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Edition du 1er décembre 2008

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Publié le 8 avril 2001
Schneider / Méchali / Couturier / Laizeau
Correspondances
Larry Schneider (ts), François Couturier (p), François Méchali (cb), François Laizeau (d, perc).
[Charlotte Productions]

C’est toujours une bonne nouvelle qu’une sortie affichant la présence de Larry Schneider ; ténor américain se faisant trop discret depuis ses deux galettes gravées pour Label Bleu il y a une quinzaine d’années. Bien qu’on ait dernièrement pu l’entendre sur le premier album de Robin Nicaise (Hommage à Art Pepper sur Charlotte Productions, enregistré l’été 99), Correspondances se donne d’emblée comme un opus bien plus personnel, recelant quelque traces sensibles d’intimité même. Si Larry Schneider avait à l’époque un jeu déjà aisément identifiable, aujourd’hui le sax semble avoir gagné sur tous les plans, en nuance et en variété. A preuve : sa magnifique expressivité trouve sur bien des titres une authentique forme de gravité sensuelle servie par une science de la mélodie affinée, jusqu’à en être ciselée. Mais dans ce travail d’orfèvre, rien de lourdaud ou de prémédité, l’élan improvisateur est intact, évident. Pas de doute, « correspondre » vient de « répondre ». Du reste, la quasi totalité des compositions de facture résolument moderne sont signées du quartette : pas de leader et peu « d’accompagnements ». Sur « Sens unique », le piano se met de bout en bout en scène par des impacts de cordes aux côtés d’un sax qui débute straight, envoie tout sans faiblir, pour finir dans un cri de rage cuivrée aux accents de voix humaine : ici s’entend clairement combien le pianiste ne soutient pas, mais libère. Avec « les Soldats » ou « Chasseurs de tête », François Laizeau habite le tambourin en le faisant danser sur le fil d’un groove millimétrique, tout en conservant l’oreille aux aguets.

La qualité des compositions ne fait pas non plus défaut. Les grilles sont brisées et engendrent l’air de rien, comme un morceau dans le morceau, sans rupture de continuité ; et c’est sans doute pourquoi les différents titres continuent à éveiller l’intérêt, aussi bien dans l’instant que sur l’espace de la durée. Même remarque pour la globalité de l’album qui livre un tout d’une rare homogénéité ou les piécettes d’une minutes s’écoutent tantôt comme introduction à la piste suivante, tantôt comme histoire autonome : l’auditeur est libre, libre jusqu’au dernier temps qui avec « Histoire de » le laisse improviser la suite, en guise d’à Dieu. Jusqu’à cette prochaine fois qu’on attend déjà.