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Edition du 24 juillet 2008

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Publié le 2 juin 2003
Raymond Boni
L’oiseau, l’arbre, le béton
Raymond Boni (g)
[Futura]

Typiquement le genre de disque que l’on entendra selon son humeur (et/ou son goût) comme un manifeste de poésie brute ou d’ennui total.

Quoi qu’il en soit, il s’agit du disque « culte » fraîchement réédité par le label Futura de l’apparition de Raymond Boni dans le champ des musiques improvisées. Il fut enregistré en solo, de nuit et clandestinement dans le studio de l’Unesco, le 29 mars 1971.
A l’époque Boni et d’autres - dont l’Anglais Derek Bailey font la nique aux sirènes hendrixiennes et proposent un mode de jeu nouveau. Celui ci doit d’avantage aux recherches formelles des musiques contemporaines et concrètes, dans un cadre qui poursuit historiquement et idéologiquement le Free…sans plus grand chose du Jazz.
Qu’on ne s’y trompe pas, il y a bien deux mélodies, qui ouvrent les premiers et troisièmes morceaux, mais elles sont plus respiration ou prétexte et ne sont que très rarement exploitées.

Ainsi le Béton (le deuxième morceau, le plus ardu) nous plonge dans un monde urbain en évoquant sa violence, son bruit et son chaos. L’Arbre symbolise la nature, un certain ordre et fait le lien avec l’Oiseau, fragile et aérien, et qu’on peut voir comme le symbole de l’esprit libéré. C’est un peu baba, mais la comparaison s’arrête bien là.
Car l’écoute de ce disque n’est pas reposante, puisqu’elle bouscule (encore) les conforts et les codes d’écoute. Le guitariste opte pour un jeu peu orthodoxe sur les cordes et une esthétique proche du cri à grand coup de brisure des lignes, glissandos, violents accélérandos, nuages de notes, heurts, hasards, exagération des effets, hypertrophie et qui ressemblent par moment à une course folle et inquiétante.
La virtuosité de Boni était déjà extraordinaire à l’époque et c’est elle qui fait le lien entre les différents moments (que dire d’autre) du disque. Elle lui permet aussi un certain humour et des clins d’œil à l’histoire du jazz (climats cool, pompes parodiques).

Cette musique paraît tout aussi fraîche et difficile qu’à son époque, et il ne tient qu’aux téméraires à « aller vers la tendresse et la beauté [1] »

[1] Extrait des notes du disque écrites par Boni en juillet 2002

Voir aussi :
Trois jours à La Villette
Boni, Lazro, McPhee, Tchamitchian - Next to You
Jazz à Luz 2005 : Instantanés
Raymond Boni / Joe Mc Phee - Voices and dreams
Boni / Echampard - Two angels for Cecil - Tribute to Cecil Taylor
C. Tchamitchian New Lousadzak - "Human Songs"


O. ROBIN - S. JARROUSSE 5TET / F. ROSSI SOLO
Le 11 Décembre à 20:30 Le Cri du Port - (12 €)Ajouter au pense-beteAjouter dans votre logiciel Agenda (Outlook, iCal, ...)