Comme tout travail de Akosh, Kebelen est né de l’obscurité. Le souffle tellurique qui réveille les mythes du continent est toujours présent mais désormais plus seul face à une section rythmique ou accompagné de cordes et d’autres soufflants. Akosh ne se repose plus uniquement sur l’alchimie acoustique. Il en réfère à l’électronique et au montage. Dans son travail de démiurge, Akosh semble s’être attaché les services du cut-up. Seul face à sa console, plus proche d’une décision de création, d’un acte conscient que de l’instant généreusement donné, Akosh a créé un univers sombre et fantasmagorique. Une pièce d’un seul tenant, où l’on s’interroge tout du long sur l’âme - chants chamaniques, enchaînement continu de violon, distorsion électrique et hurlement de Bertrand Cantat - et où l’on voit la vie s’exprimer sans inhibition - gazouillis de bébés. Bref, un monde vrai, parfois cahotique, loin de toute médiatisation, dans lequel se retrouveront ceux qui aiment le bruit du vent et l’espace de la nuit.
Voir aussi :
Christian Brazier - Lumière
















