spectacle qui dure une heure et demi et qui est mise en scène.
S.B. : Non, il n’y a pas de textes à jouer, j’ai souhaité que l’on reste vraiment une formation musicale. Par contre, il y a des déplacements qui permettent de donner une dimension scénique qu’il n’y a pas en version concert. Est-ce qu’il n’y avait pas aussi une volonté de sortir d’une certaine routine des quintettes et des trios ? S.B. : Non, parce que je suis convaincu que les différents types de formation ont une spécificité qu’il faut travailler, approfondir et enrichir.
S.B. : En fonction de l’intonation, de la personnalité de ces chanteurs. Quelqu’un comme Laura Littardi qui est italienne, qui extériorise toute sa latinité, je n’allais pas lui faire un chant grégorien ! Puisqu’on parle de voix, si vous deviez vous en rapprocher d’une au saxophone, ce serait laquelle ? S.B. : Ce serait une voix qui offre beaucoup de richesse de sons en fait. Ce que je trouve de passionnant avec la voix, c’est la possibilité de moduler les intonations, la couleur, le grain, la fragilité... Y a t’il des chanteurs ou des chanteuses qui vous ont inspiré pour votre jeu ? S.B. : Peut-être pas de manière directe. J’aime beaucoup des timbres de voix qui sont plus graves, par exemple Sarah Vaughan ou Billy Holliday. Une personne comme Shirley Horn m’a permis de garder le contact avec le monde vocal. J’ai eu le frisson en écoutant ses disques récents avec son trio ; c’est quelqu’un qui a une force dans la vie. Est-ce qu’un groupe comme les Double Six vous a inspiré ? S.B. : Pas énormément. Je trouve cette tradition légèrement naïve notamment au niveau des paroles.
Mais j’ai beaucoup d’estime pour eux et c’est quasiment le seul groupe vocal que j’ai écouté, avec après Manhattan Transfer ou New York Voices.
S.B. : J’ai travaillé avec une parolière qui s’appelle Gil Gladstone qui a écrit pour Norma Winstone, cette chanteuse anglaise qui joue avec Kenny Wheeler.
J’ai eu le contact de cette parolière par l’intermédiaire de Thierry [Péala]. On est toujours dans une idée d’ouverture linguistique. Ils ont été écrits avant la musique ? S.B. : Non après. On a fait le travail qui consiste à faire coller les mots sur la musique. J’avais des choses assez précises au départ et ce sont les chanteurs qui m’ont poussé vers l’appropriation de la parole sur la musique. Un disque est prévu ? S.B. : Tout à fait. Pour l’instant je ne peux pas m’étendre dessus, on est en période de recherche active des meilleures conditions d’enregistrement. Est-ce difficile de faire tourner un tel groupe ? S.B. : Oui, car on est dans une logique de petit big band. Pour le circuit actuel, notre reconnaissance au niveau de la diffusion va passer par le disque. L’un n’ira pas sans l’autre. On est maintenant dans cette dynamique là pour que le groupe s’épanouisse. Il le mérite je pense, c’est vraiment un beau projet. Une chose à rajouter ? S.B. : Un élément qui a été déterminant, c’est qu’on a changé de personnes par rapport au projet d’origine. Anne Ducros en est sortie car elle veut vraiment développer sa carrière de soliste. Carole Hémard la remplace, et c’est une très grande chanteuse. Elle a une grande tessiture vocale et est très marrante. D’autre part, André Ceccarelli est lui aussi parti, et c’est Louis Moutin qui a pris sa place.
Voir aussi :
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