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Publié le 29 novembre 2004
La Révolte des Anges

« L’amour des œuvres et le profond respect de leurs auteurs m’ont fait rêver d’imaginer une réunion inédite - et post-mortem - entre le musicien Chet Baker, le peintre Jean-Michel Basquiat, l’écrivain Bernard-Marie Koltès. Afin de bien marquer que les propos tenus par ces trois figures relèvent de la pure fiction, je leur ai attribué, en fait de noms d’anges, certaines des formules les ayant défini de leur vivant ou peu après leur mort, qui m’ont paru parmi les plus justes et les plus affectueuses : "Le prince de la fêlure", pour Chet Baker (Gérard Rouy), "L’enfant radiant", pour Jean-Michel Basquiat (René Ricard), et "Le desperado joyeux", pour Bernard Marie Koltès (Patrice Chéreau). » Enzo Cormann

Exercice de style pour un journaliste qui en manque, ou comment susciter l’envie d’aller voir une pièce qui m’a particulièrement plu...

Pseudo-Intello. (genre les Inrocks) : « La Révolte des Anges est une non-tragédie, en ce qu’elle est une non-action placée dans une unité de non-temps et de non-lieu. ». Outre le fait que la proposition soit terriblement prétentieuse et à peine compréhensible, elle ne permet guère mieux que de se faire une non-idée de la pièce. Plouf-plouf...

Hollywoodien (genre Première) : « Des milliers de mots ! Des centaines de silences ! Une idée toutes les huit secondes ! » Non non non, ça marchait avec Ben-Hur mais là...

Vieux de droite (genre Le Figaro) : « Monsieur Cormann semble avoir de la compassion pour ses personnages, saltimbanques, drogués notoires, voire homosexuels, et cela est navrant. Un bon point cependant : la salle est climatisée. ». Et j’exagère à peine...

Vieux de gauche (genre L’Huma.) : « Nous ne pouvons que soutenir la révolte de nos camarades anges contre l’appropriation par la bourgeoisie de leur mémoire et du produit de leur labeur, fut-il intellectuel. ».

Sportif (genre L’Equipe) : « Courez voir La Révolte des Anges ! »

Simple et sincère (genre CitizenJazz ?) : « La Révolte des Anges est avant tout un pré-texte, parfois dense mais toujours très juste, à un ensemble de réflexions sur le rapport de l’artiste à son œuvre et à son public. » Mieux. Et d’autant mieux qu’il est vrai que les mots que place Cormann dans la bouche de Chet Baker sont parmi les plus lucides qu’il m’ait été donnés d’entendre sur le discours intérieur de l’improvisateur pendant son improvisation : ils justifient à eux seuls le fait que tout passionné de jazz se doive de voir cette pièce s’il souhaite toucher du doigt cet insondable mystère.

"La Révolte des Anges" d’Enzo Cormann au Théâtre National de la Colline du 24 novembre au 18 décembre 2004.

Mise en scène d’Enzo Cormann, Musique de Jean-Marc Padovani. Avec : Thierry Blanc, Carlo Brandt, Jean-Louis Loca.

Dans le cadre du partenariat qui unit le Théâtre National de la Colline à CitizenJazz, nos lecteurs bénéficient d’une détaxe à 18 € au lieu des 26 € du plein tarif, sur simple appel au 01 44 62 52 52 de la part de CitizenJazz, ou sur présentation de cet article imprimé à la caisse.

A noter également à la Colline en ce moment, "Le Chemin de Damas" d’August Strindberg

Voir aussi :
Chet Baker est un ange !
Enzo Cormann - Jean-Marc Padovani - Chorus by Jack Kerouac from Mexico City