Le prestation de Wallace Roney lors du JVC Jazz Festival, à Paris le 22 octobre 2004, m’avait laissé plus que sur ma faim. N’ayant pas encore écouté le disque, je m’y été rendu rempli d’espoirs. J’en suis ressorti frustré et déçus. Du coup, j’ai repoussé mon écoute du disque de peur de confirmer mes souvenirs. Mais en insérant le CD dans le lecteur, je fus agréablement surpris. Prototype est un disque que l’on pourrait classer dans la famille « science-fiction » du jazz. Non pas parce qu’il utilise des techniques d’enregistrements futuristes mais plutôt pour sa couleur générale. Adam Holzman y est pour beaucoup. Les nappes et interventions de Holzman, ajoutées aux « voicing » scratchés de DJ Logic, nous donnent parfois l’impression d’être aux commandes de l’Entreprise perdu au fin fond de l’espace. La grande différence avec la version « live » est que ces ambiances sont maîtrisées, et cela change tout. La sonorité cuivrée, lancinante et très mesurée de Roney prend alors toute sa force. Son phrasé devient plus incisif. Son frère, Antoine, propose des discours plus structuré, plus réfléchis qui mettent en valeur sa technique de l’instrument. Quant à Adam Holzman, sa recherche d’ambiances sonores se fait plus pertinente. « Cyberspace » ouvre ce disque dans une ambiance assez funky grâce au walking de Matthew Garrison. Les scratches de DJ Logic ainsi que les voicing de Holzman au Fender Rhodes offrent une structures stable au solo bluesy de Wallace Roney. Sur « Shadow Dance », composition de Wallace Roney, on retrouve les ambiances noires chères au trompettiste. Wallace effectue un solo très techniques magnifiquement accompagné par Eric Allen à la batterie et Geri Allen au piano. A noter également le solo de Don Byron à la clarinette basse. « Prototype » est une belle balade qui met en valeur les capacités de Wallace sur ce genre de tempos. « Then and Now », composition de Antoine Roney, est dans un registre rythmique rapide. On ressent une forte influence de Wayne Shorter au niveau de structure du morceau : tempo rapide et rupture rythmique. Wallace et Antoine Roney font à tour de rôles des solos puissants et très syncopés. « Let’s Stay Together », vieux standard R&B composé par le chanteur Al Green, retrouve ici une nouvelle jeunesse. L’interprétation faite par Wallace Roney est d’une grande finesse. Les voicing de Holzman sont parfaits et le solo du trompettiste est rempli d’émotion. Avec « Three Views of the Blues », le trompettiste a choisi de réunir le blues et les ambiances spatiales. Le résultat est surprenant et intéressant. Ce disque se termine sur une magnifique composition de Adam Holzman. « Secret Identity ». Le thème à l’unisson des frères Roney est chargé de beaucoup d’émotions. Leurs solos respectifs sont tout autant envoûtants. Sur ce disque le trompettiste tente de nous faire partager sa vision de la musique. Même si son héritage davisien lui joue parfois de mauvais tours, il prouve avec cet album qu’il sait l’utiliser avec intelligence. On retrouve ici l’ambiance de son précédent enregistrement No Room for Argument : une musique à la croisée du jazz, du free et des ambiances sonores spatiales. |
















