![]() Publié le 2 mai 2005
Thierry Péala New Edge Trio
Après un concert le 3 février avec Pierrick Pédron, Thierry Péala se poduit à nouveau, le 10 mars, avec Michael Felberbaum, Puis le 24 mars avec Sylvain Beuf aux saxophones et à la flûte. Même ambiance impressionniste, envoûtante à chaque concert. Thierry Péala « New Edge Trio » - Paris (Les 7 Lézards). Thierry PEALA : voc
Ornette Coleman a dit : « Il ne faut pas analyser ma musique mais la ressentir ». C’est aussi ce qu’il faut faire avec Thierry Péala : se laisser aller, porter, envahir par la musique. Surtout ne pas l’analyser, car cela briserait la bulle de douceur dans laquelle il enveloppe son auditoire. Mais qu’est ce donc que cette musique ? Pour ceux qui n’auraient pas encore eu la chance de la découvrir, Thierry la qualifie lui-même d’« impressionniste ». Il narre des romances sans paroles, des comptines en robe de lune, traite sa voix comme un instrument, supplée à l’absence de contrebasse et de batterie. Les mots sont choisis pour leur sens et leur son. Les textes sont écrits par la poétesse anglaise Gil Gladstone. L’important, c’est l’émotion des sons. Une musique abstraite et, en même temps, charnelle. Bref, le miracle du jazz ! Bruno Angelini, pianiste complice de Thierry Péala depuis douze ans, fournit les thèmes « Solange » et « Rue Calmette ». Il lui apporte à la fois le soutien et la contestation, l’ordre et le chaos, bref, ce qu’il faut pour pousser Thierry à se dépasser. Sylvain Beuf a, lui aussi, écrit des thèmes pour ce groupe. Comme un « Tango » par exemple qui m’emmène bien loin de Buenos Aires.
Le 10 mars, Michael Felberbaum apportait sa guitare au son doux, envoûtant, mystérieux. Il jouait pour la première fois avec ce duo rodé par des années de complicité, mais s’y est tout de suite inséré. Parfois, avec trop de douceur, sans s’imposer assez. Peut-être avait-il peur de déranger, de couper ces fils tissés lentement, patiemment entre ce chanteur et ce pianiste ? Mais qu’importe ce bémol. Et si la lumière, même douce, gênait, il suffisait de fermer les yeux pour poursuivre un voyage immobile vers ce pays où l’on n’arrive jamais.
Le 24 mars revenait le Troisième Homme de ce trio, Sylvain Beuf. D’emblée, il s’affirmait sur scène par l’ampleur de son volume sonore, par les choix de ses sonorités, soufflées, glissées ou au contraire fouettées, attaquées. Non seulement, il faisait chanter ses instruments mais il les faisait scatter avec Thierry. Féal d’Eole, il maîtrise les vents. La joie de jouer ensemble de ces trois-là fait plaisir à voir et à entendre. Thierry bat la mesure sur le cofffre du piano pendant un solo de Bruno. Non par pur délassement, mais bien pour ajouter un délicat son de percussion. Plusieurs concerts du New Edge Trio de Thierry Péala sont encore prévus aux 7 Lézards. D’autres surprises, d’autres bonheurs nous y attendent...
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